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L’éducation jette des ponts - la formation des adultes dans une région frontalière

29/10/2020
po EPALE Deutschland
Jezik: FR
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Temps de lecture : environ 7 minutes. Lisez, aimez, commentez !

Cet article a été publié en allemand par Redaktion Deutsches Institut für Erwachsenenbildung.

Cet article a été traduit en français par EPALE France


Carola Christen (responsable de la VHS de Francfort-sur-l'Oder) dans un entretien par e-mail avec Lars Kilian sur l'éducation des adultes dans une région frontalière.

© Sebastian Wallroth

Chère Madame Christen, vous êtes à la tête de la VHS de Francfort-sur-l'Oder. La ville est située sur les rives de l’Oder, frontière qui sépare la Pologne et l'Allemagne. La proximité de la Pologne joue-t-elle un rôle dans votre institution ?

Oui, absolument ! Depuis 2013, nous sommes basés au centre-ville, dans un bâtiment qui a été spécialement transformé pour nous. Initialement, nous voulions l’aménager pour pouvoir l’occuper dès 2001, mais malheureusement, cela n'a pas fonctionné à l'époque. Puis, en 2013, dans le cadre de son programme de stratégies intégrées de développement urbain, le Fonds européen de développement régional (FEDER) a mis à disposition des fonds pour rénover le bâtiment. Lors de la demande de financement, nous avons mis l'accent sur la valeur pour les citoyens des deux villes. Notre programme « Allemand langue étrangère » est demandé presque exclusivement par des citoyens polonais.

Quels effets le travail éducatif transfrontalier a-t-il sur le fonctionnement quotidien de la VHS, en termes d'éducation, d'organisation et de personnel ? Pouvez-vous citer quelques caractéristiques spécifiques qui distinguent votre établissement des autres centres d'éducation des adultes ?

Tout d'abord, un élément clé de notre mission est de veiller à ce que les Polonais de la « Ville jumelée de Francfort-sur-l'Oder - Słubice » soient également inclus dans notre offre éducative.

Notre communication reflète cet objectif : nous diffusons dans les médias polonais notre programme, qui s'adresse directement aux participants polonais (allemand, cours avec des enseignants bilingues). Les panneaux à l'intérieur de notre bâtiment sont en allemand et en polonais et les informations importantes sur notre page d'accueil sont également disponibles en polonais. Nous avons l'intention de rendre l'ensemble du site Internet disponible en polonais au cours de l'année prochaine. Nous recherchons également des enseignants bilingues pour tous les domaines du programme et avons déjà fait des progrès à cet égard (par exemple, pour les cours d'art, de sport et de langues). Des événements ponctuels sont organisés en polonais, notamment des conférences sur le marché du travail en Allemagne ou des événements dans notre centre parents-enfants.

Cette approche se reflète également au niveau du personnel. Depuis 2012, une personne de langue maternelle polonaise travaille comme conseiller et apporte son aide pour toutes les questions relatives à notre programme. 

Nous sommes également partenaires lors d'événements axés sur le bilinguisme organisés par des tiers, tels que le festival de photos LAbiRynT, et nous sommes impliqués dans divers réseaux de villes qui s'engagent à travailler avec Słubice.

Quand la VHS de Francfort-sur-l'Oder a-t-elle commencé son travail transfrontalier ?

Dès 1990, l'Institut de coopération internationale de la Confédération allemande pour l'éducation des adultes (aujourd'hui DVV International) avait un bureau à Francfort-sur-l'Oder. Avec notre partenariat, ils ont contribué à lancer les premières rencontres et échanges ainsi que des ateliers sur l'éducation des adultes. C'est ainsi que sont nés les premiers contacts, tout comme l'idée de proposer des cours d'allemand à Słubice et de mettre en place un projet d'échange interculturel dans une université du temps libre.

La première fois que nous avons demandé un financement à l'Eurorégion Viadrina pour un projet plus important, c'était au début des années 2000. Nous avons développé et testé des supports pédagogiques pour un cours en tandem germano-polonais. La Fundacja na rzecz Collegium Polonicum (Fondation pour le Collegium Polonicum) a ensuite approfondi le concept avec nous. C'était un défi car l'écart de revenus entre l'Allemagne et la Pologne empêchait d'exiger le tarif standard, ce qui nous rendait dépendants des subventions. La situation a quelque peu changé depuis.

