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Blog

Et si les formations en situations de loisir nous permettaient de réfléchir à la formation en situation de travail ?

03/09/2016
minn Anne-lise Ulmann
Lingwa: FR
Document available also in: EN

 

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- F : Pendant les vacances j’ai réfléchi...j’ai envie de concevoir autrement les formations que j’anime.

- E : Ah bon tu travailles toi pendant les vacances ?

- F:  Ben... ça dépend de ce que tu entends par apprendre. Toi, tu n'as rien appris toi??

- E : AH Surement pas!  j’ai fait de la voile, je me suis détendu.... Le travail, j'ai ou-bli é. ! J’ai pris des cours de voile avec    des amis à l’école de voile

- F : A l’école ? Tu me parles d’école en vacances ?

- E : Non mais là ce n’est pas pareil,  c’est du loisir

- F : Du loisir, d’accord, mais j’ai quand même l’impression que tu as appris beaucoup de choses si tu as fait de la voile  ?

- E : Oui oui ...mais le loisir ce n’est pas pareil que le travail

- F : D’accord tu ne fais pas de voile au bureau... Enfin ton prof de voile, lui , tu penses que c’était du loisir pour lui ?

- E : Ben , euh ... c’est vrai c’est un jeune qui fait ca pour gagner un peu d’argent l’été mais ....c’est sûr pour lui  euh

- F : ... pour lui c’est du travail. Tu ne crois pas ? Entre loisir et travail la différence n’est pas si simple ... Surtout si on réfléchit à l’apprentissage

- E : oui..., peut-être mais tu compliques tout...

- F : ok . On y reviendra plus tard si tu veux bien... Mais là je voudrais que tu m’expliques un peu la voile. Tu savais en faire avant  ces vacances ?

- E : Non pas du tout, tu vois je n’aurais jamais cru qu’on pouvait commencer à tout âge...

- F : Ah oui ?  Tu m’intéresses tu penses qu’on peut commencer à n’importe quel âge ?

- E : N’importe quel âge je ne sais pas mais là tu vois on était avec des jeunes et on suivait aussi bien qu’eux... je te dirais même que par rapport à certains je n’étais pas le moins souple !

- F : Donc l’âge pour faire de la voile ça dépend plutôt de la souplesse ? Ce n’est pas évident à mesurer ça... Enfin bon ca veut dire peut être que l’âge n’est pas qu’une affaire d’années, enfin... au moins quand il s'agit d'apprentissage ? Mais dis-moi, comment ça c’est passé, tu es venu, tu es monté sur ton voilier et hop t’es parti comme ça , sans qu’on ne t’ explique rien avant ?

- E : Ben pas comme ça...

- F : Ah bon tu me rassures, t’as suivi un peu des cours avant pour qu’on t’explique les bases de la navigation, un minimum de théorie : les marées, la lecture des cartes marine, la force des vents...

- E : Alors je vais te dire pas du tout ! Notre prof était avec nous sur l’eau, il nous a juste montré sur le bord deux trois choses pour qu’on sente d’où vient le vent, ça c’est super important de sentir le vent  et puis après ben... on tâtonne pour arriver à se diriger avec le vent et puis c’est tout...

- F : Donc vous avez travaillé sur le bord de l’eau la manière de calculer la force du vent sur les voiles ?

- E : On a rien calculé du tout ! On appris à sentir avec notre corps la direction du vent et après on s’est exercé à diriger le bateau avec le vent, mais ca on le fait en naviguant.

- F : Donc il n’y a rien à apprendre, il suffit de faire ?

- E : Oui .... et puis quand tu as déjà un peu pris l’habitude, que tu sens comment ton bateau réagit, tu comprends tout de suite qu’avec le vent sur les voiles il faut aussi prendre en compte les courants de la marée qui jouent forcément sur la vitesse de ton déplacement ... mais ce n’est pas le tout de savoir, ce qui est difficile c’est de sentir les choses et puis d’ajuster ta manière de faire en fonction de plein de paramètres : le poids sur le bateau, les risques de rochers....

- F : Mais dis-moi, pour quelqu’un qui n’a rien appris, ça a l’air drôlement difficile ce que tu as fait ?

- E : Non, il faut aimer ça

- F : Bah pas seulement non ?

- E : Oui... c’est vrai que en faisant on comprend tout de suite mieux ce qu’il y a maîtriser pour se diriger sur l’eau.

- F : Donc c’est en faisant que tu apprends ?

- E : Oui au début et puis après tu as quand même besoin de saisir des petites notions comme la force du vent

- F : Et donc ça, tu as fait comment ? Tu l’as inventé ? Tu ne te prendrais pas pour Archimède ?

- E : Non mais ça le prof te l’explique après la navigation, juste avant de ranger les bateaux. Comme ça on a encore frais à l’esprit ce qui s’est passé sur l’eau. Et puis les jours où l’on n’a pas eu de vent, là  il peut prendre plus de temps pour approfondir davantage. Je vais te dire que moi qui me croyais nul en maths et dans toutes ces matières, là quand le moniteur nous expliquait pourquoi on a dessalé ou comment, quand on a préparé la régate, on pouvait prendre de la vitesse, je trouvais cela super intéressant.

- F : Si je comprends bien, tu as passé les vacances à faire de la physique !

- E : Non j’ai fait de la voile ! Mais c’est vrai que j’ai compris beaucoup de chose qu’on a du m’expliquer cent fois à l’école et que je n’ai jamais retenu parce que je n’en voyais pas l’intérêt.

- F : Si on transpose ta formation en situation de loisir à la formation en situation de travail, puisque tu maintiens que dans l’apprentissage le loisir et le travail c’est différent, ce dont on rediscutera plus tard) on peut voir plusieurs choses, tu me dis si tu es d’accord :

1/ - pour apprendre une choses nouvelle, il faut y trouver un intérêt : tu as appris la voile parce que ça t’intéresse et même si tu n’as plus vingt ans, tu peux encore apprendre

- E : On est d’accord.

2/ - La théorie et la pratique s’apprennent ensemble. Tu n’as pas eu d’abord un cours théorique, puis son application par la pratique, tu as fait les deux en même temps et surtout c’est à partir de ce que tu as éprouvé que le moniteur vous a fait réfléchir.

- E : oui mais là, la théorie nous servait vraiment dans la pratique, les deux se mélangent...

Alors ne pourrait-on pas dire après  Bertrand Schwartz, que former en situation de loisir comme en situation de travail nécessite toujours de :

« Transformer son vécu en expérience, son expérience en savoir-faire, son savoir-faire en savoir, voilà la chaine complète qui rend autonome ».

 

Anne-Lise ULMANN est maitre de conférences au CNAM et experte thématique EPALE.

 

 

 

 

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