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FORMATIONS POUR ADULTES, EN LIGNE: L’EXEMPLE DU PROJET SMART ADULT EDUCATION - (INTERVIEW)

Durant la crise sanitaire que nous sommes en trains de vivre, l’accès au numérique, les formations en ligne, le fonctionnement à distance ont été mis en avant. Il a été affirmé, un peu vite que le numérique serait l’avenir pour les différentes formes d’éducation, notamment celle des adultes. Beaucoup a été écrit sur cette thématique. Pourtant il me semble intéressant d’observer comment les éducateurs, les formateurs des autres pays appréhendent cette réalité qui s’installe dans notre paysage éducatif. C’est pourquoi je me suis intéressé au projet SAE ! (Smart Adult Education !:www.smartadulteducation.eu ) qui a réuni des Grecs, des Italiens, des Espagnols et des Roumains. Se décentrer de nos regards habituels est important pour les enjeux futurs de l’éducation numérique en Europe.

Durant la crise sanitaire que nous sommes en trains de vivre, l’accès au numérique, les formations en ligne, le fonctionnement à distance ont été mis en avant. Il a été affirmé, un peu vite que le numérique serait l’avenir pour les différentes formes d’éducation, notamment celle des adultes. Beaucoup a été écrit sur cette thématique. Pourtant il me semble intéressant d’observer comment les éducateurs, les formateurs des autres pays appréhendent cette réalité qui s’installe dans notre paysage éducatif. C’est pourquoi je me suis intéressé au projet SAE ! (Smart Adult Education !) qui a réuni des Grecs, des Italiens, des Espagnols et des Roumains. Se décentrer de nos regards habituels est important pour les enjeux futurs de l’éducation numérique en Europe.

 

www.smartadulteducation.eu

Vassiliki TSEKOURAS, la responsable Grecque de DAFNI KEK, association installée à Patras a répondu à nos questions. Elle a également demandé l’avis à ARETES, organisme porteur du projet SAE !

David LOPEZ : Depuis le début de la pandémie, la formation en ligne a été privilégiée. Quels sont les principaux problèmes que vous avez remarqués, quant à l’efficacité réelle de l’outil ?

La technologie a été mise en avant comme une nouvelle condition pour communiquer, pour apprendre, pour échanger. Pourtant cette utilisation massive et mal contrôlée a révélé des dysfonctionnements et des manques. Par exemple, en Grèce, les Ministères ont accéléré l’utilisation de structures existantes comme les plates formes de E-learning connectées au réseau scolaire panhéllenique. Donc, très rapidement, ces services et infrastructures ont répondu aux besoins de l’éducation formelle, à tous les niveaux d’apprentissage.

En revanche pour l’éducation non formelle, il n’y a pas eu de planification centralisée en direction des apprenants. Un appel a été fait à tous les prestataires de formation et d’éducation tout au long de la vie, pour qu’ils développent des cours en ligne, via des plateformes numériques. Pour autant, il n’y a pas eu, et il n’y a toujours pas de cadre clair pour aller au-delà de la technologie, pour renforcer des contenus éducatifs en ligne (contenus, formes utilisées, interactivité, place active de l’apprenant). Nous avons constaté une faible qualité des matériaux de formation fournis, des formes de présentations anachroniques, un manque d’interactivité et de stratégie de motivations pour aller vers des apprentissages plus « autogestionnaires ».

Le faible niveau des compétences numériques des utilisateurs a été mis en évidence. Il est encore plus faible si les utilisateurs sont peu qualifiés. La norme développée au début a été de permettre l’utilisation internet pour pouvoir trouver des informations faciles à « digérer ». On a préféré cette facilité à l’acquisition de processus d’apprentissages cognitifs, plus délibérés et plus systématiques.

Même les éducateurs formés en compétences numériques depuis quelques années n’ont pas semblés être préparés. Ils ne savaient pas avoir un usage systématique des apprentissages en ligne. Ils n’étaient pas formés aux nouveautés récentes des formations en ligne. Surtout, ils n’avaient pas une appréhension claire de ce que signifie être un formateur en ligne.

