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Accompagner les jeunes en temps de pandémie : nos travailleurs socio-éducatifs en première ligne !

20/05/2020
par Denis Largueze
Langue: FR
Document available also in: EN DE

Alors que le projet européen COMPASS se poursuit, nous sommes amenés à nous interroger sur les effets que la pandémie Covid-19 pourrait avoir sur les travailleurs socio-éducatifs et les jeunes NEET.

Les Etats annoncent déjà des impacts majeurs sur l'économie mondiale et des répercussions sans précédent sur le marché du travail.

Qu'adviendra-t-il de l'insertion professionnelle des jeunes déjà en situation de précarité ? Les missions des professionnels qui les accompagnent dans leur parcours vont-elles subir des changements fondamentaux ?

 

Les partenaires de la COPMPASS ont recueilli les témoignages de différents acteurs européens de terrain qui travaillent encore avec les jeunes.

 

En Autriche, l'Institut de formation professionnelle ÖJAB garantit la continuité de l'éducation grâce à une transition numérique qui a commencé avant la crise. Les salles de classe ont été remplacées par l'apprentissage en ligne et un soutien accru garantit que chaque jeune s'acquitte des tâches qui lui sont assignées afin d'aller de l'avant.

La motivation fait parfois défaut en temps de crise et de préoccupations personnelles, mais un soutien personnel a été organisé grâce à aux nouveaux outils de communication.

 

En Bulgarie, le CATRO a réussi à recevoir le retour d'information d'un animateur de jeunesse de l'une des plus grandes villes du pays. Au cours de la conversation, une tendance à la réduction des demandes de soutien de toute sorte de la part des jeunes a été fortement soulignée. Actuellement, tous les travailleurs de jeunesse gèrent leurs tâches à distance, et quelques jours de la semaine au bureau.

Tous les contacts personnels sont suspendus, et les appels téléphoniques concernent principalement les mesures de l'État en matière d'emploi. Par exemple, les jeunes qui ont perdu leur emploi cherchent à obtenir des informations sur les documents nécessaires auprès des bureaux locaux de l'emploi pour obtenir une compensation ou une aide financière supplémentaire. Contrairement à l'activité des jeunes avant la crise, les séances d'orientation professionnelle ne sont plus au centre des préoccupations. Un grand nombre de jeunes essaient maintenant de conserver leur emploi actuel, paralysés par la peur. Le soutien psychologique et le mentorat nécessaires sont fournis par les travailleurs sociaux, mais dans les prochains mois, ils seront confrontés à de nouveaux défis socio-économiques, pour lesquels ils doivent s'équiper davantage.

 

 

En Espagne, les conseillers en insertion professionnelle tentent de s'adapter en analysant les moyens de communication utilisés par les jeunes qu'ils accompagnent au quotidien. Ils ont ainsi pu rassurer les jeunes et leurs familles et relancer une dynamique dans une période où l'anxiété et l'isolement sont un frein.

"Après cette analyse, les réseaux sociaux ont joué un rôle fondamental, rendant cette ressource totalement standardisée pour les jeunes".

Les ateliers s'adaptent également aux nouveaux médias avec des thèmes tels que "L'utilisation des réseaux sociaux pour la recherche d'emploi".

Enfin, dans cette période, le rôle de conseiller a pris une dimension "thérapeutique" afin d'offrir le meilleur soutien possible.

 

En Grèce, le directeur régional de l'Agence nationale pour l'emploi de la région de Thessalie souligne que la priorité est donnée à la formation des NEETs. Les participants aux nombreux programmes de tutorat préexistants restent mobilisés et montrent une volonté d'améliorer leurs connaissances et leurs compétences. Cependant, une préoccupation demeure : quel sera l'impact de la récession économique sur le marché du travail ?

Dans l'attente de réponses, des programmes de formation en ligne sont proposés avec le soutien de mentors, notamment des travailleurs sociaux et des animateurs de jeunesse.

 

En France, des éducateurs spécialisés dans le domaine font de leur mieux pour assurer le suivi des jeunes dont ils sont référents. Habitués à se retrouver dans des centres spécialisés autour d'activités favorisant la communication et la mise en confiance, les professionnels témoignent de la difficulté à maintenir les liens. Les échanges se font presque tous les jours par téléphone et portent souvent sur des préoccupations personnelles et sur les difficultés que les règles de la distanciation sociale représentent pour ces jeunes parfois très isolés.

Une aide est également apportée dans l'organisation quotidienne des processus d'intégration, avec le soutien de professionnels des missions locales et d'autres institutions du secteur. "La complémentarité des participants permet de ne laisser personne sur le bord du chemin".

 

En Roumanie, alors que les actions en contact avec les jeunes se poursuivent grâce aux services en ligne et aux nouvelles plateformes, la sécurité de l'emploi dans le secteur socio-éducatif semble problématique. Les jeunes travailleurs voient déjà leurs revenus diminuer et certains sont déjà au chômage. Dans le même temps, le financement des centres de jeunesse, largement financé par les contributions des familles, n'est plus assuré. L'arrêt de la location de locaux à des structures privées pour des événements représente également un coup dur pour le budget de fonctionnement.

 

Partout en Europe, les témoignages se ressemblent ; les problèmes financiers nous amènent à envisager de nouveaux types de soutien qui nécessitent une nouvelle approche basée sur les nouvelles technologies mais aussi sur une communication accrue. Un objectif commun est au cœur des préoccupations : l'autonomisation des jeunes ; une autonomisation forcée par les circonstances mais qui peut être l'occasion d'une nouvelle dynamique si les moyens sont donnés.

En partageant des pratiques et en fournissant des ressources en ligne pour soutenir les travailleurs sociaux dans l'éducation, les partenaires de COMPASS espèrent contribuer à cette dynamique.

 

Le projet Compass propose de travailler sur de nouveaux outils pour aider à reconnaître et à améliorer le travail des jeunes et en particulier celui qui vise à l'inclusion de NEET sur le marché du travail.
Il vise à développer en même temps les compétences des travailleurs de jeunesse en matière de conseil et de mentorat et à travailler directement leurs compétences sur les groupes cibles des NEET, en les amenant à l'emploi grâce à des compétences non techniques.

 

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