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Blog

Henrik Zipsane partage avec la communauté un récit tout droit venu de Suède

24/06/2020
przez Camille POIRAUD
Język: FR
Document available also in: EN DE HU

Henrik Zipsane

[Cet article a été publié dans sa version originale en anglais par l'équipe européenne EPALE. Il a été traduit en français par EPALE France.]

 

Né en 1956, je suis directeur de l'Académie européenne des musées depuis 2019. J'ai été PDG de la Fondation Jamtli (de 2002 à 2019), une organisation du centre de la Suède, dédiée à la préservation du patrimoine et qui gère un grand musée et trois autres plus modestes. En 2005, j'ai été co-fondateur puis chercheur confirmé au Nordic Centre of Heritage Learning and Creativity, un institut de recherche et développement dédié à l’éducation à travers l’engagement patrimonial. J'ai également été directeur des archives locales des musées de Farum, au Danemark, de 1987 à 2001.

J’enseigne l’éducation au patrimoine et le développement régional à l’Université de Linköping, en tant que professeur invité. Je suis également expert associé à l’Observatoire Pascal de l'Université de Glasgow, et membre du Réseau européen d'experts sur la culture. Je travaille en tant qu’expert dans le domaine de la culture et de l’éducation des adultes auprès de la Commission européenne et du gouvernement suédois. J'ai été membre du conseil d'administration de Culture Action Europe et de la plateforme de dialogue de la Commission européenne dédiée à l'accès à la culture. Je suis titulaire d'un doctorat en sciences de l’éducation et en histoire de l’Ecole de l’Education à l'Université d'Aarhus. Ces dernières années, j’ai principalement axé mes recherches sur l’utilisation du patrimoine dans le développement régional et la formation tout au long de la vie.

Je travaille dans le domaine de l’éducation des adultes depuis de nombreuses années, au sein d’organisations dédiées à la préservation du patrimoine culturel. J’ai également participé à bon nombre de projets dans le cadre de programmes de l’Union Européenne et du Conseil Nordique.

J'ai découvert EPALE en 2016 grâce à l'Agence nationale pour l’éducation de Suède. Je suis actif sur la plateforme depuis 2017. Au début, je consultais EPALE pour me tenir au courant des évolutions et tendances actuelles marquantes dans mon domaine. Je suis ravi de voir que la plateforme marche si bien aujourd’hui. Il faut vraiment que plus de collègues soient actifs sur EPALE. Plus il y aura d'activité et de collègues actifs, plus la plateforme sera riche.

Comment le coronavirus a fait évoluer les musées- Des méthodes innovantes d’éducation dans les musées

Les musées du monde entier sont presque tous fermés depuis plusieurs mois maintenant. Outre les difficultés financières et liées à l’emploi découlant de la crise, les musées doivent faire face à un nouveau défi : celui des salles vides. Après tout, un musée existe pour son public. En collaboration avec des collègues de l'Université de Padoue et de l’Université de Glasgow, l’Académie européenne des musées recense les moyens technologiques mis en œuvre par les musées pour faire face à la situation de la Covid- 19. Si cela ne fait que deux mois que nous travaillons sur ce sujet, nous avons déjà observé des dispositifs innovants prometteurs pour l’avenir des musées.

Tous les musées sont désormais plus actifs que jamais sur le web et les réseaux sociaux. La pandémie actuelle a largement favorisé le développement du numérique dans les musées qui cherchent par ce biais là à toucher leur public. L’ampleur de ce phénomène est considérable. Nous pourrions même affirmer que la pandémie de Covid-19 a bien plus contribué au développement du numérique dans les musées que les nombreux programmes et projets mis en place à cet effet au cours des vingt dernières années. La plupart des concepts numériques proposés par les musées consistent à rendre leur collection facilement accessible sur le web. Cela peut passer par divers moyens. Cependant, j’ai été marqué par les demandes d’interactivité et de gouvernance participative, plus que jamais nécessaires, pour que le musée garde son attractivité aux yeux des visiteurs et qu’il touche le plus grand nombre. Parmi les concepts numériques proposés dans les musées, nous pouvons citer la visite des archives de la directrice du Design Museum Danemark de Copenhague, Anne-Louise Sommer, qui présente au public des dessins et aquarelles de l’architecte Finn Juhl. La visite a été filmée et est maintenant disponible sur YouTube. Anne-Louise commente une partie de la collection. Le musée a proposé de nombreuses visites guidées virtuelles de ce type, au cours desquelles un spécialiste retrace l’histoire d’un élément en particulier et reconstitue son contexte historique, élément indispensable lors d’une visite traditionnelle dans un musée.

