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UHFP 2020 : Erasmus+ soutien à l'accès à "la compétence à la portée de tous"

17/02/2020
door Camille POIRAUD
Taal: FR

Les équipes de l'Agence Erasmus+ France / Education Formation (dont Europass, AEFA, ECVET et EPALE) ont participé à la 17e édition de l'Université d'Hiver de la Formation Professionnelle, qui s'est tenue du 29 au 31 janvier 2020 à Biarritz. La thématique qui guidait les échanges était "La compétence à la portée de tous". Comment le programme Erasmus+ peut-il favoriser l'accès élargi aux compétences, leur évaluation et leur reconnaissance?

Pour y répondre, l'Agence Erasmus+ a piloté un atelier :"La Mobilité internationale des apprentis : une plus-value pour les jeunes, un facteur d'attractivité pour les CFA". Elle est également intervenue dans l'atelier : "Orienter à l'ère des datas : nouvelles boussoles, nouvelles pratiques" et une table-ronde : "L'AFEST: les exigences des financeurs". Le Greta du Velay, qui était présent lors de la dernière rencontre thématique EPALE ("Les tiers-lieux apprenants"), a détaillé ses activités lors de l'atelier : "Développer les compétences au travers des Tiers-Lieux".

Les équipes étaient également présentes sur un stand pour distribuer de la documentation (notamment le "Petit guide de l'AFEST à l'usage de tous") et renseigner les participants sur les outils et ressources du programme Erasmus+.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RETOUR SUCCINCT SUR LES ATELIERS : 


I - "La Mobilité internationale des apprentis : une plus-value pour les jeunes, un facteur d'attractivité pour les CFA"


Développer la mobilité internationale des apprentis constitue une priorité politique partagée au niveau national et européen. Cette mobilité est un levier fort pour enrichir les parcours de formation, favoriser l’insertion professionnelle et valoriser les filières d’apprentissage.

Le programme européen Erasmus + offre la possibilité aux apprentis d’aller se former en Europe dans une entreprise et/ou un organisme de formation. La note n°11 de l’Observatoire Erasmus + révèle que 5300 alternants de l’enseignement et la formation professionnels et de l’enseignement supérieur ont bénéficié d’une mobilité Erasmus+ en 2018-2019.

Bien que la mobilité des apprentis reste une réalité assez limitée au sein de l’UE, le nombre d’apprentis concernés chaque année est en hausse constante. Pourquoi cet engouement actuel autour de la mobilité internationale des apprentis ? La raison est simple : toutes les études convergent sur les effets bénéfiques des périodes de formation à l’étranger.

Les nouvelles dispositions législatives, introduites par la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018, visant à faciliter la mobilité des alternants à l’international devraient permettre d’amplifier encore le développement des périodes de formation à l’étranger (de longue durée notamment) des alternants français (qu’ils soient apprentis ou en contrat de professionnalisation).

A travers le témoignage de deux structures coordinatrices de projets Erasmus + de mobilité des apprentis, l’atelier visait à répondre aux questions suivantes : Quels sont les bénéfices de ces périodes de mobilité pour les apprentis, les CFA et les entreprises ? Comment élaborer un projet de mobilité internationale des apprentis ? Quels sont les financements disponibles ? Comment les compétences (linguistiques, professionnelles, transversales, etc.) développées lors d’une période de mobilité à l’étranger peuvent-elles être reconnues dans les parcours de formation ?

Animateur de l’atelier

Sylvain SCHERPEREEL, Chargé de promotion sur le secteur de l’enseignement et la formation professionnels, Agence Erasmus+ France / Education et Formation

Intervenants

Marek LAWINSKI, Responsable du pôle internationalisation des compétences, Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics (CCCA-BTP)

Agnieszka LITWINOWICZ, Coordinatrice régionale de la mobilité européenne à la Chambre régionale des métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine

 

II- L'AFEST: les exigences des financeurs

Etat des lieux : sept OPCO ont participé aux expérimentations AFEST lancées par la DGEFP. En effet il existe une réelle volonté de développer cette modalité de formation. La formation des conseillers OPCO aux enjeux de l’AFEST a été réalisée  en interne dans un OPCO et en externe dans les six autres - ce qui offrait moins d’autonomie.

L’OPCO des entreprises de proximité propose deux types de services selon l’avancement de la démarche au sein des entreprises (selon que le travail d’ingénierie autour des situations clefs et l’identification des acteurs est réalisé ou pas). Les services sont sous-traités auprès de prestataires (organismes de formation/consultants).

A noter qu’un seul OPCO demande la certification du prestataire.

Ainsi, l’AFEST n’est pas seulement une opportunité pédagogique : elle interroge l’organisation et le sens donné au travail.

