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Blag

Les compétences sociales en question en formation et en emploi.

24/07/2019
ag Thierry Ardouin
Teanga: FR
Document available also in: EN DE

 

 

Entretien Madame Amélie Charlet, conseillère formation branche professionnelle ayant réalisé une recherche sur les compétences sociales. 

 

 

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Introduction

 

Bonjour Mme Amélie Charlet, vous venez de valider un Master Sciences de l’éducation « Ingénierie et Conseil en Formation (ICF) à l’université de Rouen Normandie, avec une mission et un mémoire qui vous ont amenée à interroger les compétences sociales. J’aimerais en savoir plus et partager votre expérience et ce travail car ces dimensions interrogent de manière générale la formation des adultes. Ces thèmes sont importants sur la plateforme EPALE.

 

- Pour démarrer, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous même, et nous dire ce qui vous a amené au master « Ingénierie et Conseil en Formation (ICF) ? Et quelle place cela a dans votre parcours ?

Je travaille dans le domaine de la formation depuis 10 ans. A travers différentes expériences professionnelles au sein d’un OPCA puis dans des services RH en entreprises et maintenant comme Conseillère formation au sein de l’organisme de la branche professionnelle de la métallurgie, j’ai développé une vision globale de l’ingénierie de projets formation et du conseil. Valider un master ICF à l’université de Rouen Normandie a alors permis de reconnaître des connaissances acquises par le terrain, d’en acquérir de nouvelles et à prendre de la hauteur sur ma fonction notamment en adoptant une posture compréhensive ou en distinguant trois niveaux stratégique, organisationnel et opérationnel.

 

- Le terme de compétence sociale est de plus en plus présent en formation et dans l’emploi mais il est aussi associé à d’autres termes comme compétence transversales, compétences de base. Quelle définition retenez vous ? et/ou quelles caractéristiques faut il retenir ?

La compétence sociale est la capacité relationnelle détenue par une personne ou encore sa capacité d’intégration. Si l’individu est un être de relation, cette compétence n’est pas forcément innée mais peut se développer ou être mobilisée selon l’emploi ou la formation suivie.

 

- Dans votre travail, vous avez menez une enquête auprès de responsables de formation et des recruteurs, pourquoi avoir choisi ces deux populations ? Que retenez vous de leurs perceptions et/ou analyse ? 

Mon choix s’est porté sur ces deux populations car je pense que la fonction formation et la fonction recrutement sont plus que complémentaires, elles deviennent indissociables. En effet, le contexte de transition de l’emploi lié aux évolutions technologiques et énergétiques implique de nouvelles ingénieries reliant ces deux fonctions. La finalité étant le développement des compétences nécessaires aux besoins des entreprises et à leur recherche accrue de compétitivité.

Les recruteurs sont très attentifs aux compétences sociales. Ils tiennent compte d’un marché de l’emploi sclérosé en procédant à des ajustements en permanence selon l’offre et la demande. Quant aux responsables formation, ils mobilisent les compétences sociales déjà détenues par les candidats. Toutefois, les enquêtés interrogés ont peu livré d’informations liés au développement de ces compétences. Montrant que ce cadre théorique et professionnel reste à investiguer.

 

- D’après votre étude et pour vous, en quoi la question de compétences sociales est importante en formation ? Quelles réflexions (ou préconisations) cela vous amène-t-il ?

Il semble que les compétences sociales sont mobilisées en formation pour mettre en pratique les connaissances acquises. Elles permettraient de créer une forme de cohésion dans un groupe limitant ainsi le risque de désistement par exemple et favorisant l’acquisition des connaissances. Cela soulève des interrogations sur l’évaluation des compétences sociales détenues individuellement et développées collectivement.

 

- Pouvez vous nous donner deux ou trois références qui ont guidées votre travail ?

Pour réaliser mes travaux, je me suis appuyée sur des auteurs de référence. Les ouvrages et articles rédigés par Thierry Ardouin, professeur des universités, m’ont permis de revenir sur l’émergence des notions de compétence et d’ingénierie de formation jusqu’à l’étude d’une définition stabilisée de ces termes[1]. Les travaux du psychologue Daniel Faulx m’ont amenée à identifier la double dimension de la compétence sociale « l’une relevant de la gestion de soi, l’autre de la gestion des interactions avec l’environnement social. »[2].

Enfin, les travaux de Maela Paul[3],Docteur en Sciences de l’éducation ont déclenché chez moi à la fois curiosité intérêt notamment sur la définition de l’accompagnement comme un « être avec » et « aller vers » en le caractérisant à partir de trois dimensions relationnelle, opérationnelle et temporelle/situationnelle.

 

Je vous remercie pour cet échange et votre apport.

 

Entretien réalisé par Thierry Ardouin, 

 

[1]Ardouin, T. « La formation est-elle soluble dans l’ingénierie ? Petite histoire de l’ingénierie de la formation. », Education Permanente n° 157, 2003, pp.13-26

Ardouin, T. Pour une épistémologie de la compétence Savoir en action et acteur de la formation, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2005, pp. 31-49

[2]Colloque « Développer les compétences psychosociales : une nécessité pour la société, un défi pour l’enseignement supérieur ? » animé par D. Faulx

[3]Paul, M.(2012), "L'accompagnement comme posture professionnelle spécifique. L'exemple de l'éducation thérapeutique du patient", Recherche en soins infirmiers, 110(3), 13-20.

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