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Emuārs

L’expérience migratoire au service de la création d’entreprise

21/04/2016
Hélène Paumier
Valoda: FR
Document available also in: EN

Le GRDR (Groupe de Recherche sur le Développement Rural) Migration-Citoyenneté-Développement est une association à destination des personnes migrantes et vise à accompagner ces citoyens sur leur territoire d’accueil. Aux prémices de l’association, des chercheurs en agronomie qui face aux problèmes de famine se sont associés pour apporter un appui aux travailleurs migrants dans leurs initiatives pour le développement vers leur pays d’origine. L’organisation de l’association s’est transformée au fil du contexte politique français, des temps de crise migratoire, des besoins des populations. Aujourd’hui, le GRDR consacre un quart de ses activités à l’insertion.

La région île de France avec le soutien du Fonds Social Européen (FSE), le GRDR en partenariat avec la cité des métiers, se sont associés pour proposer une formation d’aide à la création d’activités économiques. A destination d’un public migrant,  l’Ecole Régionale des Projets : entrepreneurs migrants est gratuite et se fixe trois objectifs :

  • La sécurisation du parcours de création d’activités
  • Le renforcement dans l’accompagnement du projet
  • La formalisation du projet d’activité économique

 

L’association a développé à travers cette école son offre d’accompagnement en veillant à prendre en compte le vécu de la personne insérée dans le dispositif de formation.  En parallèle à l’Ecole Régionale des Projets, le GRDR privilégie aussi la mise en réseau en proposant un club d’entrepreneur où les organismes de financements sont invités à ces rencontres. En plus de permettre la mutualisation entre les organismes et les porteurs de projets migrants, ce club est un véritable moyen de reconnaitre le trajet des migrants en tant que plus-value dans un projet professionnel

Jonathan Stebig, chargé de mission au GRDR, nous raconte que l’un des principaux défis dans l’élaboration de cette formation est d’être capable de « proposer un contenu qui prend en compte au-delà du projet  professionnel ou d’entreprise, le projet de vie de la personne.  Encore plus que chez un porteur de projet plus « commun », le projet migratoire détermine souvent les trajectoires professionnelles des migrants. Toute prise de décision, orientation de parcours développement de stratégie, répond à un projet migratoire qui transcende et qui dépasse le projet professionnel ».

En général, le public est plutôt féminin, avec une moyenne d’âge de 47 ans. Elles sont des personnes qui ont été en situation de déplacement de leur pays d’origine à un autre et qui possèdent généralement un métier qui n’est pas connecté avec les réalités de l’emploi en France. 

Pour Jonathan Stebig « construire une offre de formation souple » adaptée aux disponibilités du public, est une condition pour que la formation soit une réussite. C’est pourquoi, la formation continue se déroule deux jours par semaine sur une durée de six mois. Le chargé de mission voit en cette temporalité « une solution de construction de projet sur un temps souple et relativement long, permettant de démarrer son activité en parallèle de la formation, et facilitant les phases tests. » En 2015, soit la première année, 25 porteurs de projet sont entrés dans cette formation et 20 sont allés au bout des 6 mois.  En cette année 2016, 37 personnes sont entrées dans la formation, à l’heure actuelle, deux ont abandonné.

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Ecole régionale des projets : entrepreneurs migrants

 

Les six mois de formation se décomposent en plusieurs volets :

  • l’expérience migratoire
  • l’acquisition de fondamentaux sur la création d’entreprise
  • le travail sur l’économie sociale et solidaire et le transnational car il reste un lien fort avec le pays d’origine qui a souvent une place dans l’économie de l’entreprise

Travailler l’expérience migratoire 

Cette phase de l’accompagnement est centrée sur la personne, sur l’acquisition de la confiance en soi. Il s’agit dans ces temps collectifs d’identifier les expériences et compétences professionnelles, migratoires et personnelles qui seront valorisées dans le projet de création d’activité. Ce temps dans la formation est nécessaire, et est à envisager comme une solution face aux défis que représentent les formations à destination de publics spécifiques. La formation se doit dans un premier temps de « valoriser les compétences et les trajectoires migratoires ».

Durant la première phase de la formation à la création d’entreprise, les formateurs se concentrent sur les apprenants et leurs expériences migratoires. Un moyen de travailler sur les histoires de vie de chacun par le récit biographique. C’est en nommant l’expérience que les compétences se créent et qu’elles deviennent transférables. Un portefeuille de compétences est également construit pour chacun.

Le formateur a mis en place une activité qui consiste à créer son profil expérientiel. L’apprenant fait son portrait en rassemblant des découpes de visuels d’un magasine et a pour consigne d’exprimer par ces images, d’où il vient, qui il est, où il va. Ce travail permet de se mettre soi-même en perspective, de prendre conscience de soi à travers un support.

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Ecole regionale des projets: entrepreneurs migrants

Jonathan Stebig ajoute « La formation vise à accompagner et transformer les personnes, elle est centrée sur l’individu, pour lui donner les moyens de transformer son projet en entreprise. On accorde un tiers de la formation aux expériences, aux compétences… ».

Accompagner à la création d’entreprise

Dans les phases deux et trois de la formation, un volet d’accompagnement individuel s’ajoute, où grâce au travail mené sur l’expérience migratoire, les apprenants se lancent dans l’écriture du projet. Des jeux de rôles permettent à chacun de se tester dans une situation d’entreprise commerçante. L’Ecole Régionale des Projets met également en place un tutorat entrepreneurial, permettant à chaque apprenant d’être mis au contact d’un tuteur accompagné dans le passé et de travailler par logique de pair.

« Faisant souvent face à des publics ayant une importante connaissance informelle des marchés, il est important de construire une pédagogie qui prenne en compte et valorise cette expertise informelle. »

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Ecole régionale des projets

L’année dernière, quatre entreprises ont vu le jour. La définition d’un projet de création d’entreprise est une manière de redéfinir un projet général, dans la prise en compte global de l’individu et son expérience de vie particulière. C’est aussi une manière, par cette formation, de remobiliser socialement ce public fragile, qui a vécu le déplacement et la découverte d’un pays dans lequel la réalité professionnelle ne correspond pas à celle du pays d’origine.

Jonathan Stebig nous confie, lorsque nous lui demandons ce qui le motive à travailler avec ce public : « Mon histoire personnelle, on dit que la première migration est celle de la campagne vers la ville (cf. Abdel Mayek Syad). Je me reconnais dans les trajectoires de ces personnes. Dans le mythe du retour, et dans la fierté des racines. »

 

Pour accéder au site internet du GRDR 

Pour accéder à la page d’information de l’Ecole Régionale des Projets  

 

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  • Lietotāja Jean Vanderspelden attēls

    Cette action illustre bien la nécessité d'accompagner chaque personne qui se forme en prenant en compte toute la richesse de son parcours, ce qui est particulièrement vrai pour les migrants ;  entre apprentissage ouvert  formel et informel en résonance avec les formations multimodales

  • Lietotāja Camille POIRAUD attēls

    Cet article fait écho à l'étude allemande publiée par Barbara Hiller concernant l'entreprenariat des femmes issues de l'immigration. Il peut être consulté sur la plateforme EPALE en suivant ce lien.