Tout ceci a créé de l’embarras chez les formateurs et les formés, pour ne pas dire de l’anxiété.

J’aimerais insister sur ce point. Il faut pour l’avenir développer des formations initiales et continues pour les éducateurs et les enseignants, afin qu’ils sachent comment créer des ressources intéressantes et attrayantes pour les apprenants, tout en en faisant des utilisateurs actifs des moyens technologiques.

Les formateurs et éducateurs doivent comprendre et maîtriser la différence qui existe entre « enseignement en face à face » et « enseignement en ligne ».  Le rôle de la préparation est fondamental : stratégies pédagogiques, sélection des contenus, utilisation de ressources multiples, méthodes interactives et multiples d’évaluation formative, communication enfin.

Un autre point essentiel est la certification des formations en ligne. Les utilisateurs plus âgés pensent qu’il ne peut y avoir de certification en ligne.

Nous devons aussi prendre en considération certains obstacles qui peuvent entraver la participation des adultes. Pour la favoriser, nous devons nous assurer qu’ils disposent des moyens numériques en ligne. En période de pandémie, les transports sont restreints, les bibliothèques ou centres communautaires ne sont pas ouverts. C’est dans ces lieux que certains bénéficiaient des accès numériques. Chez certaines familles, il n’y a pas de possibilités d’autres types d’accès.

Enfin, concernant les éducateurs, ils doivent aussi disposer des outils nécessaires pour rendre leur travail opérant. Nous avons aussi voulu clarifier le terme « d’éducation durable et continue ».

Pour moi, pour nous, cela signifie fournir aux éducateurs des connaissances et des mises à jour pour exercer leur action et pouvoir être dans la période. Les éducateurs ne sont pas juste un « moyen humain » qui doit se former pour faire face aux besoins de la production. Ils sont aussi des personnes créatives qui doivent se développer en respectant leurs limites, leurs besoins et leurs capacités.

 

POUR UNE EDUCATION NUMERIQUE EFFICACE, LES PROBLEMES A RESOUDRE SONT :

  • un manque d’infrastructures numériques: de réseaux insuffisants, notamment dans les régions du Sud de Grèce; un manque d’appareils adéquats pour les apprenants (et en particulier les adultes). On retrouve cette situation dans d’autres pays.
  • une résistance culturelle des formateurs à utiliser les plateformes numériques;
  • une faible préparation générale des formateurs à utiliser de manière créative et efficace les plateformes disponibles pour créer des activités d’apprentissage numérique innovantes;
  • une mauvaise connaissance du fonctionnement du cadre d’apprentissage éducatif et numérique.

 

David LOPEZ : Les méthodologies de formation doivent-elles être modifiées pour entrer dans le monde numérique ? Si oui, quels sont les principaux défis ?

Nous pourrions avoir de nouvelles approches pour offrir une éducation en ligne de manière plus holistique. Trois méthodes principales sont utilisées pour un apprentissage intégré à la technologie : l’apprentissage synchrone,  asynchrone et mixte.

Formation synchroneDans une formation synchrone, l'échange avec les autres apprenants ou avec les tuteurs s'effectue en temps réel, par chat, par web-conférence ou par visioconférence.  Les formations synchrones permettent également de partager des applications et d'interagir sur celles-ci au moment où le tuteur leur donne la main sur le document partagé.

 

Formation asynchroneDans une formation asynchrone, l'échange avec les autres apprenants ou avec les tuteurs s'effectue via des modes de communication ne nécessitant pas de connexion simultanée. Il peut s'agir de forums de discussion ou bien encore de l'échange de mèls.

Références :http://eduscol.education.fr/superieur/glossaire

 

 

Au fond, avant l’épidémie, c’est l’apprentissage mixte qui était le plus utilisé, car il offrait la possibilité de surmonter des barrières ou des malentendus générés par les deux autres apprentissages. Pendant la période pandémique, nous avons eu besoin de méthodes proches de l’option « face à face ». L’option synchrone de la formation devrait progresser pour être plus centrée sur les personnes. Nous avons également besoin de cours et de ressources éducatives plus attrayants (utilisant des couleurs, des questions, des hypermédias, pour combiner des motifs textuels, visuels et acoustiques).

