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L’alternance, clé de voûte de la formation à l’école de la deuxième chance

Le réseau des écoles de la deuxième chance est étendu en France métropolitaine et outre-mer. Il compte 46 écoles réparties sur 110 sites. Ces écoles accueillent des jeunes de 18 à 30 ans, sans qualification et qui ont décroché du système éducatif depuis au moins 1 an. Les buts de ces dispositifs sont multiples et centrés sur l’individu : monter en compétences par l’acquisition de l’expérience, travailler sur le projet professionnel, trouver une formation en rapport avec le projet individuel et éventuellement s’insérer dans l’emploi. Mais alors comment s’organise la formation au sein de ces écoles ?

Le réseau des écoles de la deuxième chance est étendu en France métropolitaine et outre-mer. Il compte 46 écoles réparties sur 110 sites. Ces écoles accueillent des jeunes de 18 à 30 ans, sans qualification et qui ont décroché du système éducatif depuis au moins 1 an.

Les buts de ces dispositifs sont multiples et centrés sur l’individu : monter en compétences par l’acquisition de l’expérience, travailler sur le projet professionnel, trouver une formation en rapport avec le projet individuel et éventuellement s’insérer dans l’emploi. Mais alors comment s’organise la formation au sein de ces écoles ?

L’alternance est centrale dans leur fonctionnement et s’inscrit pleinement dans l’ingénierie de formation. Souvent décrié, critiqué, voire ignoré le principe de l’alternance en formation trouve son illustration la plus visible avec l’avènement des Centres de Formation pour Apprentis dans les années 80. Longtemps opposée au sacro-saint cours magistral, la formation par l’expérience n’est plus reléguée à un statut inférieur. L’alternance permet d’articuler les méthodes d’apprentissage autour de plusieurs lieux, plusieurs instants ou situations de formation. Les E2C (écoles de la deuxième chance) essaient autant que possible de se démarquer du fonctionnement typique du système scolaire français qui rappelle à de nombreux jeunes leurs échecs passés.

A l’école de la deuxième chance, on a rapidement saisi le levier que cette modalité d’organisation de la formation pouvait offrir. En effet le public accueilli est bien souvent en position de grande précarité et a un rapport avec le système éducatif qui est déjà rompu, consommé et donc douloureux. Ici l’objectif de l’alternance réside dans la constitution de toute une série d’expériences en variant les situations d’apprentissage. Deux semaines sont consacrées pour la formation au sein même de l’école et elles sont suivies de deux semaines de stage en entreprise. Les jeunes adultes formés y sont d’ailleurs appelés stagiaires.

L’alternance est aussi présente dans l’organisation du planning hebdomadaire qui fait varier les différents ateliers suivis par les stagiaires  (renforcement des acquis de base, techniques de recherche d’emploi, informatique, anglais mais aussi théâtre, atelier d’écriture ou encore activités physiques et sportives). L’alternance est la clé de voûte de l’école de la deuxième chance. Et elle permet de faire le « pont entre deux mondes, celui des entreprises et celui des jeunes[1]».

Rapprocher les stagiaires de la réalité socio-économique, du monde du travail ne permet pas l’improvisation. L’autre composante de l’alternance ce sont les semaines de stage en entreprise. C’est le moment de formation expérientielle, en situation au cours duquel le stagiaire va effectivement développer des compétences déjà présentes ou en acquérir de nouvelles.  Ainsi l’immersion dans ce qui constitue la professionnalité attendue est totale.

L’alternance se caractérise aussi par les lieux d’apprentissage différents que le stagiaire va explorer et renforcer sa capacité à s’adapter à la diversité dans les parcours de formation. Ce sera aussi l’alternance des personnes qui formeront le jeune qui lui permettront d’appréhender le fait qu’il devient peu à peu acteur de sa propre formation. L’alternance évolue alors vers la conquête de l’autonomie de l’individu dans un but émancipateur : celui de se réaliser en tant que futur professionnel apte à travailler dans l’alternance des situations. La mission est ainsi remplie.

Olivier Ferron est ambassadeur EPALE pour le Master SIFA (Stratégie et Ingénierie de la Formation des Adultes) de l'Université de Tours.


[1] P.7 de la brochure de présentation du réseau E2C  2015 ; disponible ici http://www.reseau-e2c.fr/wp-content/uploads/2010/09/1203-R%C3%A9seau-E2C-Fiches-brochure2.pdf

 

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