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EPALE - ríomhArdán d’Fhoghlaim Aosach san Eoraip

Blag

Comment former et accompagner les personnes sorties de prison pour retrouver un emploi ?

25/07/2018
ag Hélène Paumier
Teanga: FR
Document available also in: EN DE

L'ILOT est une association qui a pour vocation l'accueil et la réinsertion des personnes rejetées de la société et en grande détresse. Parmi les publics qu'elle accompagne, on compte les personnes qui font l'objet d'une peine de justice ( sortants de prison ou bénéficiant d'un aménagement de peine). EPALE France s'est entretenue avec l'ILOT pour connaitre les actions de réinsertion mises en place et plus particulièrement les ateliers qualification-insertion. 

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Quels accompagnements sont nécessaires pour les personnes sous-main de justice ?

Les personnes sous-main de justice ont besoin d’un espace où ré-apprendre les bases nécessaires qui leurs permettront un retour à la vie en société et à l’emploi.

À l’Îlot, nous avons identifié trois accompagnements indispensables pour les personnes sous-main de justice :

- un accompagnement social

- un accompagnement éducatif

- un accompagnement professionnel

Pour dispenser ces accompagnements, nous mettons à disposition de nos bénéficiaires trois types de compétences humaines :

  •  salariés de l’association (assistants sociaux, éducateurs spécialisés, conseillers en insertion professionnelle, professionnels du pôle restauration du chantier d’Amiens, responsables d’établissements et autres permanents : métiers d’accueil notamment),
  • bénévoles spécialisés (enseignants, professionnels du recrutement : fonction RH et/ou CIP…),
  • prestataires de type formateurs spécialisés.

 

Par quelles actions l’association L’ILOT œuvre pour la réintégration des personnes sous-main de justice ?

Avec 5 maisons d’accueil en France, 3 chantiers d’insertion et 3 ateliers qualification insertion, l'Îlot accueille chaque année près de 1200 personnes à qui elle dispense, qu'ils soient résidents d'un CHRS ou employés en insertion d'un atelier, un accompagnement social et éducatif pour leur donner les moyens de se stabiliser après une période d’incarcération ou de précarité. Les actions principales de l’association sont donc des actions d’hébergement et d’accès à l’emploi et/ou la formation. Créée en 1969, l’association est reconnue d’utilité publique depuis 1998 et est membre du Comité de la Charte pour un don en confiance.

 

Concernant les ateliers qualification/insertion, comment l’association conçoit et conduit ces ateliers ? Quelles difficultés peuvent être rencontrées ?

L’Atelier Qualification-Insertion (AQI) est né de la volonté de l’association à donner au public qu’elle accompagne les bases nécessaires pour un retour à la vie en société et à l’emploi. Avec les AQI, l’Îlot fait le pari qu’en offrant à la fois un accompagnement global avec des ateliers abordant tous les domaines, une immersion forte en entreprise et la possibilité d’un diplôme (généralement le premier) à des personnes marginalisées et/ou éloignées de l’emploi et en leur donnant les ressources et outils adaptés pour bien s’y préparer, elle permet une réinsertion sociale durable de ces personnes et lutte contre la récidive des personnes sortant de prison.

Ce dispositif est un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) au caractère innovant qui a la particularité de favoriser la réinsertion sociale et professionnelle de jeunes sortants de prison par le suivi d’une formation diplômante en restauration. Le diplôme préparé est le titre professionnel d’agent de restauration (Code RNCP : 280). Ce projet répond à la fois aux besoins de formation et de diplômes des personnes en lien avec la justice et favorise l’insertion professionnelle de ce public en les positionnant sur un secteur d’activité très en demande, en l’occurrence la restauration collective.

L’Atelier existe depuis 2009 à Paris, 2012 à Aubervilliers (93) et 2015 à Amiens (80). Les personnes (3 groupes de 15 personnes/an) sont recrutées en CDI à temps partiel (26 H/sem) qui dure de 9 à 11 mois. Pendant cette période, les salariés en insertion alternent entre des périodes de formation dans un centre de formation partenaire, des périodes d’immersions en entreprises et des sessions d’accompagnement socio-éducatif à l’Îlot.