Je voudrais aussi donner la parole au porteur du projet, ARETES (Italie).

« Les méthodologies ont dû changer en partie, mais ces changements, non prévus ni préparés à l’avance, ont été vécus par les formateurs avec des degrés d’efficacité multiples. Le principal défi à relever est de changer l’approche de la formation. Les médias numériques proposent des logiques cognitives et affectives différentes du passé. Ce que nous avons testé durant le projet SAE ! avec le simulateur Smarty est une première étape innovante, en souhaitant attribuer un rôle plus important à la dimension affective dans les processus de formation. Parmi les défis à venir, nous devons mettre en place des mises à jour continues pour permettre aux formateurs d’adapter leurs compétences numériques aux nouveaux formats d’apprentissage. Il faut aussi observer les expérimentations en cours pour modéliser des approches méthodologiques innovantes et les diffuser à grande échelle. Enfin, il faut impliquer activement et ensemble les apprenants et les formateurs pour évaluer les forces et les faiblesses de l’apprentissage numérique. »

David LOPEZ : Qu’avez-vous appris de cette situation nouvelle ? Et comment voyez-vous l’avenir à court et moyen terne ?

Il est certain que le numérique représente une opportunité d’insertion pour les personnes les plus fragiles. Mais les délais d’utilisation et de diffusion des innovations sont trop lents. Le passage de la théorie à la pratique est limité. Les impacts au niveau culturel général sont trop faibles. Ceci crée un écart entre ceux qui peuvent participer à des processus de formation numérique avancés et ceux qui ne peuvent aller au-delà de cours traditionnels. Cette différence peut générer des difficultés, notamment pour les plus fragiles.

L’apprentissage va de pair avec le changement et l’adaptation critique aux nouveaux défis. L’apprentissage est efficace quand les personnes continuent à interagir et ont la capacité à dépasser leurs connaissances, pour aller plus loin.

Cette nouvelle situation peut offrir une forme de démocratisation des opportunités d’apprentissage. Mais cela ne peut se faire que si les personnes sont formées à devenir des utilisateurs critiques. Les « nouveaux éducateurs » doivent pouvoir révéler les connaissances cachées, oubliées et la capacité à être créatif dans tous les moments. Cette double position est un réel défi.

Il faut accompagner les formateurs, les éducateurs dans ces nouvelles transitions. Car les formateurs ne peuvent en aucun cas être remplacés par du matériel numérique. Le contact en face à face est essentiel à un moment ou un autre.

 

Propos recueillis par David LOPEZ

 

LE PROJET SAE !

Smart Adulte Education ! veut renforcer l’inclusion sociale et professionnelle des adultes avec des faibles qualifications, en développant et mettant à jour les compétences professionnelles des éducateurs pour transmettre des compétences alphabétiques, mathématiques, transversales ET NUMERIQUES. Les compétences professionnelles nécessitent des outils innovants et hétérogènes, ainsi que des méthodologies pour favoriser des stratégies individuelles d’apprentissage, pour aider les adultes à évaluer les compétences acquises durant leur vie, pour identifier et développer des besoins de formation en lien avec les buts de la vie.

www.smartadulteducation.eu

 

 

LES PROTAGONISTES

 

DAFNI KEK (Grèce) est un organisme de formation professionnelle et d’éducation et de formation tout au long de la vie créé en 1996. En 2020, à cause de différentes circonstances, l’association a décidé d’être un lieu ressources pour les différents organismes de formation en promouvant des outils et des méthodologies formatives issues des différents programmes européens.  https://www.kekdafni.gr/en/

 

ARETES (Italie) est le coordonnateur du projet. C’est un centre de recherche, de communication et de ressources qui propose des méthodes d’intervention participative innovantes. C’est un réseau de professionnels agissant dans la définition et le développement de méthodes innovantes pour résoudre des questions d’organismes publics et privés du secteur social et médico-social. https://www.aretes.it/

 

 

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