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EPALE - ríomhArdán d’Fhoghlaim Aosach san Eoraip

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Se former et être accompagné pendant et après le Covid-19 : quels enjeux et réponses en terme d'innovation ?

30/03/2020
ag André Chauvet
Teanga: FR
Document available also in: RO HR EN DE

Se former et être accompagné pendant et après le Covid-19 :

Article 1 : quels enjeux et réponses en terme d'innovation ?

Avec la pandémie en cours qui impacte la planète entière et dont les conséquences sont difficilement prévisibles à ce jour, parler de formation et d’accompagnement peut paraître dérisoire voire décalé. Pourtant, la question de la continuité des activités et des services apparaît partout comme essentielle. D’abord dans la santé et tous les secteurs de services ou de production en lien avec le soin aux personnes. Mais également dans tout ce qui apparaît comme une possibilité de développement pour chacun et comme un enjeu de projection individuelle et collective. Pour nous aider aussi à tirer les leçons de cette période inédite.  Dans cette série de 4 articles, nous traiterons à la fois la question de la continuité du service dans le champ de la formation mais plus spécifiquement de tout ce qui relève de l’activité de conseil (CEP notamment) et d’accompagnement. Nous chercherons à donner la parole aux professionnels et réseaux afin de voir concrètement comment ils font face, ce qu’ils ont initié et les perspectives que cette situation inédite ouvre pour eux. 

 

Continuité dans la rupture ?

La question de la continuité pédagogique s’est invitée dans les débats pour tous les acteurs avec une complexité et une intensité jamais connues. C’est que la décision de confinement a été vécue comme brutale et a mis en évidence la difficulté à changer radicalement de modalités de service dans des environnements où le présentiel est central. Cela pose de nombreuses questions. Et tous les acteurs se sont mobilisés avec une réactivité admirable même si tous s’accordent à penser qu’une rupture est en cours et que les conséquences multiples sont inconnues. Aujourd’hui, chacun fait face avec les moyens à disposition et l’inventivité nécessaire pour les utiliser au mieux au service des personnes.  Comment garantir une continuité alors même que la discontinuité et la rupture se produisent sous nos yeux ? On l’a perçu dès le début : faire cours à distance, ce n’est pas se contenter d’un Skype ou d’un enregistrement vidéo ; ce n’est pas relever les copies à heure fixe ; ce n’est pas faire un entretien téléphonique à la place d’un entretien de face à face. Ce n’est donc pas faire simplement la même chose avec une autre modalité. C’est bien changer de conception de la construction du savoir. Rien de neuf ? Sauf que la brutalité des évènements ne laisse pas la possibilité d’ajustements progressifs. Sans présentiel, et avec moins d’interactions synchrones, il nous faut jouer sur une architecture associant plusieurs transformations rapides : un accès facilité à des ressources sélectionnées ; des plateformes performantes ; une possibilité d’interactions synchrones plus brèves et personnalisées ; des temps de travail à distance ; des possibilités de travail coopératif...en somme des classes inversées à grande échelle. Cela a bien sûr des conséquences en terme de ressources et de robustesse des réseaux et d’ergonomie des plateformes. Cela pourra se régler sur la durée. Les progrès sur ce plan sont déjà considérables en très peu de temps. Mais cela a aussi des impacts sur la posture du professionnel et de la personne accompagnée ou en formation. La co construction du savoir n’est plus une option mais une nécessité aussi bien en terme de pertinence de réponse qu’en terme pédagogique, de solidarité et d’équité sociale.  

Accélération et innovation ?

Ce qui paraissait hier comme une simple hybridation des modalités de formation ou d’accompagnement, voire pour certains des gadgets technologiques sans intérêt devient la seule option du moment. Cela pose la question du  « bricolage » et d’une inventivité circonstanciels et de la durabilité des options développées. On perçoit bien dans les réactions de certains professionnels que cela relève pour eux d’une dimension transitoire, voire pire, occupationnelle. La continuité ne serait qu’un leurre pour maintenir le lien. Il nous semble important au contraire de considérer ce moment traversé comme une opportunité pédagogique : un terrain d’expérimentation inédit, au quotidien, sans les contraintes formelles. Une innovation à grande échelle : un certain nombre de barrières sont tombées assez vite. On le voit dans la mise à disposition quasi immédiate de très nombreuses ressources pédagogiques en ligne et également un appel à contributions du ministère aux organismes de formation et aux éditeurs de contenu.

Conditions de durabilité ?

On perçoit également que les difficultés ne sont pas les mêmes en fonction des publics. Chaque parent en fait quotidiennement l’expérience sur les plateformes dans l’appui aux enfants. Cela ne s’improvise pas. Et nous avons fait collectivement l’expérience de notre impréparation. Par ailleurs, les systèmes eux-mêmes n’étaient pas configurés pour recevoir tant de sollicitations en si peu de temps. Cela a des conséquences sociales, pédagogiques et techniques. La première est que cette rupture dessert ceux qui sont le plus en difficulté car on leur impose une modalité dont ils n’ont pas encore l’expérience. Et parfois même pour laquelle les conditions techniques d’accès et d’utilisation ne sont pas réunies (accès au réseau, matériel). Il nous faut dans ce moment si particulier, poursuivre l’innovation dans la manière dont nous pouvons entretenir le lien et le soutien avec ce public. Le risque d’une marginalisation accentuée est évident. Si nous ne sommes pas tous protégés de la même manière face au covid-19 (pour rester chez soi, il faut avoir un chez soi), nous ne sommes pas non plus égaux face aux outils numériques. De fait, les conséquences en sont pédagogiques. Des architectures multi modales sont les seules options possibles. Il nous faut développer et inventer encore : cette période de confinement est aussi une opportunité. Mais à certaines conditions. Le risque est notamment de réduire le débat à la question des outils et des réseaux. Il est bien question ici de penser des architectures qui s’appuient sur plusieurs modalités et l’accès à des ressources diversifiées, mais qui intègrent l’enjeu de personnalisation comme central. C’est à cette condition que la question du « pour tous » pourra être prise en compte durablement. Ce qui suppose une vigilance à la fois sur les nécessités techniques (qualité, accessibilité et ergonomie des plateformes)  mais également sur les conditions de l’autonomisation des personnes en situation de formation ou d’accompagnement. Plus globalement, on perçoit de manière accrue dans cette période, la dépendance vis-à-vis de réseaux surchargés, en tension. La question de la durabilité pose aussi celle de la frugalité numérique.

Dans les articles suivants, nous donnerons la parole aux acteurs de terrain qui font face à cette continuité notamment le réseau des Mfreo et les acteurs du Conseil en évolution professionnelle. En n’oubliant pas de porter un regard plus européen sur ces enjeux. Car nous avons collectivement à tirer les leçons de ce que nous vivons pour avancer dans la réflexion sur le développement des compétences tout au long de la vie, pour tous. 

 

 André Chauvet

 

 

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1 - 1 as 1 á dtaispeáint
  • Marija Elena Borg's picture
    Very interesting blog post! 

    Whilst we are currently going through a period of extreme instability, we now know for sure that this will bring major change and innovation to our daily routines, including our work plans and work environments.

    My ideas on a potential post-pandemic scenario are outlined here: https://epale.ec.europa.eu/en/blog/quantum-leap-future-work