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Blog

L’AFEST, une démarche à géométrie variable

09/05/2019
by Hélène Paumier
Langue: FR
Document available also in: EN DE

Paul SANTELMANN, a conclu la 9ème rencontre thématiques EPALE France "Apprendre et se former en situation de travail" co-organisée avec la revue Education Permanente. Il revient sur la démarche AFEST à travers ce blog EPALE. 

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L’expérimentation AFEST a permis de « déverrouiller » un obstacle réglementaire dans un contexte global de réinternalisation des fonctions formatives au sein du système productif. En fait ce mouvement de fond se déploie selon des modes plutôt classiques souvent dédiés aux plus qualifiés et empruntant aux modèles des opérateurs de formation (entreprise dispensatrices de stages, alternance juxtaposée, tutorat d’application, universités d’entreprises dédiées aux cadres, processus informels, e-Learning descendant, etc.). L’entreprise apprenante obéit à un autre modèle qui répond à deux objectifs : mieux insérer et intégrer les moins qualifiés dans les collectifs de travail et améliorer la qualité de vie au travail, condition pour un travail de qualité.

Quelques constats tirés de l’expérimentation en termes d’objectifs

  • Compléter un cursus de formation reposant sur de la FOAD de la branche Propreté
  • Illustrer une démarche « Formation Intégrée au Travail (FIT) » proposée aux entreprises BTP
  • S’intégrer dans un contrat de professionnalisation réalisé en entreprise
  • Enrichir la partie stage en entreprise
  • Consolider un cursus de formation interne pour les nouveaux embauchés
  • Cibler une certification CLEA
  • S’inscrit dans le cadre de dispositifs de formation alternants existants visant des titres professionnels
  • Valider un ou plusieurs blocs de compétences d’un CQP
  • S’inscrit dans le cadre d’un dispositif de formation qualifiante en création

 

  • Des objectifs plutôt spécifiques : transmettre des processus de travail très spécialisés, rares, difficilement reproductibles en centre de formation : fabrication artisanale, usage d’outillages très spécifiques, travail sur des matériaux coûteux…
  • Des objectifs plutôt transversaux : mieux maitriser le sens et la portée des organisations de travail ou des règles dans la réalisation de tâches. Intégrer des procédures ou des fonctionnements d’entreprise. Acquérir des savoirs de base. Valoriser le volet transversal et transférable des activités peu qualifiées comme la maitrise d’événements imprévisibles, la prise d’initiative, savoir organiser son travail, etc.

En fait les AFEST peuvent se catégoriser en deux groupes : celles qui s’inscrivent dans un objectif spécifique propre à l’entreprise et celles qui correspondent à une séquence dans un parcours ou un processus plurimodal de développement ou d’acquisition d’un bloc de compétences certifiables.

 

  • Dans le premier cas il s’agit d’aider l’entreprise à développer une méthode formative permettant de compenser la difficulté de recourir à des intervenants externes è l’objectif est essentiellement adaptatif. 
  • Dans le deuxième cas il s’agit d’équiper l’entreprise de fonctions et de ressources formatives (formation intégrée au travail) susceptibles de s’intégrer dans une ingénierie de formation plurimodale portée par une entité fédératrice (par exemple un réseau d’entreprises « apprenantes » dans un territoire) è la finalité vise à contribuer à des parcours individualisés ou collectifs de développement des compétences.

 

En cela l’AFEST n’est pas une alternative au stage ou un dispositif spécifique, elle reste une action de formation avec des exigences spécifiques qui élargit la multimodalité mais suppose un déplacement de l’ingénierie de formation. Un tel déplacement suppose :

  • Une massification des AFEST ;
  • Un modèle économique adapté au niveau sectoriel ou/et territorial (quel impact sur les modes de financement de la formation ?) ;
  • Un nouveau pacte social et pédagogique fondé sur l’entreprise apprenante qui rééquilibre le rapport entre organismes de formation et entreprises ;
  • Une intégration de ce modèle et de ce pacte par le système de certification.

 

Complémentairement les AFEST permettent de contribuer indirectement à la résolution de nombreuses questions :

  • Mieux identifier et valoriser les compétences liées aux activités,
  • Monter en compétences les salariés,
  • Désenclaver la formation des moins qualifiés par la mobilisation des autres salariés,
  • Consolider la cohésion des équipes par la reconnaissance des apports des salariés dans la recherche du travail « bien-fait »,
  • Valoriser l’encadrement de proximité dans sa fonction d’accompagnement et d’appui aux équipes,
  • Identifier et résoudre collectivement certains dysfonctionnements,
  • Contribuer à une approche partagée des risques professionnels et des modalités de prévention de ceux-ci,
  • Mieux définir les critères d’embauche en partant des critères d’intégration discutés par les collectifs de travail,
  • Mieux intégrer les nouveaux embauchés,
  • Mieux former et professionnaliser les apprentis,
  • Développer une culture de responsabilité sociale (enjeux environnementaux, transition écologique, etc.),
  • Valoriser l’image de l’entreprise et de ses métiers…

 

L’enjeu pédagogique

L’AFEST se distingue d’une formation « sur le tas » ou d’un processus d’apprentissage informel en ce qu’elle s’avère plus efficace. Il est donc nécessaire de lister les questions qui permettent de caractériser la valeur ajoutée d’une AFEST par comparaison avec un processus inorganisé.

  • Favorise-t-elle le travail collectif, l’ambiance de travail  et la dynamique de groupe ?
  • Mobilise-t-elle l’expérience des apprenants ?
  • Permet-elle d’utiliser la pédagogie de l’erreur ?
  • Contribue-t-elle à responsabiliser les apprenants ?
  • Favorise-t-elle l’adhésion, l’engagement ou la motivation des apprenants ?
  • Favorise-t-elle le transfert des acquisitions ?
  • Contribue-t-elle aux démarches réflexives ?
  • Permet-elle de mieux expliquer et/ou formaliser les objectifs de formation ?
  • Suscite-t-elle la curiosité des apprenants (l’envie de découvrir ou de s’informer) ?
  • Facilite-t-elle les apprentissages complexes ?
  • Favorise-t-elle la mémorisation de consignes, de règles, du fonctionnement de systèmes, de principes opératoires, de propriétés techniques ou de matériaux ?
  • Permet-elle d’accélérer ou d’intensifier le processus d’apprentissage ?
  • Favorise-t-elle l’autoévaluation ?
  • Permet-elle de favoriser, de suivre et d’évaluer une progression dans l’acquisition de savoir-faire ?
  • Favorise-t-elle la mise en place de critères d’évaluation des apprentissages ?
  • Etc.

 

L’AFEST doit également être appréciée sous l’angle de l’optimisation des ressources (humaines et matérielles) et des effets positifs indirects.

  • Montée en compétences (lesquelles ?) des référents FEST,
  • Organisation améliorée du travail,
  • Investissements matériels et humains dans les fonctions formatives intégrées,
  • Temps de préparation,
  • Coût de mise en œuvre,
  • Transférabilité vers d’autres formations,
  • Retour sur investissement,
  • etc.
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