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La tradition de l'éducation des adultes en Europe : Danemark

29/11/2019
av Aizhana Khasanova
Språk: FR
Document available also in: EN HU EL

/fr/file/denmarkDenmark

Denmark

[Traduction Anglais-Français : EPALE France]

 

2019 est une année importante pour plusieurs membres de l'Association européenne pour l'éducation des adultes (EAEA) qui célèbrent des dates importantes de leur histoire : le Danemark fête le 175e anniversaire de la création de sa première université populaire, la fondation d'AONTAS, notre membre irlandais, célèbre son demi-siècle d’existence, et les universités populaires d'Allemagne leur 100e anniversaire. Pour marquer le coup, l'EAEA a souhaité se pencher sur l'histoire de l'éducation non formelle des adultes au Danemark, en Irlande et en Allemagne, et nous expliquer le rôle qu'elle joue dans ces pays. À l’occasion d’entretiens, des experts de ces trois pays nous ont partagé leurs connaissances et leurs opinions sur l'état de l'apprentissage non formel.

Consultez l'interview sur les traditions de l'éducation des adultes en Allemagne

Consultez l'interview sur les traditions de l'éducation des adultes en Irlande

 

Aizhana Khasanova, stagiaire à l’EAEA, a interrogé les experts danois Ove Korsgaard et Ole Buch Rahbek sur la tradition de l'éducation des adultes au Danemark.

 

Quelle est l'histoire des universités populaires danoises ?

Ove : Les universités populaires danoises (FHS) se concentrent sur l'enseignement général. En 175 ans d’existence, les écoles ne se sont jamais cantonnées à une seule mission fixe. Dans mon livre, j'identifie trois principaux changements dans les universités populaires danoises. La première idéologie des FHS a été développée à l'époque de leur création. L'idée nationale a joué un rôle majeur, qui a duré 100 ans.

« Après une série de pertes territoriales importantes, au cours desquelles le Danemark a perdu certains des duchés les plus prospères du royaume, une nouvelle idée nationale a commencé à émerger. Il s’agissait de créer un État-nation, légitimé par la nation et non par une religion, où tous les citoyens du même pays partagent une vision politique commune. Les questions du bien-être national ont ainsi été soulevées, et les zones rurales plus pauvres ont reçu plus d'attention. À la lumière de ces événements, les universités populaires danoises ont commencé à voir le jour dans tout le pays, suivant les principes de l'une des personnalités les plus influentes au Danemark : Nikolaj Frederik Severin Grundtvig. Son point de vue sur l'éducation reposait sur l'idée selon laquelle l'école doit être fondée sur un sens de la communauté. Autrement dit, l'école doit enseigner à être de bons citoyens et des membres fiables de la société. Grundtvig, tout en gardant à l'esprit la tradition européenne des Lumières, a également parlé du développement personnel de chaque individu, qui, combiné à l'enseignement des questions nationales, permettrait de contribuer à terme au développement de l’idée d’appartenance commune à l'humanité[1]. »

Ove : La vague suivante est apparue pendant la Seconde Guerre mondiale, au moment où la démocratie a joué un rôle majeur. Les idées de l'époque ont trouvé leur essence dans le travail de Hal Koch, professeur d'histoire de l'Église à l'Université de Copenhague et président de la Ligue danoise de la jeunesse à l'époque de l'occupation allemande. Koch soutenait que l'éducation politique devait jouer un plus grand rôle dans les universités populaires danoises. Puis une nouvelle vision des FHS est apparue en 1968 avec la révolution de la jeunesse qui est venue renforcer la tradition d'une vision critique de la société par les universités populaires, mais a également fait émerger une critique du fonctionnement des écoles elles-mêmes.

 

Comment ces principes se présentent-ils dans les universités populaires actuelles ?

Ole : Le dialogue et les discussions sur le vivre ensemble sont très présents dans les université populaires danoises. La loi danoise établit que les universités populaires se doivent d’éveiller les consciences afin de faire réfléchir les apprenants sur la qualité de la vie, le vivre ensemble, la démocratie, etc. Il est également très important de comprendre que les universités populaires danoises ne suivent pas de programmes et ne font pas non plus passer d’examens. Les matières enseignées dans les établissements ne sont donc pas fondées sur les résultats, ni un programme d'études, ni un diplôme. Les cours sont basés sur les intérêts des apprenants et des enseignants, et sur des réflexions sur le vivre ensemble, le tout pouvant s'inscrire dans un contexte culturel ou philosophique, comme la musique, l'art, la littérature, le sport ou la sociologie. Les FHS disposent d'internats et proposent donc beaucoup d'activités en dehors des cours, notamment des repas quotidiens, des fêtes le vendredi soir et des tournois de tennis de table. La hiérarchie étant horizontale, les conversations prennent une autre dimension. Tout le monde participe à des discussions de groupe sur la philosophie, la musique, la culture, entre autres, et peut s’exprimer librement.