Qui finance l’AFEST ? avant tout l’entreprise. La DGEFP distingue trois logiques de financement:

1/ plan de développement des compétences mutualisé ;

2 /pénalités liées aux obligations de l’employeur non respectées;

3/ logique d’investissement : faire baisser le coût d’acquisition des compétences (« ROI en temps réel »).

La DGEFP rappelle qu’il n’y a aucune obligation de certification pour mettre en œuvre l’AFEST (mais reconnait le mouvement impulsé par le seul offreur actuel). 

Quels outils ?

Le contrat de professionnalisation et l’entretien professionnel constituent des outils de l’AFEST.

Les entreprises voient une opportunité financière dans l’AFEST, le rôle des OPCO est de souligner l’opportunité pédagogique. Celle-ci est particulièrement intéressante pour les salariés qui ne peuvent pas ou ne veulent pas entrer en formation, ou dans le cas de la transmission de savoir-faire traditionnels ou très spécifiques (exemple : dans le secteur de la construction).

Les Régions et Pôle emploi peuvent mobiliser l’AFEST pour les demandeurs d’emploi, et ce dans une logique de recrutement. Les Régions disposent de financements dans le cadre des PRIC (Pactes Régionaux D’investissement Dans Les Compétences) ; le Pôle Emploi est plutôt dans une phase d’observation.

cf Guide conçu par l’AEFA (Petit guide de l'AFEST à l'usage de tous). Il met à disposition de tous une méthodologie de mise en oeuvre de l'AFEST, illustrée par plusieurs exemples européens. 

Intervenants :

Leila BEN SALEM, consultante en ingénierie de formation à Centre Inffo

Catherine BISSEY, Directrice R&D, OPCO des entreprises de proximité

Laurent DUCLOS, Chef de projet « Ingénierie de parcours et stratégies d’accompagnement »,DGEFP

Philippe TOURNEUR, Pôle Emploi

Franck SAVANN, coordinateur thématique EPALE

Catherine BETOURNE, Directrice Développement, Constructys

Emmanuel ZARCA, chef de service Développement de l’Emploi durable, Région Pays de la Loire

 

III- Orienter à l'ère des datas : nouvelles boussoles, nouvelles pratiques

Lafayette Associés a lancé une plateforme pour les Conseillers en Evolution Professionnelle (CEP): branches/OPCO, organismes de formation. Elle fournit des données pour caractériser offre de formation, effectuer un benchmark, un matching…

Il existe beaucoup d’outils à destination des CEP et des personnes accompagnées pour aider à construire leurs projets professionnels. Ces outils sont mobilisés de deux manières :

  • Outils pour s’informer, mieux se connaître (valeurs, compétences, potentiels)
  • Outils pour tester la faisabilité d’un projet professionnel (enquête métier)

CAP métiers Nouvelle Aquitaine (compétence Service Public Régional de l’Orientation - SPRO, attractivité des métiers) : la data n’est pas une fin en soi. Elle donne de l’information, permet d’éclairer, d’objectiver… Cependant, c’est la rencontre avec un professionnel qui donne sens à l’orientation. Il s'agit d'un processus individualisé et singulier, basé sur une relation de confiance. Les CEP se voient dotés de nouvelles compétences: veille/ actualisation permanente de leurs pratiques et connaissances. Les intervenants mettent en garde contre l’exclusion numérique de NEETs et des adultes très éloignés de l’emploi.

Pour les bénéficiaires : ils peuvent effectuer des stages d’immersion en entreprise / des ateliers pour apprendre et perfectionner les gestes professionnels (métiers manuels).

EUROPASS :  Europass est un portefeuille de compétences numérique européen et permet de compiler toutes les preuves de compétences. En mai prochain Europass évolue et devient une plateforme de gestion des compétences et des carrières tout au long de la vie pour permettre aux citoyens de faire des choix éclairés en matière de formation et d’emploi.

Agrégeant plusieurs services européens, Europass sera ainsi un portail unique d’accès à l’information sur la formation, les certifications, la reconnaissance des acquis, la validation, l’orientation et l’emploi en Europe.

Un système de matching sera également proposé pour suggérer des offres de formation ou d’emploi personnalisées en Europe, afin d’élargir les horizons.

Europass est adossé à la classification des métiers et compétences ESCO.

Par ailleurs, l’accompagnement des professionnels de l’orientation est également pris en compte avec le module DINAMO, produit par EUROGUIDANCE.

APEC : C'est un acteur CEP depuis 2014. L’APEC dispose d’un Datalab, qui permet de faire une recherche individuelle via des outils numériques puis d’échanger avec le consultant – l’échange constitue le cœur de métier de l’APEC.