Les premières semaines qui suivent la sortie sont cruciales, c’est pourquoi, l’association tient à organiser en début de stage des temps pour rompre avec le milieu carcéral, développer des relations d’entraide avec les autres participants, changer d’image et reprendre confiance en soi. Un stage en mer peut notamment être proposé avec l’association des amis de jeudi dimanche, durant lequel les futurs stagiaires vont trouver leur place dans un groupe, loin de l’univers dans lequel ils ont évolué pendant leurs peines de prison.

L’Atelier se présente comme un « sas » ou une passerelle entre la vie en détention à la vie en milieu ouvert. Il permet aux personnes recrutées en fin de peine de consolider leur projet de réinsertion tout en bénéficiant de revenus suffisants et réguliers, indispensables pour envisager sérieusement un nouveau départ.

Il s’agit pour elles d’acquérir, en fin de parcours :

  • une plus grande stabilité personnelle et sociale :
  • résolution des difficultés personnelles ou acquisition de davantage d’autonomie et de confiance pour les résoudre, en lien avec des personnes ressources identifiées,
  • ouverture de droits sociaux,
  • bonne connaissance et respect des règles de vie en société et en entreprise…
  • une professionnalisation : développement des savoir-faire et savoir-être,  acquisition d’une expérience significative
  • un titre professionnel d’agent de restauration, reconnu, favorisant l’accès durable à un emploi : le titre d’agent de restauration collective, de niveau V, est  délivré par le Ministère du Travail

Du côté des difficultés rencontrées, notre action est parfois impactée par des lenteurs dans le montage des dossiers de demande d’aménagement de peine et cela malgré de très bons liens avec notre partenaire qu’est l’administration pénitentiaire. D’autres difficultés concernent le rythme du projet qui est basé sur l’alternance et qui demande de tenir un planning soutenu ce qui n’est pas toujours évident pour des gens qui ont été privés de liberté pendant une longue période. Cela demande à nos équipes de faire preuve d’une grande vigilance afin de motiver le groupe sur la durée. Pour finir, l’apprentissage n’est pas toujours évident pour un public qui a majoritairement connu l’échec scolaire et cela même s’ils expriment majoritairement une envie de se former pour s’en sortir.

 

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Quels retours sur le projet AQI l’association peut-elle livrer aujourd’hui?

Nous avons engagé une démarche d’évaluation de l’impact social de ce projet en 2016 grâce au soutien de la Fondation Bettencourt Schueller afin de mesurer l’impact du projet AQI mais également de conceptualiser .

La phase préparatoire de cette étude a permis de définir les 11 thématiques suivantes qui répondent à des réalités de l’accompagnement prodigué par les équipes de l’Îlot et sur lesquelles les personnes ont été interrogées pendant l’étude : droits & démarches, emploi, comportement & codes sociaux, gestion budgétaire, relations avec la Justice, savoirs de base & FLE, santé et addictions, logement, estime de soi, relations familiales et activités & lien social

Pendant l’étude, il nous est apparu que les motivations des personnes à rejoindre notre chantier d’insertion par la formation sont variables d’une personne à l’autre : intérêt pour la restauration, obtention d’un diplôme, aménagement de peine…

Malgré ces différences, il semble que l’expérience AQI permette à tous de déclencher une évolution dans son parcours de vie car elle leur permet une « prise de conscience » professionnelle ou personnelle.

 

 

 

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1 - 2 as 2 á dtaispeáint
  • Signe Gotfridsone's picture
    Lieliski, ka ir tāda organizācija, kas uzticas šiem cilvēkie, kuri ir atbrīvoti no ieslodzījuma un cenšas palīdzēt viņiem apgūt vienkāršus skilus, kas palīdzētu viņiem iegūt darbu. 
  • Kamila Strojnowska's picture
    Uważam że ILOT działający we Francji jest idealną inicjatywą pomagającą nie tylko osobom opuszczającym zakłady karne, ale również osobom odrzuconym przez społeczeństwo. Myślę że w Polsce podobnie funkcjonuje wiele różnych ośrodków, gdzie mogą się zgłosić byli więźniowie, czy osoby z marginesu społecznego, np. w celu znalezienia zakwaterowania po opuszczeniu zakładu penitencjarnego, w celu uczestniczenia w różnego rodzaju szkoleniach podnoszącymi kwalifikacje, czy odnalezieniu pomocy w szukaniu nowej pracy. Według mnie powinno takie stowarzyszenia licznie powstawać i szerzyć pomoc osobom, które najbardziej tego potrzebują.