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Blog

Décryptage et points de vigilance sur le plan d’investissement dans les compétences

01/05/2018
by Frank SAVANN
Langue: FR

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L’annonce de la mesure 7 par Muriel Pénicaud « Les demandeurs d’emploi auront davantage accès à la formation »

Dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences (PIC) :

• Des modules de remise à niveau sur les compétences de base et les savoirs numériques seront systématiquement proposés aux demandeurs d’emploi qui le souhaitent.

• Un million de demandeurs d’emploi peu qualifiés et un million de jeunes éloignés de l’emploi supplémentaires seront formés pendant le quinquennat.

• Dès le 1er mois, les demandeurs d’emploi seront accompagnés pour identifier leurs besoins et aspirations puis accompagnés dans un parcours de formation adapté

 

Décryptage

Le gouvernement d’Edouard Philippe a engagé un « Grand Plan d’Investissement » de 57 milliards, sur la période 2018-2022, articulé autour de 4 priorités :

- Accélérer la transition écologique (20 milliards
- Edifier une société de compétences (15 milliards)
- Ancrer la compétitivité sur l’innovation (13 milliards)
- Construire l’Etat numérique (9 milliards)

La 7ème mesure annoncée par Muriel Pénicaud, parmi les 12 réformant la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage, s’inscrit donc dans le cadre d’un Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) déclinés en 4 chantiers :

- Accès à la formation d’1 million de jeunes « décrocheurs » et d’1 million de demandeurs d’emploi faiblement qualifiés dans le quinquennat,
- Investissement dans de nouveaux outils innovants pour identifier les besoins en compétences des entreprises,
- Développement d’une culture de l’innovation de la formation professionnelle,
- Accès à la « fameuse » application CPF, sans intermédiation, attendue pour septembre 2019 (cf. blog sur la mesure 5).

Le PIC sera notamment mis en œuvre au travers de "Pactes régionaux d’investissement dans les compétences" signés par l'Etat et les Régions, associant les partenaires régionaux. Préparés en 2018, ils se déploieront sur 2019-2022 pour permettre le renouvellement des commandes de formation dans leur contenu et leur ingénierie (1). 

Il s’agit donc « d’édifier une société de compétences » pour se préparer à la transformation des métiers. Comme l’a déclaré Muriel Pénicaud, sur la base d’une étude réalisée par le cabinet Mc Kinsey, 40% des travailleurs sont confrontés à un risque fort d’automatisation de leur métier et 50% des emplois seraient transformés dans les 10 ans.

 

Les pistes de réflexion

L'une des finalités revendiquées par le Plan d'Investissement dans les Compétences est celle de l'évolution accélérée des emplois et des tâches constitutives des emplois. Il s'agit donc de favoriser le développement de compétences pour faire face à ces évolutions. 

Deux premiers points d'attention sont en jeu :

- Le premier est celui de la faible connaissance que nous avons des évolutions effectives et des transformations des tâches et des emplois. Les discours et spéculations sur leurs évolutions sont nombreux, mais le plan doit aussi se préoccuper de l'analyse effective des évolutions, au-delà des traits de surface. Or, on sait depuis longtemps que la GPEC bute sur ces questions, d'autant plus lorsqu'il faut passer de l'analyse des emplois à celle des tâches puis des compétences. Il faut aussi se garder des discours hâtifs tels que les savoirs changent tous les trois ans, et de nouveaux savoirs apparaissent sans cesse. Cela risque de masquer le fait que de nombreux savoirs restent fondamentaux. Dans des domaines nombreux, les savoirs scientifiques, techniques, de métier, demandent au contraire à être davantage sollicités et maîtrisés.
- Le second est la tension entre un plan d'investissement dans les compétences ambitieux et l'accroissement du nombre d'emplois peu qualifiés, amenés à augmenter d'autant plus si les machines prennent en charge la part intelligente de l'action. Comment penser et traiter cela ?

 

Points de vigilance

Comme l'écrivait le philosophe John Dewey, "le but de toute éducation est de développer les capacités de penser",

et l'enjeu d'un plan d'investissement dans les compétences tournées vers l'avenir est de développer les connaissances générales, scientifiques, techniques, de métier, pour que les personnes développent leurs capacités de penser, ce qui est le seul moyen de se préparer à l'incertitude... Donc voilà une belle question pour le plan...

Un autre point important est de penser le plan d'investissement dans les compétences des formateurs et tous professionnels de la formation et du développement des compétences. On ne peut pas penser que ça marchera si cela n'est pas fait. Les compétences dans ces domaines, en particulier la formation continue de ces professionnels est laissée en jachère depuis des années. Ce n'est pas le numérique éducatif ni les outils qui répondront au défi du plan mais les compétences des professionnels chargés de réaliser le plan d'investissement dans les compétences.

 

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Frank SAVANN et Patrick MAYEN sont experts thématiques EPALE

 

 

Retrouvez les articles de l'équipe thématique EPALE France sur les autres mesures. 

 

(1) Pour en savoir davantage : consulter les recommandations méthodologiques du CNEFOP pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des Pactes régionaux d’Investissement dans les Compétences concertés avec en CREFOP http://www.cnefop.gouv.fr/actualites/dernieres-actualites/recommandation...

 

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