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EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

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Plus nécessaire que jamais et plus difficile à trouver que jamais : l'éducation des adultes à la veille de la quatrième révolution industrielle

13/12/2018
par NSS UK
Langue: FR
Document available also in: EN DE PL ES IT

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La Conférence annuelle d'EPALE au Royaume-Uni a eu lieu le 15 novembre à un moment crucial. Il est manifeste que, pour les personnes comme pour l'économie, les défis que présentent les changements climatiques, démographiques et industriels justifient plus que jamais d'investir dans l'apprentissage des adultes. 

Bien que nous puissions nous réjouir de certains points positifs, notamment de la mise en place par EPALE d'un robuste réseau en ligne de plus de 45 000 formateurs pour adultes, il est clair également que les adultes qui souhaitent se former n'ont jamais été confrontés à des difficultés aussi importantes qu'aujourd'hui. Les quelques signes d'espoir en la matière résident principalement dans l'innovation aux niveaux local et régional. L'éducation des adultes est un domaine dans lequel la décentralisation donne de bons résultats.

Un secteur laminé par les coupes budgétaires

Les constatations sont frappantes. Depuis 2004, 2 000 000 de postes à la formation des adultes dans l'enseignement supérieur public ont été supprimés, le financement des universités a diminué de moitié sur les dix dernières années, et de plus en plus d'établissements ont du mal à joindre les deux bouts.

Dans l'enseignement supérieur, le nombre des étudiants à temps partiel (principalement des étudiants adultes plus âgés que la normale) a chuté de 56 % à la suite de la hausse des droits universitaires en 2012. Ceci est venu s'ajouter à la cessation, en 2007-2008, des aides financières aux étudiants adultes plus âgés que la normale qui souhaitaient étudier à un niveau équivalent ou inférieur à la qualification qu'ils possédaient déjà. De nombreux établissements d'enseignement supérieur ont alors préféré se détourner de l'éducation des adultes à temps partiel pour se concentrer sur des filières plus sûres et plus rentables. Tant pis pour les changements de carrière !

Les employeurs ont, eux aussi, moins investi dans la formation et le développement au Royaume-Uni. Chose pratiquement unique en Union européenne, les employeurs britanniques ont réduit leur investissement au cours des années suivant la crise économique de 2007-2008, tandis que les entreprises des pays partenaires ont, au contraire, augmenté le volume et la portée de leur offre. Il est vrai que les adultes ont pris la majorité des nouvelles places en apprentissage, mais certains d'entre eux ont seulement validé leurs acquis. De plus, la formation que proposent les employeurs s'adresse principalement à ceux qui sont déjà qualifiés. 

IA, robotique, démographie et changement climatique

Pendant ce temps, la quatrième révolution industrielle prend de l'ampleur – et la robotique et l'intelligence artificielle menacent d'éradiquer les emplois des cols blancs plus vite que la mondialisation n'a éliminé les emplois des ouvriers du secteur manufacturier il y a vingt ou trente ans. 

Pratiquement tous les organismes internationaux déclarent que les arguments en faveur d'un apprentissage tout au long de la vie ont déjà été démontrés, et que le temps est venu pour les gouvernements, les employeurs et les personnes de consentir un effort d'investissement rapide dans la formation. Ils indiquent également que, dans une société vieillissante, les personnes ont besoin de continuer d'apprendre pour combattre la morbidité. Comme le démontrent les Objectifs de développement durable des Nations unies, gérer le changement climatique implique de former les adultes et d'adapter les comportements.

Le rapport PIAAC de l'OCDE sur la participation des adultes établit également clairement que les personnes les plus touchées par ces changements sont celles qui sont le moins qualifiées, les sans-emploi, les migrants qui doivent dans un premier temps maîtriser la langue, et de nombreuses personnes handicapées. À l'instar des enquêtes nationales annuelles effectuées par le Learning and Work Institute au Royaume-Uni, ce rapport révèle que les personnes dont la scolarité a été la moins longue sont beaucoup moins susceptibles d'envisager de se former que celles qui ont bénéficié d'une bonne scolarité lorsqu'ils étaient jeunes. Or ce sont les premières qui sont le plus en difficulté face aux changements en cours.

Examen des politiques

La situation est peu réjouissante et a suscité grand nombre d'études qui ont conclu qu'il fallait absolument agir. La plus importante d'entre elles est peut-être l'évaluation de l'enseignement supérieur que mène actuellement Philip Augur.  Mais cette évaluation sera maintenant présentée à la Première ministre au début du printemps 2019, juste au point culminant des négociations sur le Brexit, et risque donc de ne pas faire l'objet d'une attention immédiate.

Premiers signes d'espoir

Malgré cela, des signes d'espoir apparaissent, dont plusieurs ont été mis en avant lors de l'événement d'EPALE au Royaume-Uni. Les initiatives inédites qui ont été mises en place : travailler pour assurer un avenir solide aux détenus qui arrivent en prison et en sortent ; des partenariats efficaces d'apprentissage avec les bibliothèques, dans le secteur de la culture et du patrimoine ; des utilisations créatives de la technologie numérique pour conseiller et informer sur la formation professionnelle ; la démystification de la terminologie ; l'engagement de bénévoles ; et les stratégies d'engagement menées par les pairs et utilisées par unionlearn. Toutes offrent de nouvelles voies aux apprenants.

Conclusion

La recommandation que je fais à M. Augur et au gouvernement est simple. Nous avons besoin d'investir davantage dans la formation des adultes sous toutes les formes possibles et de toute urgence. Mais il faut le faire à bon escient, c'est-à-dire pour atteindre les groupes sous-représentés et favoriser une culture de l'apprentissage tout au long de la vie ainsi que pour décentraliser la prise de décision et faire confiance aux prestataires.

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A photo of Sir Alan Tuckett OBE.

Sir Alan Tuckett OBE est Professeur du département d'éducation de l'université de Wolverhampton, Membre honoraire de l'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie, et ancien Président de l'International Council for Lifelong Learning. Après avoir fait carrière en tant que praticien dans le secteur de l'éducation des adultes, il a dirigé le National Institute of Adult Continuing Education entre 1988 et 2011.

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Le sport au service de la formation des adultes dans nos prisons, 1ère partie (blog)

Programme IDEA mené par le Duc de York : pour un accès gratuit à la littératie numérique (blog)

Recueil de preuves de l'impact de l'apprentissage en famille (blog)

Élargir les horizons par le biais d'EPALE (blog)

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  • Portrait de Pirmin Vlaho
    It seems to me that existing adult education is not up to the challenge described - more money will not help. Like other industries, adult education must reinvent itself and become a digital juggernaut. For example, it must implement  AI in learning and find ways to be more effective and with lower cost. That needs innovation. So we need Educational Entrepreneurs.