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EPALE - ríomhArdán d’Fhoghlaim Aosach san Eoraip

Blag

Entretien avec Ildiko Simon - CROMO et VICTUM

27/04/2020
ag EPALE Moderator
Teanga: FR
Document available also in: EN EL DE

EPALE interview Ildiko

[Traduction (anglais - français) : EPALE France]

Quel est votre parcours ?

Travaillant comme formatrice depuis l'âge de 21 ans, j'ai consacré toute ma vie à l'éducation, avec une approche globale et toujours plus structurée.
La chute du régime socialiste en Hongrie a ouvert de grandes perspectives aux personnes désireuses de changement et ouvertes d'esprit. À l’époque, les mots « formation » et « communauté » nous paraissaient presque dénués de sens, car nous n'étions pas prêts à les placer dans le bon contexte. Il a effectivement fallu remodeler l'ensemble du contexte. C'est un peu comme si on nous avait donné une page blanche, sans directives, ni normes.
C’est ainsi qu’en tant que jeune femme avide d'explorer les programmes de formation, j'ai commencé à participer à de nombreux cours de formation tout en voyageant dans de nombreux endroits différents, où le mot « communauté » revêt une signification très concrète. J'ai voyagé en Inde, en Afrique, au Royaume-Uni et aux États-Unis pour vivre et apprendre au maximum. Sur des continents comme l'Afrique, les gens ont parfaitement saisi le sens du mot « communauté » car la pauvreté est telle qu'ils sont conscients de ne pas pouvoir survivre seuls.
J'ai suivi une formation de travailleur social et de thérapeute en psychodrame. Cela m'a permis de développer mon approche personnelle de la formation en combinant la psychologie et des approches pratiques basées sur l'expérience et l'utilisation de la technologie. Qu'est-ce qui caractérise mon travail ? Je dirais que je cherche à intégrer dans mes formations les influences orientales, occidentales et méridionales.

Parlez-nous un peu plus de votre méthodologie.

J’aimerais d’abord préciser qu’il n’est pas seulement question de formation. Les cours de formation, les ateliers et les réunions nécessitent tous des approches différentes et doivent être réalisés selon des méthodologies différentes. Je suis très rigoureuse quant à la définition des compétences et du développement des capacités.
J'ai mis au point une pyramide d'apprentissage à trois niveaux :
- la base de la pyramide correspond au CHANGEMENT D'ATTITUDE qui permet de nourrir les 2 ou 3 principaux points que vous voulez traiter
- le niveau intermédiaire concerne les compétences que vous devez développer pour pouvoir changer d’attitude (COMPÉTENCES À DÉVELOPPER)
- et enfin le sommet de la pyramide représente les THÉORIES ET MODÈLES nécessaires pour développer les attitudes et compétences clés que vous souhaitez.

N'oublions pas que les gens ont des styles d'apprentissage très différents. À mon sens, il y en a quatre : les théoriciens, les militants, les observateurs et les pragmatiques. Cela signifie qu'avant chaque session de formation, j'indique clairement quels sont les résultats attendus et les différents styles d'apprentissage des participants. Les participants rejoignent les sessions de formation à différents stades du processus d'apprentissage : certains sont totalement débutants (ils ne savent pas qu'ils ne savent pas), d'autres ont au moins une vague idée du sujet (ils savent ce qu'ils ne savent pas), tandis que d'autres souhaitent peut-être améliorer leurs compétences (ils savent ce qu'ils savent). Et enfin, vous avez le plus haut niveau de conscience : ceux qui ont une idée de ce qu'ils ne savent pas.
Tout ça pour dire que le simple fait d'avoir un tableau de conférence ne fait pas de vous un formateur !


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Comment contribuez-vous à rendre la société hongroise plus impliquée et plus active ?

Comme le veut la mission de la Cromo Foundation, nous concevons et développons depuis 2002 différents outils pour impliquer la population locale. Notre travail comprend notamment la formation à la participation active, la mise en place d'ateliers pour partager les bonnes pratiques de la Hongrie et de l'Europe, ainsi que l'organisation et la conduite de forums locaux comme la Rencontre du jury de citoyens en appliquant, par exemple, des méthodes de co-création afin de rassembler les populations et les autorités locales pour résoudre des problèmes locaux avec des ressources locales. Parallèlement à Cromo, je travaille avec Victum, une société qui cherche à intégrer l'éducation des adultes dans le secteur économique. Elle s'adresse aux entrepreneurs et met l'accent sur le développement professionnel.
Au cours des quatre dernières années, Cromo s'est rapproché des jeunes (15-20 ans) dans le but de les mobiliser au niveau local et de les inciter à réfléchir et à s'impliquer activement dans la définition et la résolution des problèmes locaux. Cette initiative vise à encourager les adultes à s'engager davantage dans les questions locales, avec la conviction que les problèmes et la vie des jeunes peuvent permettre de mobiliser davantage les parents, les enseignants, les décideurs et autres parties prenantes.

                
Quelle est la clé pour mobiliser les personnes marginalisées ou vivant dans les zones rurales ?