Une nouvelle collègue chargée de la culture/santé/société/environnement nous a rejoint en 2001. Grâce à ses contacts, elle a enrichi notre travail avec les artistes polonais et le centre culturel SMOK, et a depuis lors régulièrement développé de nouvelles idées de projets. Déjà à l'époque, nous avions envisagé d'ouvrir davantage notre centre d'éducation pour adultes aux Polonais intéressés et d'étendre le programme.  

Comment le travail transfrontalier a-t-il évolué jusqu'à aujourd'hui, en 2020 ?

L'idée d'un « centre germano-polonais d'éducation des adultes », pour lequel nous avions demandé un financement, n'ayant pas été retenue, nous avons continué à nous concentrer sur des projets plus petits, comme le projet « Häuser erzählen Geschichte(n) » (« Les maisons racontent des (H)histoires ») en 2012. Dans ce projet, il était question d'examiner l'histoire de la ville. Nous avons « enquêté » sur les vieux bâtiments inutilisés dans les deux villes (Francfort-sur-l'Oder et Słubice), recherché et photographié les personnes qui travaillaient auparavant dans ces bâtiments, et réfléchi à la manière dont ils pourraient être utilisés maintenant. Ces idées ont ensuite servi de base à des collages de photos artistiques. Cela a conduit à la création d'une brochure (lien externe). 

En 2015, nous avons lancé le projet selfie@vhs-Słubice.eu (lien d’envoi d’un e-mail) dans le cadre duquel nous avons invité les habitants des deux villes à nous envoyer des photos de leur vie quotidienne. Nous voulions montrer que de part et d'autre de la frontière, la vie quotidienne de chacun n'est pas si différente. Pour ce projet, une brochure a également été créée, ainsi qu’une exposition.

En 2008, nous avons lancé l'Elternuniversität (Université des parents) de Francfort-sur-l'Oder, un événement d'une journée sur des sujets concernant l'éducation, et que nous avons renouvelé cinq fois jusqu'à présent. Ces événements bénéficient du soutien de l'Université européenne et de divers membres de l'Alliance pour la famille (Bündnis für Familie). Les deux dernières éditions de cet événement ont accueilli des participants polonais. Le département de l'éducation de l'administration de la ville Słubice s'est joint à nous et nous avons développé un programme commun. En temps normal, nous aurions dû organiser cette année encore la manifestation de l'Université des parents.

Et nous croyons toujours à l'idée d'une institution germano-polonaise. Cependant, nous avons subi un coup dur en 2019. De concert avec notre partenaire SMOK, nous avons à nouveau soumis une demande Interreg pour une étude de marché, notamment des projets tests, concernant l'offre de formation bilingue pour adultes. Après plusieurs séances de brainstorming, nous avons travaillé sur un plan de financement et convaincu nos supérieurs de se porter garants de notre contribution. Mais notre demande a été rejetée.

En lisant votre réponse, je me suis demandé pourquoi vous accordez une telle importance à la coopération transfrontalière. Cela semble demander beaucoup de temps et d'énergie. Pourquoi votre institution et vous-même considérez-vous que l'investissement en vaut la peine ? Et la région en profite-t-elle ?

Notre engagement en faveur de la coopération transfrontalière s'explique par plusieurs raisons.

On pourrait penser que les habitants des deux rives de l'Oder se considèrent comme voisins puisqu'ils n'ont qu'à traverser le pont pour se retrouver de l'autre côté du fleuve. Mais pendant longtemps, ce n'était pas le cas, et même aujourd'hui, ce sentiment de se voir et de vivre comme des voisins fait partie d'un processus continu. Au moins, il existe aujourd'hui une base politique pour soutenir cette perspective. Francfort-sur-l’Oder et Słubice sont considérées comme une seule région urbaine, certains problèmes existant des deux côtés et nécessitant une action commune. Les deux villes ont approuvé des plans d'action (2010-2020/2020-2030) et ont notamment créé un centre de coopération (lien externe) pour soutenir leur mise en œuvre. En tant qu'institution municipale, nous faisons partie de cette stratégie et avons également contribué à son développement.

