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EPALE - ríomhArdán d’Fhoghlaim Aosach san Eoraip

Blag

La concurrence encourage-t-elle la qualité en matière d'éducation des adultes?

20/11/2015
ag Rumen HALACHEV
Teanga: FR
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Competition

Eva Andersson, maître de conférences à l'Université de Göteborg, département de l'éducation et de l'enseignement spécialisé, en Suède, se penche sur les questions clés

Exposer des services tels que l'éducation des adultes à la concurrence soulève la polémique. La concurrence est considérée comme un moyen économiquement rentable d'encourager la qualité. Avoir plusieurs prestataires est aussi perçu comme un moyen de favoriser la qualité car les étudiants ont ainsi accès à un choix plus étendu. Mais ceci est vrai uniquement si les étudiants peuvent choisir entre différents prestataires. Et ceci est vrai uniquement si les prestataires sont réellement différents. Et ceci est vrai uniquement si les coûts diminuent sans que la qualité en soit affectée.

Prenons un exemple : ces deux dernières décennies, l'éducation des adultes s'est imposée sur le marché en Suède et aujourd'hui près des deux-tiers des municipalités suédoises achètent tout ou une partie des places d'étudiants. Cette tendance a commencé en 1997 avec l'initiative suédoise en faveur de l'éducation des adultes. En 1999, près de 20 % du marché de l'éducation des adultes était acheté auprès de prestataires ne faisant pas partie des municipalités. En 2014, ce taux a atteint 45 %, davantage dans les grandes villes et moins dans les zones rurales.

Entre 1999 et 2014 le nombre d'étudiants à plein temps par professeur à plein temps est passé de 28 à 38. Le taux de professeurs à temps partiel a quant à lui diminué. Si on observe les différents postes de dépense, les frais pour l'aide sociale étudiant n'ont augmenté que de 30 % et les frais d'enseignement de 67 % alors que le poste « autres dépenses » a présenté une augmentation de 93 %. La question qui se pose est : qu'est-ce qui est inclus dans ces autres dépenses ?

Des réglementations et des lois nationales sont en place pour garantir une certaine qualité et équivalence, et les municipalités précisent également leurs exigences dans leurs appels d'offres. Les prestataires doivent donc adapter leurs propositions en conséquence et s'appliquer à donner une description détaillée et documentée de leurs « produits » et systèmes de qualité. De leur côté, les municipalités doivent procéder à une analyse approfondie des dossiers afin d'évaluer ceux qui sont les plus pertinents avant de prendre une décision. Les économistes appellent ces frais les coûts de transaction, que l'on retrouve dans les études sur les quasi-marchés dans le domaine du financement de l'éducation. Le problème est que ces coûts peuvent représenter une charge trop lourde pour les petits prestataires, et les empêcher de faire une offre. Ces coûts de transaction expliquent-ils aussi la hausse des « autres dépenses » dans le cas spécifique de l'éducation des adultes ?

L'autre question est de savoir si l'aide sociale étudiant est toujours considérée comme un facteur de qualité important malgré la situation vulnérable à laquelle nombre d'étudiants adultes sont confrontés de nos jours. Dans quelle mesure ce critère apparaît-il dans les appels d'offres ?

Les prestataires de l'éducation des adultes fonctionnent selon des conditions semblables à celles des autres entreprises, car quel que soit leur statut - public, privé ou organisation à but non lucratif - ils sont en général confrontés à une forme de concurrence. Outre le prix, les prestataires rivalisent sur la base des formes d'étude, de la didactique, du contenu, de la qualité et des qualifications des enseignants, et des localités, tout étant formulé en termes de qualité.

Mais souvent les appels d'offres sont spécifiés de telle sorte que tous les prestataires, indépendamment de leur expérience, doivent être capables de fournir les mêmes services, par ex., dans le cas des formes d'étude, de fournir un programme d'enseignement à la fois flexible, mixte et sur campus. Il existe des exemples d'écoles par correspondance qui organisent de nos jours un enseignement sur campus, des organismes d'éducation populaire pour adultes qui proposent une éducation formelle pour adultes comportant des programmes de cours avec crédit, et des entreprises faisant autrefois partie de la formation professionnelle qui organisent des cours de nature générale. Y a-t-il un problème ? Cela dépend si des études d'évaluation peuvent confirmer que ces prestataires généralistes font mieux que des formateurs plus spécialisés. Du point de vue des étudiants, aucun choix n'est offert dans la pratique car les municipalités se limitent souvent à acheter une seule forme d'enseignement auprès de chaque prestataire, par exemple un certain type de formation professionnelle, au moins dans les plus petites municipalités.

Les enseignants sont les principaux acteurs, dans toutes les formes d'éducation. Ils sont supposés transmettre la philosophie d'apprentissage, la didactique, la forme d'étude, pour ainsi dire le « concept » des employeurs. Mais si un prestataire perd un contrat, des enseignants risquent de se retrouver au chômage, ce qui peut rendre anxieux même l'enseignant le plus professionnel et l'inciter à se préoccuper davantage de sa propre situation plutôt que de concevoir un bon programme d'apprentissage. D'un autre côté, dans le domaine de l'éducation des adultes les enseignants ayant un bon niveau d'instruction formelle et expérimentés sont rares sur le marché et ils ont de bonnes chances d'être embauchés par le nouveau « gagnant ». Mais changeront-ils leur méthode d'enseignement si le nouveau prestataire suit une autre philosophie éducative ?

Les marchés sont traditionnellement caractérisés par des entreprises essayant de tenir leurs pratiques commerciales secrètes. Dans l'éducation, il est difficile de tenir un secret. Au contraire, les prestataires ont tendance à rebaptiser d'anciens outils didactiques pour mettre en valeur un « concept » de leur cru. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles il existe des centaines de noms désignant le travail en groupe et le travail d'un étudiant. Dans quelle mesure ces « concepts » diffèrent-ils si on les examine en détail ?

Par opposition, EPALE est une plateforme fondée sur le partage. Les exemples de bonne pratique sont supposés être diffusés et utilisés par des professionnels en Europe. Mais n'est-il pas possible que les prestataires de l'éducation des adultes déposent une demande d'agrément plutôt que laisser les autres mettre leurs idées en application ? Ou la diffusion des idées est-elle un concept à succès en soi dont il est possible de tirer profit dans une situation concurrentielle ?

En fin de compte, est-ce que l'idéologie du marché en vaut le prix ? C'est à vous de répondre !

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