Pour maximiser le niveau de participation des personnes vivant dans les zones rurales, l'une des clés consiste à identifier les questions susceptibles de rassembler un grand nombre de personnes. Voici quelques exemples :

  • Qu'est-ce qui peut décourager les habitants des villages/villes à déménager à l'étranger et/ou dans les grandes villes ?
  • Comment les ressources locales peuvent-elles être utilisées pour favoriser le développement durable de la localité ?
  • Comment la communauté peut-elle vivre en harmonie avec les minorités ethniques (principalement, avec les communautés roms) ?
  • Comment la communauté peut-elle devenir plus inclusive et plus tolérante à l'égard des migrations et des migrants ?

Autre élément clé : encourager la participation des autorités locales, en particulier des maires. Bien souvent, cette démarche s'avère fructueuse et les maires font preuve d'un engagement continu en faveur du projet. Cependant, dans certains cas, ils ne répondent même pas à notre proposition. La société hongroise est profondément divisée sur le plan des orientations politiques, et les maires des communes ont été supervisés par les entités politiques centrales, surtout entre 2010 et 2019.
La Fondation Cromo fait partie de plusieurs projets européens tels que le programme Erasmus+, ainsi que de nombreux projets dans le domaine des
migrations, visant à impliquer les autorités locales dans la gestion des campagnes de communication et l'organisation d'événements destinés à promouvoir l'inclusion et la tolérance.

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Quelle valeur ajoutée le programme Erasmus+ apporte-t-il à la mise en œuvre de votre stratégie ?

Je voudrais souligner deux aspects majeurs.
Premier aspect positif : le fait que les connaissances sont transférées directement aux utilisateurs finaux et que les contributions et le contenu de la formation proviennent directement des groupes cibles. Ce partage et cet échange de connaissances ne seraient pas possibles sans une participation active. Les théoriciens doivent interagir avec les gens, donc sans eux rien ne serait possible. Il s'agit de renforcer les contacts personnels, les connexions et les expériences.
Deuxième aspect positif : les personnes marginalisées (qu'il s'agisse de Roms ou de personnes vivant dans des zones rurales) n'auraient jamais eu la chance de voyager, de participer ni d'interagir sans le programme Erasmus+. Pour beaucoup, Erasmus+ est leur seul accès aux réseaux de socialisation et aux autres cultures ainsi que leur seule chance de voyager à l'étranger.
C'est à mes yeux ce qui est le plus important.
Mais cela dit, il ne faut pas négliger le problème de la barrière linguistique. Les personnes marginalisées ont du mal à comprendre et à s'exprimer en anglais, c'est pourquoi je pense qu'il faudrait déployer davantage d'efforts pour impliquer des interprètes locaux afin de garantir que ces groupes marginalisés puissent avoir accès à ces opportunités.


Le développement et la mobilité des communautés sont-ils encore possibles en ces temps d'isolement forcé ?

Le coronavirus nous a obligés à réagir, à utiliser la technologie et à passer davantage au numérique... il nous a tous pris au dépourvu. Aujourd'hui plus que jamais nous comprenons pourquoi l'alphabétisation numérique est si nécessaire. La mobilité a laissé place à la mobilité virtuelle. Nous devrons peut-être même réimaginer l'avenir de la mobilité elle-même.
Forts de notre expérience personnelle de ces dernières semaines, nous avons commencé à développer des outils en ligne pour poursuivre notre travail en lançant et en formant les autorités et les communautés locales à l'utilisation d'un service Google gratuit ainsi que d'autres services. Nous n'en sommes encore qu'au début et nous commençons tout juste à tester les outils. Avec le confinement, les gens se montrent plus ouverts aux modes d'interaction en ligne, c'est pourquoi nous sommes convaincus que ces outils ont toutes les chances de se populariser et de révéler toute leur utilité. Les Hongrois sont généralement réticents à l’idée d’utiliser les outils en ligne, à l'exception de Facebook, à des fins de discussion, de formation et de réunion. Ils préfèrent plutôt utiliser ces outils pour un usage privé. Pour devenir des citoyens plus actifs, les gens ont besoin d'être formés à vie à l'utilisation de ces outils, ils doivent avoir des compétences numériques tout au long de leur vie et, lorsqu'ils disposent de différents niveaux et possibilités, ils doivent penser et agir en tant que citoyens actifs, même si cela reste un terrain méconnu pour la plupart des Hongrois. Notre nouvelle initiative « Citizens Watchdog Network », par exemple, voudrait impliquer la population locale et les autorités là où le maire et les représentants locaux ont promis d'être plus ouverts à l'engagement et à la participation des citoyens. Ce projet doit de toute façon être mené en ligne par le biais de groupes Facebook.

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1 - 2 as 2 á dtaispeáint
  • Christine Bertram's picture
    "People come to the sessions at different stages of the learning process; some are total beginners (they do not know that they do not know) others have at least some idea of the subject (they know what they do not know), while others may want to improve their skills (they know what they know). And finally, you have those who have an idea of what they do not know, and this is the highest level of awareness."

    The two statements in bold: are they not the same types then? They both have an idea of what they do not know? Could you clarify this, please? I find this classification quite interesting.
  • Ildiko Simon's picture
    Dear Christina, thank you very much for your comment. I will ask editor to change the classification as followings:

    beginners (they do not know what they do not know), next stage is they know what they do not know and the third is they know what they know.

    If you have any question or wish to contact me, please write me here: ildiko.simon@victum.hu

    Have a nice week, Ildiko