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Qu'en est-il de l'orientation dans le Plan d'Investissement des Compétences?

Un plan d'investissement dans les compétences est mis en place en France et concerne donc directement les questions de formation mais aussi celles d'orientation et la manière dont les entreprises considèrent la question des compétences. Dans ce premier volet d'une réflexion en trois temps, nous envisageons ici la manière dont la question des compétences se présente chez les salariés.

Plan d’investissement dans les compétences en France : trois réflexions sur l’orientation, la formation et le pilotage des petites entreprises

 

Réflexion 1 : l’orientation

Le lancement, en France, d’un plan d’investissement dans les compétences conduit à poser de nombreuses questions, de formation, d’orientation mais aussi de gestion des personnes et des compétences dans et par les entreprises, en particulier, les plus petites. Le Plan, ambitieux, repose, entre autres, sur l’intensité de la mobilisation des acteurs concernés, ce qui suppose que ceux-ci perçoivent et partagent l’idée que les compétences et leur développement sont un enjeu et un objet de préoccupation. Ce qui ne va pas de soi.

Les compétences, une préoccupation seconde

Dans ce premier texte de réflexion, nous voudrions souligner que ce qu’on pourrait appeler la préoccupation pour leurs propres compétences n’est pas première pour les salariés dans le cours de leur activité professionnelle. Elle fait peu partie de leurs préoccupations conscientes et quotidiennes, de leurs anticipations et projections, dès lors que le travail se réalise conformément aux exigences attendues. Leur sentiment de compétence est construit et entretenu par la validation de la pertinence de l’action, et en particulier, par le fait que l’action est allée au bout et que rien n’est venu invalider l’action, ni pendant ni après son effectuation. Chacun dirige, très légitimement ses efforts vers la réalisation du travail actuel et des problèmes et complications qui vont avec et cela suffit déjà bien à occuper le corps et l’esprit. On ne souligne pas non plus assez que, pour des professionnels compétents, l’apparition de problèmes, de nouveautés dans le travail est résolu par l’ajustement de l’action maîtrisée ou encore par des ruses ou modalités de détour. Bref, on s’en débrouille, et ce faisant, on apprend, mais par surcroît. L’engagement dans une démarche d’apprentissage un peu systématique, de recherche de ressource, d’autoformation ou de recours à une personne ressource qui aiderait, non seulement à faire et à résoudre les problèmes en cours, mais aussi à apprendre de manière plus approfondie et systématique, cet engagement n’est pas le cas le plus courant.

Le passage des compétences au premier plan des préoccupations

Pour la plupart des personnes en emploi, comme c’est le cas pour les responsables d’entreprises ou d’autres types de structures qui emploient des salariés, la préoccupation pour les compétences n’est pas une préoccupation première la plupart du temps. Comme le montrent nos propres travaux sur le Conseil en Evolution Professionnelle, la préoccupation pour les compétences n’émerge pour les personnes que parce qu’un changement est redouté, obligé ou projeté et espéré. Pour une partie importante des usagers du CEP, la demande de conseil ou l’exposé d’un problème ou d’un projet, ne se présente pas comme une question de compétences. Même lorsque la demande est une demande de formation, il s’agit alors souvent d’une demande de certification et de qualification mais elle n’est pas pour autant immédiatement « raisonnée » comme une question de compétences à construire, transformer, développer, adapter.

Ce rapport à leurs propres compétences rend finalement les salariés assez proches de leurs employeurs qui ne se posent la question des compétences qu’aux moments de recrutement, ou plus encore lorsqu’un salarié compétent risque de quitter l’entreprise (retraite, mobilité, etc.) ou encore lorsque des exigences de travail ne semblent pas ou plus remplies. L’idée déjà ancienne de « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » se heurte donc largement à des manières de penser et de faire, aussi bien des salariés que des employeurs qui sont assez peut prévisionnelles.

Comme pour bien d’autres situations de la vie, ce n’est que lorsque la continuité des activités est ou risque d’être interrompue ou mise en défaut que certains aspects des situations viennent ou reviennent au premier plan des préoccupations et de la conscience. Dans ces cas, les personnes le ressentent d’abord sur le mode de l’inquiétude, du doute. Comment vais-je faire face à cette nouvelle organisation, à ces nouvelles techniques, à ces nouvelles fonctions ? Vais-je être capable ou à la hauteur ? Le sentiment de compétence est mis en question, et il est alors propice à l’entrée dans une réflexion sur les compétences exigées, puis sur les compétences à acquérir et construire, puis enfin seulement sur les compétences maîtrisées qui pourraient être valorisées, développées, adaptées, pour faire face aux échéances futures.

Le rôle du conseil en évolution professionnelle dans la mise au premier plan des compétences

Dans de nombreux dispositifs de conseil, de bilan, d’orientation, la mise au premier plan des préoccupations de la question de ses propres compétences relève d’un « travail » qui se fait dans l’interaction entre le conseiller et la personne. Ce qu’ont montré les études et recherches sur le conseil et l’accompagnement en VAE ou les premières études et recherches sur le conseil en évolution professionnelle, c’est que « la prise en main de ses propres compétences » comme objet de préoccupation, de réflexion et d’action ne va pas de soi, que son élaboration suppose justement le travail systématique en dehors des évidences et des prêts à penser qui circulent, et que cela ne peut se faire que dans et par l’interaction avec des conseillers eux-mêmes très compétents sur la question des compétences.

Ainsi, les discours un peu hâtifs sur l’orientation et la définition de sa propre vie, sur la gestion de ses propres compétences qui se ferait de manière autonome et raisonnée, notamment par le moyen magique des infinies possibilités du web risquent de continuer à se heurter à des formes ordinaires et répandues de modes de vivre et de penser qui répondent à des logiques bien différentes.

 

 

Patrick MAYEN est expert thématique EPALE France. 

 

 

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