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Réforme de la Formation professionnelle en France : création d’une application mobile CPF

Dans la cadre de la nouvelle réforme de la formation professionnelle en France, l'équipe des experts thématiques EPALE décrypte les différentes mesures annoncées.

Le décryptage

L’accès aux formations éligibles au Compte Personnel de Formation (CPF) sur le site publique moncompteformation.gouv.fr a été d’une complexité déconcertante pour tous ceux qui ont souhaité mobiliser leurs droits à une formation. L’accès différencié aux formations selon le statut, la région ou le secteur d’activité des employeurs, a ainsi considérablement enrayé la dynamique du CPF.

Dans le document d’orientation remis aux partenaires sociaux fin 2017, ce frein au CPF est posé comme un problème à traiter. Avec cette mesure, le gouvernement propose sa réponse : « (…) le système d’éligibilité au CPF par des listes restreint les possibilités d’accès à la formation et rajoute un niveau de complexité supplémentaire à un ensemble déjà peu lisible. (…) Ses possibilités de mobilisation doivent devenir simples et transparentes. A cette fin, le Gouvernement mettra à disposition de tous les salariés et demandeurs d’emploi une application numérique ».

Si paradoxal que cela puisse paraître, seuls les publics les plus qualifiés ou ceux accompagnés par un tiers (structure d’insertion, conseil en évolution professionnelle, organisme de formation, employeur ou autre…) sont parvenus à créer leur compte voire, pour une partie d’entre eux, y enregistrer les heures capitalisées au titre du DIF. Le gouvernement a donc réaffirmé son souhait de voir les individus (salariés et demandeurs d’emploi), acteur de leur évolution, notamment dans la mobilisation de leurs droits, seuls et à leur initiative.

Pistes de réflexion

Les lois de 2014 et 2016, avec leur cohorte de décrets, reposent sur deux principes majeurs partagés par l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle : égalité et innovation. Tous les récents rapports et études prouvent que nos dispositifs de formation, aujourd’hui toujours sur la lancée des anciennes bases de la loi de 1971, profitent aux adultes les plus qualifiés (travaillant de préférence dans les grandes entreprises et plutôt en milieu urbain). De plus, la modalité principale, pour ne pas dire exclusive, pour se former, reste le stage (unité de temps, de lieu et d’action) sur prescription.

Notre téléphone portable, ou ordiphone, nous servira, non seulement à consommer un droit à la formation, mais aussi, à entrer diversement dans le «Mobil Learning»[1] lui-même intégré au «Digital Learning» ou, en français, «Formation Multimodale»[2]. Il s’agit d’une avancée majeure dans la responsabilisation de chacun d’entres-nous pour assurer un nouveau rapport à sa capacité d’apprendre tout au long de sa vie, dans des dynamiques complémentaires d’employabilité, de mobilité et de culture (professionnel, sociale et personnel).

Points de vigilance

Cette nouvelle responsabilité mobilise plusieurs compétences. Paradoxalement, en fonction de notre rapport au digital, cette application mobile pourra être un levier ou un frein dans la mobilisation de nos droits à nous former.  Sans conforter[3] des réseaux existants (mais souvent fragiles) des acteurs de terrains[4] qui assurent une aide à la maîtrise de la «littératie numérique»[5] pour tous, il sera difficile, en particulier pour les publics les moins qualifiés[6], prioritaire de la réforme, d’entrer par cette porte mobile et numérique. Même parmi les générations Y ou Z, se trouvent des adultes avec une faible culture numérique (les «débutants») et/ou une pratique superficielle du numérique (les «suiveurs»). A la fin du parcours de formation, notre ordiphone nous donnerait aussi la possibilité, discutable, de «noter» le prestataire pour «installer» une transparence sur ce marché de la formation, taux d’insertion, par exemple. Comme un restaurant, un hôtel, la formation pourrait devenir, en partie, un acte de consommation avec des avantages et des dérives possibles.

Cette population, sans aide et sans accompagnement, ne pourra pas optimiser l’usage de la future application en ligne CPF ! A l’inverse, les «pointus» et les «opérationnels», non seulement pourront tirer vite profit de cette nouvelle donne, mais aussi, favoriser le développement de parcours innovant de formation multimodale, entre territoires métrique et numérique, ce que la Ministre a appelé «Digital Learning» et que les législateurs ont dénommé,  dans le code du travail et les décrets associés : «FOAD».

Cette fertile ouverture pédagogique (Parcours FOAD, avec/sans ordiphone, avec/sans plate-forme de téléformation, avec/sans tutos, avec/sans la modalité FEST, ou bien avec/sans Classe Virtuelle, avec/sans MOOC ou COOC, avec/sans Serious Game, avec/sans Tiers Lieux, etc…. mais toujours avec un accompagnement et la juste mobilisation adéquate du numérique) ne peut pas, ne doit pas, être accessible qu’aux adultes doublement plus qualifiés ; numérique et autres domaines d’expertise ! Dans cette problématique paradoxale, le dispositif CléA[7] peut être, en fonction de la mobilisation des partenaires sociaux et des acteurs de la formation, sur tous les territoires en France, à la fois une solution et un objectif !

 

 

Frank Savann est expert thématique EPALE France et consultant formation

 

 

 

 

Jean Vanderspelden est expert thématique EPALE France et consultant "Apprenance & FOAD"

 

 

 ----------------------------------------------------------------------------------------[1] Voir article THOT de Denis Cristol publié en Mars 2018 «Le mobile learning a déjà une histoire ou se former entre nous, tout le temps» via https://cursus.edu/articles/41121#.Wq6S-ajwaUk

[2] Formation multimodale = FOAD = Formation Digitale = Digital Learning

[3] Voir le programme gouvernemental «Stratégie nationale pour un numérique inclusif» https://societenumerique.gouv.fr/strategie-nationale-pour-un-numerique-… avec ses quatre chantiers : • Comment atteindre les publics cibles de la stratégie nationale pour un numérique inclusif ? • Comment sensibiliser à l’inclusion numérique ? • Quels sont les outils de diagnostics des compétences numériques ? • Vers quel(s) accompagnement(s) orienter les publics ?

[4] Lieux de médiation ou tiers Lieux : APP, Bibliothèque, Cyberbase, EPN, Espace de co-working ou co-learning, Fab Lab, Médiathèque, Musée, etc…

[5] Littératie numérique : http://habilomedias.ca/

[6] Les trop nombreux adultes peu qualifiés, y compris les «Digital natives» - Voir article EPALE publié en juin 2017 «Tous prochainement "Digital natives" ? Vraiment !» via https://ec.europa.eu/epale/fr/blog/tous-prochainement-digital-natives-v…

[7] https://www.certificat-clea.fr/

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