chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Espace actualités

La transformation digitale de la formation professionnelle continue

16/05/2017
Langue: FR
 

Parmi les missions de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) figure une mission de prospective. Complémentairement aux autres rapports d’évaluation sur le fonctionnement (et dysfonctionnement) des dispositifs de formation en France, ce rapport propose un état des lieux, associés à une série de préconisations sur l’impact du numérique dans le secteur de la formation en France. Ce rapport ne s’intéresse pas à la manière dont la formation doit rapidement répondre aux nouveaux besoins de compétences, mais s’intéresse aux conditions de la propre mue de ce secteur stratégique face aux multiples enjeux de renouvellement des pratiques pédagogiques qu’impose la digitalisation. En trois temps, l’IGAS dresse, entre 2004 et 2014, date de la dernière réforme de la formation, un panorama actualisé complet des points clés que les acteurs de la formation doivent relever, en y apportant, à chaque fois, des points d’analyse, vu du côté de l’Etat.

1)    La révolution numérique et ses conséquences pour les organismes de formation

L’IGAS conforte l’équivalence entre les trois termes qui marquent l’innovation dans les pratiques de formation (Formation Digitale = Formation Multimodale = FOAD)[1]. Pour cela, l’IGA souligne comment l’introduction du numérique permet de sortir d’un présentiel auquel beaucoup d’acteurs en France son[i]t encore très (trop) attachés alors que les nouvelles conditions réglementaires (FOAD), les puissantes possibilités technologiques (Formation Digitale) permettent aujourd’hui, avec l’appui des potentialités des «Learning Analytics» et «Adaptative Learning», de mettre en place des parcours de formation, diversifiées dans les lieux et les temps, de plus en plus personnalisés (Formation Multimodale). Conscient du potentiel porté par la révolution numérique, l’IGAS rappelle aussi les risques liés à la marginalisation possible d’une partie des apprenants relevant de l’illectronisme et liés aux nouvelles modalités de financement et de contrôle, de ces actions basées, non plus sur la présence mais sur le nouveau concept clé d’assiduité.

2)    Une situation au milieu du gué

S’appuyant sur une récente étude de l’observatoire du secteur de la formation, l’IGAS note qu’une minorité d’organismes de formation a entamé cette nécessaire adaptation à cette nouvelle donne. E, 2016, sur cette thématique, la transformation de l’appareil de formation reste marginale. Par exemple, toujours selon cette étude, 50% des répondant déclarent avoir aucune activité relevant des Formations Digitales !; A l’opposé 4% des répondant estiment que plus de 50% de leur chiffre d’affaire est généré par des Formations Digitales. L’IGAS fait le constat que seuls les gros organismes de formation auraient franchi un cap significatif (en s’appuyant sur les déclarations de l’AFPA, du CNAM, de la CEGOS et de DEMOS)[2]. Par ailleurs, l’IGAS observe l’arrivée de nouveaux acteurs entrants disruptifs, issus de différents secteurs d’activité, avec une montée en charge rapide pour certains de leur activité en formation continue (OpenClassroom, ). Pour accompagner l’ensemble des acteurs dans une adaptation vitale, parmi les différents mesures préconisées par l’IGAS, on trouve un appui marqué de la puissance publique au travers de différents relais  pour développer une culture et une compétence collective autour de l’usage des outils digitaux par les équipes pédagogiques: OPCA, FPSPP, PIA, Europe, etc… à côté d’un appui de la brache elle-même : ADEC ou EDEC

3)    Avec le numérique, une approche «centrée utilisateur»

Ce troisième point rappelle que les enjeux ne sont que pédagogiques (nouvelles manières d’apprendre) mais aussi organisationnels (nouvelles manières d’accéder à la formation et à son financement). Aujourd’hui, la complexité des modes de financement n’est plus en rapport avec les nouvelles mesures (CPA, CPF, VAE, CleA, etc…). Ces approches donnent potentiellement de plus en plus de liberté, et donc, d’initiative aux apprenants qu’ils soient salariés ou demandeurs d’emploi. Pour répondre à de défi, l’IGAS estime que le numérique peut être aussi une réponse facilitante à condition que l’ensemble des acteurs du champ de formation continue partage des informations au profit du déroulement des parcours de apprenants. A côté de l’ingénierie de l’individualisation, voire de la personnalisation des parcours de formation, l’IGAS réclame une avancée dans l’ingénierie de financement individuel de ces parcours et propose une piste de autour de l’installation d’un «Hub informationnel» comme par exemple «AGORA».

Sur ces trois axes, l’IGAS, tout au long de son rapport (165 pages accessibles en ligne  ) liste une série de 28 recommandations, rassemblées dans un tableau final (Pages 139/141). Ce sont autant de pistes pour améliorer la formation continue en France, à condition que chaque acteur, en concurrence sur le marché de la formation, dans notre système paritaire, ait l’opportunité de s’en saisir au profit de l’intérêt général, à savoir celui des apprenants prioritaires, les plus faiblement qualifiés et ceux présents dans les TPE. Après les enjeux sur la Qualité, les enjeux sur la certification CléA, les enjeux sur mise en place du CPA après le CPF ; etc… les organismes de formation qu’elle que soit leur taille et leur secteur d’activité, ont une nouvelle actualité brûlante : engager ou poursuivre la rénovation leur pratique pédagogique en s’appuyant, en partie, en grande partie sur l’intégration du numérique ; tel est, de notre point de vue, le message porté par ce rapport.

Jean Vanderspelden , expert thématique EPALE – mai 2017 – www.iapprendre.fr

[1] En cela, les travaux du FFFOD (Forum Français des acteurs des Formations Digitale) sont largement confortés voir www.fffod.fr. A noter que le FFFOD est l’un des acteurs qui a été sollicité au cours de ce rapport.

[2] Concernant ce point, nous avons une autre analyse que celle de l’IGAS peut être due à une relative sur-représentation des «gros» organismes dans les échanges préparatoires à cette étude. Face aux enjeux, les organismes de formation de petite taille ont également, pour certains, une capacité d’adaptation et d’accompagnement, en particulier des adultes éloignés du numérique. On put citer tous les acteurs mobilisés autour du CléA dont le réseau des APP, le réseau des GRETA, le réseau de l’IRFA, le réseau de l’UROF, etc…

Share on Facebook Share on Twitter Epale SoundCloud Share on LinkedIn