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André Chauvet parle à EPALE des enjeux sur les transitions professionnelles en 2021

bannière transition pro.

Vous êtes aujourd’hui consultant en reconversion professionnelle et vous avez développé une expertise sur cette question. Quel est votre parcours ?

André Chauvet : J’ai commencé comme conseiller d’orientation psychologue dans des centres d’information et d’orientation, des missions locales et des centres de bilans de compétences. J’ai ensuite quitté la fonction publique pour créer mon cabinet de consultant autour trois axes :

  • La professionnalisation des acteurs des transitions professionnelles et de l’orientation ;
  • L’accompagnement des structures publiques de l’État et des régions pour la construction de dispositifs autour de l’évolution professionnelle et du conseil, la validation des acquis, les bilans de compétences ;
  • Des activités de recherche et d’innovation autour du champ de l’évolution professionnelle.

Ces champs correspondent à mes domaines d’expertise actuelles et c’est ainsi que j’ai été sollicité pour enrichir la plateforme EPALE sur la thématique des transitions professionnelles.

Les enjeux de la transition professionnelle ont-ils beaucoup évolué ces dernières années - en particulier depuis le début de la pandémie ?

André Chauvet : Ils ont évolué progressivement : les gens n’exercent pas la même activité toute leur vie, que cela soit subi ou voulu. Quand il y a des souhaits d’évolution, la formation peut les rendre possibles. Depuis l’arrivée du bilan de compétences en 1991, la réflexion en la matière a évolué. Elle s’est amplifiée avec l’évolution technologique, notamment la numérisation et la tertiarisation de l’économie.

Ces évolutions vont transformer les métiers, nécessiter de nouvelles compétences, parfois créer de nouvelles concurrences avec l’arrivée de nouveaux services, parfois accélérer la disparition de certaines activités potentiellement remplaçables par l’intelligence artificielle. La question des transitions professionnelles est au cœur de la réflexion individuelle et collective : tout le monde y réfléchit.

Avec la COVID on imagine le branle-bas de combat… Un dispositif nouveau a été créé, ‘transitions collectives’ qui a pour objectif d’éviter le licenciement de personnes en leur permettant de se former pour se diriger vers ce qu’on appelle les secteurs porteurs.

S’agit-il d’une accélération ou d’une nouvelle direction ?

André Chauvet : On parle aujourd’hui de reconversion professionnelle alors qu’avant il s’agissait de transitions professionnelles. Cela correspond à une réalité : aujourd’hui on change d’emploi parce que certaines activités sont remplaçables et parfois vouées à disparaitre - à l’inverse, il existe des activités qui ne sont ni remplaçables ni délocalisables : le soin à la personne, la santé, des secteurs en grande tension. Il y a une incertitude actuelle sur les métiers de la restauration, secteur d’ordinaire en tension mais qui est en interrogation sur ses perspectives avec la COVID. Il y a comme cela des secteurs pour lesquels on n’est pas forcément capable d’anticiper l’évolution. Par exemple les métiers de la presse : qui est capable de prévoir la place de la presse écrite dans cinq ans ?

Cette évolution nécessite-t-elle de nouvelles compétences pour accompagner les transitions/reconversions professionnelles ?

André Chauvet : Cela nécessite plus que jamais une veille permanente sur les dispositifs, les usages, les métiers... Par ailleurs, les personnes ne s’informent et ne décident plus de la même manière et ne s’adressent plus aux professionnels avec les mêmes questions. Il faut en tenir compte pour faire évaluer nos métiers. EPALE peut être une chambre d’écho de ces évolutions pour sensibiliser les praticiens.

Y a-t-il des spécificités au niveau européen en matière de transition professionnelle ?

André Chauvet : Il y a des enjeux en formation qui sont européens mais les questions de transitions sont plus difficilement identifiables : la France a ainsi des spécificités de dispositifs, d’histoire et de financements. Il existe au niveau européen des textes sur l’orientation et sur la formation tout au long de la vie. J’ai aussi été sollicité par EPALE pour essayer de voir comment formaliser une approche plus européenne. Cette année, je compte regarder de près comment les autres pays européens ont répondu à la crise COVID.

Un va et vient entre les pratiques internes des États et quelque chose de transversal pourrait inspirer les praticiens des autres pays d’Europe. C’est à nous que revient de créer des collectifs mobilisateurs. La thématique a ceci de particulier qu’elle est transversale : elle touche à la fois l’inclusion, le développement de compétences, la formation, les territoires…

Quels axes souhaitez-vous approfondir sur EPALE ?

André Chauvet : Il est important pour moi d’insister sur les logiques d’inclusion et d’égalité d’accès. Je travaille sur les publics dits invisibles, le non-recours au droit. Je vais publier un article de blog sur la manière de prendre en compte ces publics invisibles et les initiatives que l’on a mises en place en place. Une réflexion européenne est nécessaire, car la question des publics les plus éloignés et les plus vulnérables, les plus difficiles à toucher par les dispositifs européens concerne tous les États. La mobilité sociale est un axe de travail que nous partageons tous sur EPALE.

L’inclusion est aussi un des axes du nouveau programme Erasmus +… Comment impliquer davantage ces publics vulnérables aux programmes européens ?

André Chauvet : C’est vrai, même si on n’a pas attendu les nouveaux axes d’Erasmus +. Et cette priorité a été amplifiée par la crise COVID.

Une façon d’y parvenir est de faire en sorte que les publics soient plus parties prenantes des dispositifs dans lesquels nous intervenons, de sortir d’une logique trop verticale c’est-à-dire leur donner le droit à la parole et le pouvoir d’agir. J’y suis très sensible.

La dynamique européenne sur ce sujet est très intéressante parce qu’il y a beaucoup d’expériences dans d’autres pays européens autour de ce qu’on appelle capacitation, ou empowerment. Je travaille avec le Portugal où existent par exemple de belles expériences de travail auprès des publics des quartiers, des publics jeunes en milieu rural, avec des pratiques d’accompagnement plus coopératives. Ces actions de coopération constituent un mouvement assez puissant en Europe qu’EPALE peut accompagner.

Retrouvez les blogs d’André Chauvet sur EPALE notamment:

transitions

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