La barrière linguistique, les différents niveaux de décision, ainsi que les différentes structures administratives et éducatives sont quelques-uns des facteurs qui font de la coopération un défi. Des institutions comme la nôtre jouent un rôle dans des domaines tels que la langue et l'éducation. Nos cours d'allemand sont très populaires auprès des Polonais, qui viennent chez nous dans un rayon d'environ 50 km. Les Allemands sont également intéressés par nos cours de polonais, mais dans une moindre mesure. Je crois que nous nous sommes fait un nom dans ce domaine. Les participants aux cours de langue sont venus de leur propre chef, et nous nous sommes aperçus qu'ils constituaient un groupe cible potentiel pour d'autres offres, notamment dans le domaine de l'éducation culturelle. Nous pensons également que le fait de travailler ensemble permet au moins de réduire la barrière linguistique et d'éveiller l'intérêt pour la vie des autres (dans ce cas, nos voisins) et leur histoire, qui a également une dimension commune. Si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu à votre propre histoire ou à celle de votre région, vous vous demandez inévitablement, lorsque vous êtes sur les rives de l'Oder, qui sont ces gens qui vivent de l'autre côté, et si, malgré l'histoire mouvementée, il n'y a pas quelque chose qui nous relie. De ces réflexions naissent des idées de projets qui rassemblent les gens. 

Les relations personnelles, les amitiés, les expériences positives et les idées exprimées par les personnes tierces qui nous demandent de collaborer ont à la fois confirmé et renforcé cette perspective. Les évolutions politiques en Europe, avec l'élargissement de l'UE vers l'Est et la suppression des frontières intérieures, ont eu un effet similaire. La fermeture des frontières en raison de la pandémie de Coronavirus était insupportable et l'on commençait à craindre que le ressentiment et les préjugés prennent le dessus.

Et, si je parle d'un point de vue strictement personnel, mon engagement s'explique certainement par le fait que j'ai étudié les langues étrangères et passé un an à l'étranger, et que je m'intéressais donc probablement déjà beaucoup à d'autres langues et cultures. Deux de mes enfants vivent à l'étranger...

Merci beaucoup pour cet entretien, Mme Christen. Je vous souhaite beaucoup de succès dans la poursuite de la construction des relations germano-polonaises !

 


À propos des personnes de cet entretien

Carola Christen est directrice du centre d'éducation des adultes de l'université populaire de Francfort-sur-l'Oder. 

Lars Kilian est chercheur à l'Institut allemand d'éducation des adultes - Centre Leibniz pour la formation tout au long de la vie (DIE). 

 

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  • Slika korisnika Ewa DUDA
    Edukacja w regionie przygranicznym niewątpliwie otwiera się na możliwości niedostępne w innych częściach kraju. Polecam artykuł Agnieszki Hreczuk „Pogranicze. Szkoła na drugim brzegu” (https://wydarzenia.interia.pl/raporty/raport-pogranicze/teksty/news-pogr...). Wprawdzie prezentuje przykład uczącej się młodzieży, ale jednocześnie świetnie przedstawia edukacyjne relacje polsko-niemieckie i inspiruje do przenoszenia modelu funkcjonujących rozwiązań na grunt edukacji dorosłych. Mam nadzieję, że w przyszłości uda się zrealizować projekt „Polsko-Niemieckiego Centrum Kształcenia Dorosłych”. Trzymam kciuki!  
  • Slika korisnika Rafał Kunaszyk
    Kilka lat temu byłem we Frankfurcie nad Odrą w ramach projektu skierowanego do firm rodzinnych. Jestem pod ogromnym wrażaniem działań edukacyjnych różnych środowisk, które dzięki otwarciu na współpracę, zaangażowaniu i determinacji budują nie tylko mosty, ale i parki, festiwale, programy wsparcia przedsiębiorczości. Obecny duch edukacji łączy wszystkich we wspólnym działaniu projektowym. A chodząc ulicami miasta widać, jak ono się rozwija dzięki granicznej współpracy.  
  • Slika korisnika Małgorzata Rosalska
    Współpraca transgraniczna jest korzystna dla wszystkich. Jest bardzo dobrym modelem rzeczywistej współpracy. Miałam okazję współpracować w kilku projektach tego rodzaju i zawsze były to ciekawe i poszerzające perspektywę oglądu tematu/wyzwania/problemu spotkania. Mam wrażenie, że mimo oczywistych różnic wiele problemów o lokalnych potrzeb jest współnych, więc tym bardziej warto szukać wspólnych rozwiązań.