C'est tout simplement formidable ! Je suis sûr que, tout comme moi, d'autres passionnés de musées apprécieront beaucoup ce concept.

Cependant, pour le public, ce type de visite produit le même effet que la télévision : ils peuvent regarder ce qu’ils veulent, quand ils le veulent mais ils n'ont aucun contact avec la collection, ne font pas réellement partie de la visite et certains risquent de se retrouver avec des questions sans réponses.

  • Pour citer un concept numérique différent, le Rijksmuseum d'Amsterdam propose Une visite virtuelle du musée à 360 degrés , en collaboration avec Q42. Dans ce cas, le visiteur peut se déplacer virtuellement dans les galeries et découvrir la collection via un ingénieux système de caméra robot. Ainsi, il peut contempler les peintures à son propre rythme et accorder plus de temps à une galerie en particulier s’il le souhaite. Le visiteur est réellement maître de son expérience, et je le rappelle, ce concept est formidable pour les passionnés de musées, qui s’émerveillaient déjà lors d’une visite classique. Cependant, dans cette situation, le visiteur est seul, il n’a personne pour le guider, ou si ce n’est de manière passive, sous forme de texte.

Dans le bon vieux temps, avant la pandémie de Covid-19, à l’époque où les musées pouvaient encore accueillir de vrais visiteurs, en chair et en os, les musées les plus populaires qui attiraient un public de sexe, d'âge, de culture, d'éducation et de milieu social très divers, étaient ceux qui offraient une certaine interactivité. Dans les salles d’exposition cela prenait la forme d’écrans ou autres dispositifs numériques qui permettent aux visiteurs d’animer le musée, en appuyant sur un bouton. Ils pouvaient notamment faire défiler les informations et chercher sur les écrans et dispositifs numériques, obtenir des réponses créant ainsi une expérience inclusive pour le public. Dans les musées plus traditionnels, le public était en contact avec le personnel, qui était parfois même déguisé. Ce concept visant à animer les œuvres des musées est devenu de plus en plus populaire, notamment dans les musées à ciel ouvert ou encore les parcs archéologiques. Mais comment intégrer ce type d'interactivité à une visite virtuelle ?
Si jusqu'à présent, nous avons surtout assisté à une véritable explosion du numérique dans les musées, la pandémie de Covid- 19 a cependant fait émerger un certain nombre de concepts intéressants visant à interagir avec le public.

  • Parmi les exemples intéressants, citons l’initiative du Museum of Childhood Ireland : les enfants sont invités à créer et proposer des illustrations sur un thème donné, qui change d’une semaine à l’autre. Les enfants présentent ensuite leurs œuvres dans une exposition numérique sur le site web du musée. Ainsi, les visiteurs sont également co-artistes de l'exposition et les enfants sont fiers de leur travail, au même titre que leurs parents. Ce type d’interaction avec le public ne doit pas s’adresser uniquement aux enfants.
  • Voici un autre concept intéressant qui va encore plus loin et propose de transporter les visiteurs dans une dimension numérique, tout en reproduisant l’expérience d’une visite traditionnelle sur place. Au Danemark, à Randers Regnshov (Randers Rain Forest), le musée propose à des classes de tous niveaux des cours de biologie via leur page Facebook. Cette initiative a remporté un franc succès dans tout le pays auprès des écoliers, qui ont massivement participé. Pendant la visite, les élèves ou leurs professeurs envoient des messages au conférencier du musée et obtiennent ainsi une réponse en temps réel à leurs questions. De plus, le ou la conférencière peut demander aux élèves leur ressenti, en temps réel également. Cette visite du musée permet de découvrir des éléments qui n’auraient pas été accessibles virtuellement. La visite est réelle, interactive et permet au musée d'être en contact direct avec ses visiteurs. C’est un véritable progrès technologique et je suis curieux de voir ce projet évoluer à mesure que d’autres innovations commencent à émerger. Ce concept éducatif de visite groupée ne doit pas nécessairement être appliqué dans le cadre de l’enseignement formel, ni destiné à un public cible défini. Le musée peut tout à fait proposer à des adultes des visites de groupes éducatives non formelles de ce type. Cette initiative pourrait également s’inscrire dans un programme éducatif d’intégration destiné aux migrants. Tout le monde devrait pouvoir bénéficier de ces riches expériences.
  • Si la pandémie de Covid-19 a été à l’origine de nombreux malheurs, nous pourrions peut-être - je dis bien peut-être –tirer de cette année 2020 de belles leçons.

Nous pouvons encore aller plus loin dans l’éducation à distance, il est intéressant de constater que les musées font lentement mais sûrement des efforts novateurs et passionnants.

 


 

Nous sommes impatients de lire votre témoignage. N’attendez plus pour partager votre histoire !

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