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Entretien avec Régis Alvin au sujet de l’exclusion numérique chez les apprenants atteints de déficience intellectuelle

31/08/2020
EPALE Moderator
Valoda: FR
Document available also in: EN

EPALE interviews: Régis Alvin - Les Papillons Blancs

 

[Traduction (anglais - français) : EPALE France]

 

Œuvrer avec, et non pour les personnes en situation de handicap est la première préoccupation de l’organisme Les Papillons Blancs. Ils évaluent leurs besoins et tentent de leur apporter des solutions numériques. L’un de leurs objectifs principaux est de combler les lacunes existantes. Il existe d’ores et déjà beaucoup de contenu en ligne destiné aux personnes en situation de handicap physique, tel que les déficiences visuelles ou auditives, mais très peu pour les personnes atteintes d’un handicap intellectuel. Afin de cibler plus précisément leurs besoins, une enquêtes a été menée. Nous allons en découvrir les résultats. 
Lisez l’entretien pour en savoir plus.

Régis Alvin est chef de projet pour l’association Les Papillons Blancs de Lille, et coordinateur des projets Inclusive Digital Academy (IDA) et Day Centres Without Walls (DCWW). Régis est également membre du conseil exécutif du Caravan 2000 International, un réseau qui œuvre depuis 20 ans pour garantir une meilleure inclusion des personnes défavorisées ou en situation de handicap.

Lors de cet entretien pour EPALE, Régis nous raconte dans quelle mesure son projet vise à limiter l’exclusion numérique des apprenants en situation de déficience intellectuelle, ainsi que les leçons que nous avons tirées de la crise de la COVID-19.

Pourriez-vous m’en dire un peu plus sur Les Papillons Blancs de Lille ?

Nous sommes une grosse organisation située à Lille, en France. Nous travaillons avec des personnes en situation de handicap, enfants comme adultes. Certains vivent de manière autonome, d’autres dans nos résidences à domicile. Nous participons également à des projets européens afin de partager nos bonnes pratiques et d’améliorer notre travail. Nous avons récemment mené à bien le projet Erasmus+ intitulé STELLA, qui porte sur les compétences de base des apprenants en situation de handicap. Nous avons tiré une conclusion majeure de ce projet : nos apprenants sont confrontés à une forte fracture numérique. C’est pourquoi nous avons décidé de participer à un autre projet, le projet IDA : Inclusive Digital Academy (Académie numérique inclusive) et de travailler sur les compétences numériques.

Quels sont les principes clés de cette Académie numérique inclusive ?

Il est très important de rappeler que nous ne travaillons pas pour les personnes en situation de handicap, mais avec eux. Nous évaluons leurs besoins et tentons de leur apporter des solutions numériques. Ainsi, nous les accompagnons tout au long du projet : de la recherche au développement d’application en passant par les contenus d’apprentissage en ligne. L’un de nos objectifs principaux est de combler les lacunes existantes. Il existe d’ores et déjà beaucoup de contenu en ligne destiné aux personnes en situation de handicap physique, tel que les déficiences visuelles ou auditives, mais très peu pour les personnes atteintes d’un handicap intellectuel. Afin d’identifier leurs besoins, nous avons mené une enquête avec des partenaires et avons déjà recueilli 300 réponses. Nous disposons ainsi de nombreux supports sur lesquels nous appuyer.
Nous avons tiré une conclusion intéressante après avoir analysé les résultats de l’enquête : le vocabulaire numérique peut d’avérer difficile à assimiler, or les apprenants ne peuvent pas répondre s’ils ne comprennent pas la question. Le manque de connaissance, mais également le manque d’équipement, le manque de tout, ont pour conséquence cette fracture numérique.

 

Les Papillons Blancs

 

J’imagine que cette fracture numérique s’est particulièrement ressentie lors du confinement. Comment vous et vos partenaires avez appréhendé la situation ?

Ce fut une période difficile. Nos apprenants et résidents se sont sentis très vulnérables, avaient l’impression de perdre tous leurs points de repères : l’appartenance à une association, l’appartenance à une société. Nous avons fait au mieux pour les aider. Parmi les initiatives que nous avons menées, la première consistait à informer correctement les apprenants sur la pandémie et plus particulièrement sur l’utilisation des masques et le respect des distances sociales. Pour nous, il était essentiel de retranscrire l’ensemble des informations diffusées par le ministère de la Santé dans un langage facile à comprendre, ou à travers des vidéos. Les partenaires qui ne disposaient pas des équipements nécessaires pour créer ou partager du contenu en ligne ont envoyé ces informations directement chez leurs apprenants.

 

 

Les Papillons Blancs

 


Afin d’aider nos apprenants et résidents à rester en contact avec leurs familles, nous avons organisé des séances individuelles de formation au logiciel Zoom. Certains apprenants ont mis deux semaines avant de maîtriser le logiciel de manière autonome. Nous avons également remarqué l’importance de maintenir un rythme quotidien, de proposer des activités, qui sont indispensables à une bonne santé mentale et physique. Par exemple, notre partenaire suédois sur ce projet a organisé des séances régulières au sein de sa structure, avec au programme des cours de gymnastique tous les matins et une pause-café tous les après-midis. Chez Les Papillons Blancs de Lille, nous avons maintenu des séances de thérapie via Zoom ou Skype. Nous avons également organisé des défis sous forme d’activités créatives avec des nouilles ou d’autres produits alimentaires, par exemple. Nous avons également créé un blog afin de partager divers témoignages et photos. L’un de nos partenaires a demandé à nos apprenants de faire une petite recherche sur Internet sur un sujet précis, ou de participer à des missions. Une chose est sûre : personne n’était préparé à cette situation et nous avons dû nous adapter rapidement.

Comment voyez-vous l’avenir de l’éducation des adultes en situation de handicap ? Quelles leçons tirer de cette crise ?

Je pense que la crise a mis en lumière le besoin de rester connecté avec le monde. Si cette situation venait à se reproduire, nos apprenants devront être préparés à utiliser les outils numériques. Notre projet a pour objectif de nous aider à comprendre leurs besoins. Pour l’instant, nous analysons les résultats de l’enquête. Le point positif à cette situation, c’est que les apprenants ont accepté d’utiliser des outils numériques avec enthousiasme, voire passion, lors de leur apprentissage.

 

EPALE interviews: Régis Alvin

 

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  • Lietotāja Susanne Altergott attēls
    For the last 4 years I was working at a residence for adults with disabilities. From March to June they were not allowed to see their families in person or go to their working places. We faced trying circumstances in these times and our residents also felt vulnerable . So the only option to protect the mental health of the residents was to use digital media. I totally agree that especially in these times it was very important to work with and not for these people. We also tried our best to keep a daily structure and help them to keep in touch with their families by writing SMS, sending pictures, using Skype or making creative videos. In some places it was quite difficult because not everyone had a smartphone or even the physical or mental capability to use digital media. So it was our task to be a link between our residents and the outside world.     
  • Lietotāja Marita Jonols attēls
    Well spoken, Regis! Many of us has had crash courses in digital communication under the corona crisis, but there are still many people with disabiities lacking access to smart phones, computors etc.