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Blag

Anya Feltreuter partage avec la communauté un récit tout droit venu de Suède

29/06/2020
ag Camille POIRAUD
Teanga: FR
Document available also in: EN PL

Anya Feltreuter

[Ce texte a été publié en anglais par l'équipe EPALE européenne. Il a été traduit en français par EPALE France.]

 

Je suis diplômée de l'École suédoise de bibliothéconomie et de sciences de l'information de l'Université de Borås, en Suède, et je travaille dans des bibliothèques depuis 13 ans. J’ai exercé 5 ans en tant que bibliothécaire et 8 ans en tant que directrice de bibliothèque. Je suis actuellement directrice de la bibliothèque publique de Mjolby, en Suède, et présidente de la section gestion et marketing de l'IFLA (Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques). J'écris des articles pour EPALE depuis un peu plus d'un an.
La plupart des bibliothèques publiques suédoises sont restées ouvertes pendant la période d’urgence liée au coronavirus, y compris la mienne, la bibliothèque publique de Mjölby. Nous avons imposé plusieurs restrictions afin de protéger notre personnel et nos clients. Nous avons également été « forcés » de changer nos méthodes de travail habituelles et de sortir des sentiers battus. Lorsque la crise sera terminée, une chose est sûre, c’est que tout ne se passera plus forcément comme avant.

Les bibliothèques pendant la crise du Coronavirus

La publication du rapport Demokratins skattkammare – förslag till en nationell biblioteksstrategi [Le coffre au trésor de la démocratie - une proposition pour une stratégie nationale des bibliothèques] a suscité un grand débat sur le rôle des bibliothèques en période de crise. Et aujourd’hui, la crise est bel et bien là. La pandémie de Coronavirus a conduit les bibliothèques, et toutes les autres organisations, à devoir repenser leurs activités et se réinventer. Les bibliothèques publiques sont habituées à adapter leurs activités au gré des circonstances sociétales. Elles se sont montrées très réactives pendant la crise des réfugiés de 2015-2016 : elles ont lancé de nouvelles activités, modifié les heures d'ouverture et mis au point des routines afin de gérer les sans-papiers.
Si la situation de 2015-2016 n’a rien à voir avec celle de 2020, il y a tout de même de nombreuses similitudes. Peu de temps après la déclaration de la pandémie, le groupe Facebook Bibliotek i Coronakris [Bibliothèques pendant la crise du coronavirus] a été créé. Le personnel des bibliothèques de toute la Suède y partage ses idées et ses expériences en matière d'activités de sensibilisation destinées à nos utilisateurs. Le concept « à emporter » s'est rapidement imposé en Suède. Toute personne qui ne peut ou ne souhaite pas se rendre en personne à la bibliothèque peut contacter un bibliothécaire qui se chargera de rassembler les ressources demandées pour ensuite venir les récupérer à l’extérieur de la bibliothèque. Dans certaines municipalités, les bibliothèques publiques sont même allées plus loin en livrant directement chez les personnes les ressources demandées. La bibliothèque d'Ödeshög fait partie de celles qui offrent un service de livraison à domicile, malgré l’effectif réduit de son personnel.

Récits contés par le biais du numérique, pièces de théâtre en direct, et pourquoi pas un goûter numérique ? Livres électroniques, magazines numériques ou films en streaming ? Les possibilités offertes aux lecteurs numériques sont infinies.

Si certaines bibliothèques publiques en Suède ont fermé, la plupart restent néanmoins ouvertes et ont introduit des mesures pour réduire les risques. La situation est différente selon les pays. Dans une grande partie de l'Europe, les restaurants, magasins, écoles et bibliothèques sont fermés. Les restrictions varient d'un pays à l'autre ; certains ont autorisé le concept « à emporter », alors que d'autres ont complètement interdit aux habitants de marcher dans la rue. En Estonie, toutes les bibliothèques sont fermées, mais beaucoup proposent des services à emporter. La bibliothèque centrale de Tallinn a mis sa collection de livres électroniques à la disposition de tous les citoyens estoniens. Cependant, selon Kristas Vistas de la bibliothèque centrale de Pärnu, beaucoup se sont lassés du format numérique et veulent retrouver le papier. Elle ajoute que la fermeture des bibliothèques est un problème majeur pour les personnes qui n’ont pas accès à Internet ou qui n'ont pas d'ordinateur ou de smartphone chez elles. De nombreux « habitués » de la bibliothèque n’ont toujours pas pu payer leurs factures car c’est le seul endroit où ils ont accès à un ordinateur. C'est dans des moments comme celui-ci que nous voyons à quel point les bibliothèques sont importantes pour les gens, dit-elle. Kristas mentionne également que de nombreux enfants ont commencé à lire davantage, c’est là l’un des effets positifs des fermetures dans de nombreux domaines dans le reste de la société.
Une bibliothécaire qui travaille dans une bibliothèque universitaire de l'ouest de l'Écosse raconte une histoire similaire. L'université a fermé et tout le personnel est en télétravail. Les étudiants essaient de poursuivre leur cursus à distance, mais beaucoup d'entre eux n'ont pas d'ordinateur à la maison et n'ont pas forcément assez de données sur leur téléphone portable pour pouvoir étudier de manière optimale. L'université a prêté un ordinateur à certains étudiants, mais malheureusement il n’y en a pas assez pour tout le monde. La situation est particulièrement difficile pour les étudiants qui essaient d'apprendre l'anglais, m’a confié ma collègue écossaise. Pour réaliser le défi de lecture mis en place avec les étudiants qui ont besoin d'apprendre la langue, elle utilise à la fois les e-mails et Zoom pour les guider. J’aime beaucoup Zoom car on peut partager nos écrans et avoir des réunions plus personnelles, explique-t-elle.

Dans ma propre municipalité, Mjölby, toutes nos bibliothèques sont encore ouvertes. Après Pâques, nous avons toutefois limité les heures d'ouverture afin que le personnel de la bibliothèque puisse être temporairement affecté à des services de soins, où il manque cruellement de personnel. Faire le grand écart entre le travail de bibliothécaire et celui de soignant peut sembler surprenant, mais les deux métiers impliquent un rapport aux autres.

Le personnel de la bibliothèque jonglait entre foyers et maisons de retraite pour passer la journée auprès des résidents âgés et apporter son aide dans diverses tâches, notamment, le ménage, la lessive et les courses, ainsi que des activités de loisirs.

Avec le coronavirus, les habitants de Mjölby connaissent désormais beaucoup mieux les différentes formes de lecture qui s'offrent à eux. Livres audio, livres en ligne et livres en gros caractères - une personne qui, pour une raison ou une autre, ne peut pas lire un livre ordinaire dispose en fait de nombreux moyens, et le personnel de la bibliothèque saisit naturellement toutes les occasions qui se présentent pour en faire part à ses nouveaux publics cibles !

 


 

Nous sommes impatients de lire votre témoignage. N’attendez plus pour partager votre histoire !

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1 - 1 as 1 á dtaispeáint
  • Karolina Suska's picture
    Brawo dla Szweckich biblio_inicjatyw, pomysł na działania opiekuńcze też jest bardzo interesujący! W czasie pandemii, można zauważyć, że polskie biblioteki też wykazują się dużą kreatywnością. Oprócz prac wewnętrznych szyją maski, organizują akcje społeczne np. "Ciasto dla medyków" i różne spotkania kulturalne i czytelnicze online.