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Sortir de prison… vers une transition réussie ? Journée de réflexion et d’échanges organisée par le CAAP (concertation des associations actives en prison) le 31 mars 2017

04/04/2017
Langue: FR

Comment préparer efficacement la sortie de prison et renforcer les dispositifs existants en matière de réinsertion ?

Quelles synergies peuvent être développées ? Comment articuler plus efficacement les différents réseaux intervenant autour des personnes sortant de prison ?

Comment accompagner les personnes sortant de prison dans une optique de désistance et en luttant contre le phénomène de récidive ?

 

L’accent de la journée a été mis sur la transition entre la prison et l’après. Comment ce passage peut-il se préparer ?

Après une introduction par la Présidente du CAAP, Madame Jacqueline Rousseau, le Ministre Rachid Madrane en charge des Maisons de Justice pour la Fédération Wallonie-Bruxelles a pris la parole. Il a mis en avant sa volonté de travailler sur la mise en place de Maisons de transition. Celles-ci permettraient aux personnes sortant de prison d’avoir un moment de battement pour pouvoir travailler à la fois sur les questions liées au logement, au travail, aux démarches administratives mais également sur celles liées à la formation.

Des témoignages de détenus ont permis de mettre en avant les difficultés rencontrées lors de cette période de transition : la reconstruction les relations familiales et de couple, les lenteurs administratives, le manque d’encadrement, le logement, le travail, la formation mais également les difficultés de faire reconnaître les compétences acquises en prison en termes de formation/enseignement.

La matinée s’est poursuivie par la présentation du rapport du cycle de réflexion mené par Mélanie Bertrand et Séverine Clinaz pour le CAAP sur la « sortie de prison » portant sur les dispositifs existants en matière de (ré)insertion vers l’hypothèse des « maisons de transition ». Ce nouveau dispositif mettrait le bénéficiaire au cœur de la démarche en lui permettant entre autres de s’engager dans un projet professionnel (par une formation ou par une recherche d’emploi).

 

Pour clôturer la matinée, Marie-Claude Chainaye du Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat / Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté et Jacques Moriau, chargé de recherches au Centre Bruxellois de Coordination Sociopolitique ont abordé l’importance de la transversalité, de l’intersectorialité dans les questions de transition. Ils ont mis en avant l’importance de réfléchir sur la transition (et donc la sortie de prison) dès l’entrée et de mieux utiliser les ressources disponibles « sans frontière ». Il est dès lors important de démêler les complexités institutionnelles car l’accès aux droits implique d’autres droits (exemple : emploi et logement sont souvent liés). La réinsertion apparaît alors moins comme une volonté individuelle que comme une possibilité de surmonter les multiples épreuves, contraintes.

Les tables rondes de l’après-midi avaient comme thème : Comment favoriser l’accès au logement des personnes sortant de prison ? Comment garantir le principe de continuité des soins à la sortie de prison ? Quelle place pour l’élaboration d’un projet de (ré)insertion individualisé, adapté au profil de la personne sortant de prison ? Comment soigner, maintenir et renforcer les relations familiales et affectives pendant et après l’incarcération ? Perspectives de modélisation des maisons de transition : projets, organisations, fonctionnements internes et aspects juridiques.

 

Je ferai ici un focus sur la troisième question, celle du projet de (ré)insertion individualisé. Anne-Marie Roblain, responsable des cours à la prison de Lantin, a présenté le module « AMONT – AVAL ». Ce module a pour objectif de construire un projet pour une sortie réussie. La participation à ce module est liée à des conditions d’accès (être en maison pénitentiaire, être admissible aux congés pénitentiaires, être en ordre de carte d’identité ou avoir un droit de séjour et prouver sa motivation en montrant sa capacité à se projeter). La mise en place du module passe par différentes étapes, séance d’informations collectives, entretien de motivation individuel, inscription des demandeurs. Le module en lui-même comprend 2 volets, l’un collectif et l’autre individuel. Le volet collectif concerne la remise à niveau en français et mathématiques, le travail sur la législation, les habilités sociales, l’informatique, la sécurité sociale  et la mise à l’emploi. Le volet individuel est consacré au suivi socio-pédagogique pendant et après la formation et les difficultés rencontrées par les bénéficiaires. Ce module de formation ne concerne que des personnes en fin de détention dans les maisons de peine. Il n’est pas envisageable de l’organiser en maison d’arrêt à cause, entre autres de l’infrastructure. Deux modules par an sont organisés pour 10 à 12 personnes en même temps.