L’autonomie des candidats est renforcée grâce à la mise à disposition d’outils. Ce CEP « augmenté », proposant des outils pour aider à l’élaboration de trajectoires professionnelles, ne dispense pas d'un accompagnement individualisé. Qu’est-ce qui peut être digitalisé ? Qu’est-ce qui ne peut pas l’être?

L’outil digital ne fait pas l’unanimité : niveau d’appropriation varié selon l’appétence des publics et leurs compétences numériques. L’outil ne doit pas penser à la place de l’individu, car la réflexion fait partie intégrante du processus de bilan. Il ne remplace pas le face à face relationnel (« guidance ») nécessaire pour échanger sur les choix, les alternatives.

Logique de Matching/Appariement : approche déterminationiste (approche du travail prescrit) qui exclut environnement social, personnel. Data : tendance à l’obésité de l’information : vérifier sources, méthodologie et aussi quelle utilisation/retranscription on en fait auprès du bénéficiaire. Traitement de la data : métier d’expert ! à l’heure où l’orientation devient un marché avec des dérives importantes sur le plan méthodologique (start-up) selon Cap Métiers.   

 

Intervenants :

Marielle GAUDIN, Chargé de développement Europass, Erasmus +

Yannick MOREL, Responsable national Relations Enseignement supérieur, APEC

Françoise LAROYE-CARRE, Chercheuse, consultante en formation et orientation des adultes

Corinne LAFITTE, Directrice Générale, CARIF Cap-Métiers Nouvelle-Aquitaine

Mathieu HIVET, Directeur associé, Lafayette associés

 

IV- Développer les compétences au travers des Tiers-Lieux 

 

En octobre 2019, EPALE a organisé une rencontre thématique autour des tiers-lieux, en conviant le Greta du Velay à intervenir sous forme de pecha-kucha pour décrire son formalab (cf article de restitution posté sur EPALE). A l'UHFP, cette expérimentation était décrite de façon détaillée. Les participants étaient fréquemment sollicités pour échanger leurs réflexions et pratiques. Voici les trois temps de cet atelier : 

La genèse : quelques dates

Depuis sa création, le Greta du Velay a développé une expertise de la formation sur mesure, en réseau, et ce au niveau local et européen. Pour cela, il a d'abord monté un laboratoire pédagogique, offrant des outils en libre-accès aux apprenants. Objectif : leur redonner confiance et autonomie, en les aidant à apprendre à apprendre. En 2011, il a monté un fablab, devenu formalab, parfaitement adapté à la formation. Ce tiers-lieu a par exemple accueilli des jeunes adultes de 18-35 ans, porteurs de handicaps, qui utilisaient le formalab comme un espace d'autoformation. S'en est suivi un travail sur la reconnaissance des compétences acquises par les apprenants, au fur et à mesure de leur participation aux formations. Cela a abouti en 2016 à la création d'un système de badges numériques, grâce au soutien du programme Erasmus+. Autre chantier important : le soutien aux personnes éloignées de l'emploi. Le Greta et 3 Missions Locales ont lancé en 2018 le projet Emploi 3.0 visant à donner à une meilleure réponse aux attentes des entreprises du territoire et augmenter l’employabilité des personnes, à travers des temps collectifs de réflexion et de création, réalisés dans des tiers-lieux.

L'Ecole de la 2e chance

Le concept d'"Ecole de la 2e chance" repose sur des valeurs fortes : respect, ouverture, autonomie... privilégiant l'apprentissage par compétence. Le formalab a servi de support au développement de l'Ecole de la 2e chance Haute-Loire, où formateurs et apprenants apprennent ensemble. Les stagiaires sont placés en situation réelle : ils répondent à des commandes d'entreprises, et sont donc responsables de l'organisation de leur travail et de leur temps. Ils peuvent demander et recevoir des badges numériques, marquant leur progression et acquisition de compétences. Le formalab s'est développé encore d'avantage grâce à un financement de la Fondation Orange (achat de matériel). 

L'aventure continue 

L'évolution du formalab, permise par le financement de la Fondation Orange, a bénéficié d'un écho important dans la presse. Informés de la variété des activités du Greta, de nombreuses structures et acteurs l'ont sollicité pour passer des commandes via le formalab. D'autres se sont montrées intéressées par les badges numériques. Le Greta réfléchit aujourd'hui à l'implantation de tiers-lieux éphémères dans des collèges ruraux. Les lycées professionnels pourraient quant à eux abriter des formalab (par ex autour des métiers du bâtiment). 

Ne pourrait-on pas y expérimenter des actions de formation en situation de travail? la validation des acquis de l'expérience?

Bref, l'aventure continue ! 

 

Intervenantes :

Valérie ALIBERT, conseillère en formation continue, Gréta du Velay

Emmanuelle BEGON, Coordinatrice – Maisons de la formation en situation de travail

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