Il est regrettable qu'au Danemark, et dans le monde entier, la notion d'éducation des adultes soit souvent réduite à la question de l'employabilité. Pour moi, cela va bien au-delà de l'employabilité. Je pense qu’une société a tout à gagner à avoir des citoyens qui réfléchissent et échangent sur la définition d’une vie de qualité. Ces discussions peuvent leur permettre d’être de meilleurs employés, de meilleurs parents, de meilleurs amis, de meilleurs citoyens.

 

Comment voyez-vous l'avenir des universités populaires au Danemark ?

Ove : Je suis assez optimiste. Je pense que les FHS ont un rôle majeur à jouer à l'avenir sur des questions existentielles, qui ont toujours fait partie de la culture des FHS, mais qui, bien sûr, comme on a pu le constater auparavant, changent en fonction des tendances mondiales. Les FHS se pencheront donc sur des sujets tels que le changement climatique, les technologies, l’e-sport, et les associera à la philosophie et à d'autres domaines de la vie.

 

Comment allez-vous célébrer cet anniversaire ?

Ole : Cette année a été très active pour l'Association des universités populaires. Mais nous avons l'intention d'organiser une conférence internationale avec des personnes du monde entier travaillant avec les FHS et de lancer d'autres initiatives similaires pour discuter du rôle des FHS et de ses perspectives d'avenir non seulement au Danemark mais aussi dans d'autres pays. Nous allons aussi publier 11 livres sur les FHS et leurs différents aspects pédagogiques. Les FHS suscitent un vif intérêt aussi bien au Danemark qu’à l’étranger, c’est pourquoi ces livres sont rédigés en danois et en anglais. Le 7 novembre est une date anniversaire pour plus de 40 universités populaires danoises qui célèbreront ce jour par le biais de différentes activités.[2]


 

/fr/file/ove-korsgaardOve Korsgaard

Ove Korsgaard
Ove Korsgaard est titulaire d'un doctorat en éducation et enseigne actuellement à l’École d’éducation danoise de l'Université d'Aarhus au Danemark. La carrière d'Ove a toujours été étroitement liée aux universités populaires, puisqu'il a d'abord été étudiant, puis enseignant et finalement directeur de l'université populaire de Gerlev, puis président de l'Association des universités populaires du Danemark. Ove a exploré la philosophie des universités secondaires populaires dans son livre « The Foray into Folk High School Ideology » publié plus tôt cette année.

In 2019 several members of the European Association for Education of Adults (EAEA) are celebrating important dates in their history: this year is 175th anniversary of the establishment of the first Folk High School in Denmark, the 50th anniversary of founding of AONTAS, our member from Ireland, and the 100th anniversary of German Volkshochschulen. To mark such important occasions, EAEA decided to delve into the history of non-formal adult education in Denmark, Ireland and Germany, and unveil what role it plays in these countries. We spoke with national experts who shared their knowledge and opinion on the state of non-formal learning.

/fr/file/ole-buch-rahbekOle Buch Rahbek

Ole Buch Rahbek
Ole Buch Rahbek a une longue expérience des structures de l'éducation populaire. Il est maintenant secrétaire général de l'Association danoise pour les structures de l'éducation populaire.

/fr/file/aizhana-khasanova-eaeaAizhana Khasanova EAEA

Aizhana Khasanova EAEA
Aizhana Khasanova est en 2e année de master en éducation à l'Université de Tallinn en Estonie. Elle s'intéresse à la psychologie éducative, aux méthodes d'apprentissage innovantes. POur le moment elle travaille comme professeure d'anglais langue étrangère. Plus tard elle aimerait combiner un emploi dans l'enseignement, et à l'université ou dans le secteur associatif.

[1] Ove Korsgaard, A Foray into Folk High School Ideology

[2] The book “A Foray into Folk High School Ideology” by Ove Korsgaard is part of the series

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