Une autre association ayant mis en avant son travail est l’asbl Aide et Reclassement de Huy par le biais de son coordinateur Daniel Martin. Il a présenté leur projet TIRCIS, Tremplin pour l’insertion. Ce projet combine deux éléments : la formation et le travail psychosocial. Ils ont notamment mis en place des agents de guidance d’insertion qui travaillent toutes les questions qui auraient dû être envisagées dès l’entrée en prison. Ils travaillent le projet d’aide à la réinsertion en faisant faire d’une part un travail sur soi-même (estime de soi, capacités de changement, où j’en suis ?), d’autre part en informant sur les différents éléments administratifs mais également en travaillant l’aspect « mise à l’emploi » (C.V., lettre de motivation, entretien d’embauche).

 

Le troisième projet à avoir été mis en avant est le projet REINSERT extra-muros lié à l’enseignement de Promotion sociale couvrant toute la Wallonie et Bruxelles. Le travail réalisé est fait avec des personnes en fin de peine. Cécile Beublet a expliqué qu’elle travaille avec les personnes par rapport à leur projet de formation à la sortie de prison en mettant les différents acteurs en relation. Son travail prend du temps (démarche de réflexion, de recherche, de mise en lien). Elle regrette dès lors de ne pouvoir travailler qu’avec des personnes en fin de peine (sélection organisée par les prisons). La transition, d’après elle, fonctionne mieux si le bénéficiaire a déjà suivi une formation en intra-muros.

 

Le projet DELTA, groupe de transition entre la prison et l’insertion socio-professionnelle, a été présenté par Oscar Cortes, enseignant en prison de l’ADEPPI et Ygal Schachne, conseiller en Recherche active d’emploi à l’asbl APRES. Ce projet, en attente de subventions, part du principe qu’il faut un temps d’adaptation entre la sortie et l’après. Ils travailleraient selon 4 axes : l’insertion socio-professionnelle, les habilités sociales, les représentations citoyennes et le socioculturel. La méthodologie qu’ils voudraient mettre en application passerait par une co-animation de groupe de 12 personnes d’une durée de 8 semaines. Il y aurait un suivi individuel en parallèle. La formation serait composée de jeux de rôles, de débats, d’interventions extérieures, d’ateliers pédagogiques, de visites d’OISP, d’entreprises mais également d’activités culturelles.

 

La table ronde s’est terminée par la présentation d’un projet de validation de compétences réalisé à la prison de Marches-en-Fammène par Ludivine Scevenels dans le cadre de son mémoire universitaire qui a permis dans un premier temps à 7 détenus de faire valider des compétences acquises avant l’incarcération. 20 autres détenus sont en passe d’obtenir leur validation.

Il est ressorti de cette table ronde les problématiques transversales suivantes : l’importance de travailler à la fois sur le collectif et l’individuel, la question du contenu des formations, l’importance de la motivation, le timing des initiatives par rapport au déroulement de l’incarcération.

 

Des questions restent néanmoins en suspens : comment mettre en place de meilleures conditions d’apprentissage en prison ? Comment tenir compte des besoins de chacun ? Comment travailler de manière optimale dans la réalité des contraintes liées au milieu ?

 

Vous pouvez trouver grâce au lien ci-dessous plus d’informations concernant la journée.

 

http://caap.be/index.php/component/content/article/80-evenement/527-jour...

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