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EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Blog

Vous avez dit "Learning ?"

13/10/2015
par Jean Vanderspelden
Langue: FR
Document available also in: EN

Vous avez dit "Learning ?"

La plate européenne EPALE sur laquelle nous avons le plaisir d’interagir, a pour vocation de faciliter les échanges entre les différents acteurs des différents pays de l’union européenne sur l’éducation et la formation des adultes. L’objectif est de repérer les bonnes pratiques pour améliorer sans cesse, tous nos dispositifs. Avec 28 pays concernés, il s’agit d’un noble et vaste chantier, qui s’appuie à la fois sur des considérations professionnelles, politiques mais aussi culturelles. C’est la force et l’originalité de l’approche européenne, c’est aussi un challenge !

Ce sont nos collègues anglais qui ont la charge de la coordination de cette action autour de l’animation et de la valorisation de plate forme «Electronic Platorm for Adult Learning in Europe». Nous français, nous l’avons  traduit par «Plateforme pour l’Education et la formation des Adultes». De mon point de vue, cette traduction pose «question» que je vous propose d’éclairer dans ce billet.

Dans le glossaire franco-anglais d’EPALE, associé aux activités d’échanges via la plate-forme, on peut extraire la traduction suivante : 

Access
to learning

conditions d'admission / d’accès à l’apprentissage
(la formation)

 

«Learning» est bien traduit par «Apprentissage», mais avec la motion entre parenthèse (formation), pour ne pas que les acteurs, parlant la langue de Molière, ne fassent éventuellement l’erreur entre «l’activité d’apprendre» et «la modalité administrative», liée au dispositif d’alternance.

On retrouve cette modalité historiquement dans les CFA et les MFR et, aujourd’hui, grâce à l’Europe, dans de nombreux d‘organismes de formation, dans des écoles d’ingénieurs et dans des universités. Cette précaution pourrait être louable (même si les acteurs sont, je pense, assez responsables pour distinguer par eux-mêmes, comme très souvent en français, la polysémie des mots), si elle ne venait pas perturber fortement un enjeu de première importance ; recentrer nos préoccupations professionnelles sur, non pas l’activité des acteurs de la formation en France, mais sur l’activité de l’apprenant en Europe, à savoir l’apprentissage, comme nous l’incite l’Union Européenne à le faire, et cela depuis quelques années déjà !

Personnellement, j’aurai traduit «Electronic Platorm for Adult Learning in Europe» par «Plate-forme Numérique d’Echanges pour l’Apprentissage des Adultes en Europe», soit un sigle pas très «fun», je le conçois, avec PNE2AE». Cette traduction n’aurait pas mis aussi fortement l’accent ni sur l’éducation, ni sur la formation. On retrouve souvent cette ambiguïté, comme par exemple, et de manière générique, avec la traduction du slogan européen clé «Life Long Learning» par «Formation tout au long de la vie», très certainement pour les mêmes raisons que celle évoquées ci-dessus ou «Ecole de la seconde chance».

Oui, vive l’ «Apprentissage tout au long de ma vie» !

Du coté des acteurs français comme les administrations (Etat, Régions et autres collectivités) comme les financeurs-prescripteurs (FPSPP, OPCA, OPCACIF, AGEFIPH, Pôle Emploi, et autres), et donc par voie de conséquence, du coté des  responsables de formation et des équipes pédagogiques, cela induit une position en chaîne qui ne valorise pas assez, me semble-t-il, les activités de la personne apprenante. On peut apprendre sans la présence continue de son formateur (voir nouveau décret sur la FOAD d’août 2014). On peut apprendre, sans être formé dans des dynamiques nombreuses informelles ! Et on apprendra de plus en plus dans des écosystèmes avec des mixtes d’actions de formation formelles (de la formation vers l’apprenance) et d’actions informelles portées par le développement des usages du numérique, en particulier.

Reconnaître le «Learning» ou «Apprentissage, versus activités d’apprendre» au plan européen, c’est s’inscrire dans le champ internationale des formations ouvertes (e-formation provenant en particulier de l’expérience des «Open University» développée par le Royaume-Uni) qui privilégient la souplesse et la multimodalité des situations d’apprentissages, avec l’appui des outils et de ressources numériques pour des environnements d’apprentissage de plus en plus ouverts. 

Jean Vanderspelden, consultant ITG Paris pour l'accompagnement de projets de formation ouverte et à distance, en vue du développement des compétences des adultes et  travaille sur l’alliance entre "Pédagogie des adultes et intégration du numérique" dans les pratiques des acteurs du savoir formant et accompagnant des publics de tous niveaux, y compris les adultes peu qualifiés.   13/10/2015

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  • Portrait de Jean Vanderspelden

    Oui Benoît, je partage cette analyse. Depuis plus de 30 ans d'activité dans la formation des adultes, je fais le constat que beaucoup d'acteurs, dont les finaceurs et les prescripteurs, ont une forte tendance à projetter sur les dispositifs de formation d'adultes, des repères liés à l'école. Cela crée, de mon point de vue, quelques tensions quelquefois. Les enjeux de l'éducation et les enjeux de la formation ne sont pas identiques, même si, bien sûr, ils sont en résonance...

  • Portrait de benoit tostain
     
    Merci de cette précision fondamentale ​sur la traduction du "learning", ​le sens des mots ​revêt toute son importance​ dans le cadre du partenariat européen car il est indispensable d'éviter les biais d'interprétation​. Je crois que notre vision Franco française de l'éducation et de la formation ​induit ​un certain ​ "sur-dimensionnement​"​ des valeurs ​ de   l'école, parfois considérée comme seule "voie de salut", ce qui occulterait la visibilité sur d'autres formes de l'apprenance. Et ceci dès l'enfance .
     

     

    ​Je prendrai pour exemple le fait que l'école à la maison en France e​s​t assez mal considéré​e, souvent​ point​ée du doigt comme un​e solution réservée à des marginaux ou comme ​ danger sectaire​. Il me semble ​que le terme anglo-saxon​ de "Home schooling​"​ ​fait lui état d' un choix que l'on partage​ ou non, tout  simplement​. Ce choix est une façon ​d​e faire confiance à la capacité d'auto apprenance de l'enfant qui s'appuie sur ​son désir d'apprendre et le parent en est​ tout simplement ​l'​accompagnant​, aidé des personnes, des dispositifs, des associations ou structures qu'il choisit​.
     

     

    S'il est un fait que des dérives ont existé il existe de nombreux cas de réussite à partir du "Home schooling" et il me semble  qu'il peut induire "l'apprenance" dès le plus jeune âge alors que nous pouvons aussi dès l'école créer  la dépendance de la structure pour apprendre et donc amputer le "learning" très tôt.
     
    ​Une des richesses de ce partenariat européen me semble aussi résider dans la redéfinition des mots et des valeurs partagées qu'ils sous tendent.​