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« Paroles d’acteurs » - Les travaux collaboratifs : donner de la présence à la distance (épisode 10)

17/09/2020
par Thierry Ardouin
Langue: FR

Episode 10 - Série FORSE- FOAD Réalités et Pratiques - Paroles d’acteur – Parole d’une responsable pédagogique

 

« Les travaux collaboratifs offrent une situation particulière d’apprentissage », » Ils sont plébiscités par les étudiants, c’est un « espace-temps » qui se révèle très formateur ».

 

 

Les travaux collaboratifs : donner de la présence à la distance

 

Entretien avec Mme Stéphanie Gasse, Enseignant-chercheur Sciences de l’éducation et de la formation, Responsable de formation Master1 SDE FOAD-URN.

 

 

Bonjour Mme Stéphanie Gasse vous êtes enseignant-chercheur à l’université de Rouen Normandie (URN) et responsable pédagogique dans le dispositif de formation à distance (FOAD) FORSE. Vous connaissez bien la plateforme EPALE/Eramus+ pour y contribuer régulièrement.

 

Après cette période où la formation à distance n’a jamais été aussi présente, j’aimerais en savoir plus et partager votre expérience sur le dispositif FORSE, car ces dimensions interrogent de manière générale la formation des adultes avec un aspect particulier que sont les « travaux collaboratifs ».

 

- Pour démarrer, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous même ?

 

Je suis Enseignant-Chercheur depuis 2010 au sein du département des Sciences de l’Education et de la Formation et responsable d’un dispositif de formation à distance au sein de l’offre FORSE. Chercheuse au sein du laboratoire CIRNEF, je m’intéresse aux dispositifs alternatifs, aux offres de formation dans leurs « variétés et variations » à destination des jeunes et des adultes, au droit à l’éducation. J’enseigne en éducation comparée, dans les approches internationales, les méthodologies qualitatives avec un regard ethnographique et croisé sur les problématiques des politiques éducatives en Afrique subsaharienne et au Brésil. 

 

- Pouvez vous nous parler du dispositif FORSE et votre rôle ou place dans ce dispositif à distance FORSE ?

 

Je suis membre du comité de pilotage au sein du projet consortium universitaire FORSE, j’ai intégré ce dispositif très tôt en 2001 en passant par les postures de tutrice, référente de site, enseignante, responsable de parcours, et maintenant Responsable du M1SDEF FOAD depuis 2010.

Le Master 1ère année de Sciences de l’éducation et de la formation, offre une formation qui couvre trois orientations :

  • Une approche interdisciplinaire des questions d’éducation et de formation à travers les axes de recherche du Laboratoire CIRNEF (Centre Interdisciplinaire de Recherche Normand en Education et Formation).
  • Un accompagnement à la production d’un Dossier Exploratoire de Recherche (DER), combiné à une initiation aux méthodes de recherche en sciences humaines et sociales.
  • Une option professionnalisante qui met en évidence les questions vives des métiers de l’éducation scolaire et périscolaire, des métiers de l’intervention sanitaire et sociale, des métiers de la formation des adultes. 

 

J’anime une équipe composée d’une coordinatrice pédagogique/animatrice plateforme, une administratrice plateforme, une équipe de tuteurs (8 à 10 selon la taille de la promotion), une équipe d’enseignant-chercheurs qui interviennent tant dans la conception des cours que dans l’accompagnement des étudiants, et en lien avec le secrétariat pédagogique de notre UFR et  le service audiovisuel.

Nous accueillons entre 110 et 150 étudiants chaque année avec pour particularité des étudiants étrangers (une répartition géographique sur l’Europe, Afrique, Amérique du Nord, Antilles), soit entre 10% à 20% des inscrits.

 

 

- Concernant les travaux collaboratifs (TC). Pouvez vous nous dire ce que c’est ? Comment cela se passe dans la formation ?

 

Les Travaux collaboratifs (TC) sont des travaux à réaliser en groupe (environ 4-6 étudiants, en fonction du sujet et du choix de l’enseignant) et dans un temps limité (environ10-12 jours), sous la direction et le contrôle d’un enseignant (Forum encadré) et faisant l’objet d’une notation (50% de la note finale). Ils s’intègrent donc dans un contrôle continu.

Ces travaux collaboratifs offrent une situation particulière d’apprentissage.

Ils sont facultatifs mais l’inscription au TC vaut engagement. Si un étudiant prend part au TC, sa note pour la matière concernée sera composée à 50% par la note obtenue au TC et 50% par la note obtenue à l’examen terminal sur table en session 1. Si un étudiant ne s’inscrit pas au TC, sa note pour la matière concernée sera constituée par la note obtenue à l’examen terminal sur table.

Ainsi, il s’agit d’une « libre-adhésion » qui implique l’étudiant à la collaboration. Ils sont plébiscités par les étudiants, c’est un « espace-temps » qui se révèle très formateur.

 

Ils contribuent selon moi plus largement à la formation en termes de gestion de projets, d’organisation du travail en équipe pour de futurs professionnels du monde de l’éducation et de la formation, amenés selon les contextes à travailler / collaborer en équipe pluridisciplinaire.

Ils contribuent aussi du côté de la pédagogie universitaire à l’évolution de l’accompagnement pédagogique et de nouvelles modalités pour le développement du numérique.

 

Dans sa modalité pratique, six Travaux Collaboratifs (TC) ponctuent la formation au sein des 5 UE disciplinaires, pluridisciplinaires et optionnelle :

- Un Enseignant-Chercheur/référent produit un sujet, de nature variée, une problématique à investiguer, une étude de cas, un sujet en tension (selon la nature de l’UE à travailler).

- Il définit un temps de travail collaboratif sur une amplitude de 10-12 jours et les outils sollicités (Accès à un forum dédié, Wiki, Classe Virtuelle, Chat, messagerie, dépôt de fichiers…).

- Les groupes (4 à 6 étudiants) sont constitués de manière aléatoire de façon à générer une diversité des apprenants, susciter des « rencontres » avec des profils variés, des environnements différents.

- Une première phase délimitée à 4-5 jours, permet au groupe de prendre connaissance du sujet et « faire connaissance », définir les modalités de communication, d’échanges, les temporalités… elle se ponctue par une production individuelle portée à la connaissance du groupe.

- Vient ensuite la mutualisation durant le second temps. L’enseignant référent reste en veille sur le forum général de la promotion pour répondre aux éventuelles questions générées par le sujet.

 

Ainsi le TC se base sur les capacités de communication et d’interaction de chacun, ils sont amenés à travailler / collaborer à chacune des étapes d’élaboration du travail, la production individuelle engageant chacun lors de l’étape 1. Chacun est responsable et se sent responsable de cette production collective partagée. L’évaluation est une note collective qui aura intégré les modes de collaboration privilégiés. Les productions individuelles de la première étape restent la variable d’ajustement pour gérer les éventuels conflits inhérents à ce travail collaboratif et lorsque le groupe n’a pu sortir d’une éventuelle impasse.

Le TC reste une modalité largement plébiscitée par les étudiants en formation à distance.

Permettre l’interactivité en formation et relancer l’attention dans les moments de formation ou temps de formation qui peuvent être parfois vécus lourdement par les apprenants.

 

Le TC développe autonomie, esprit d’initiative, capacité rédactionnelle, compétences transversales, enrichit le travail personnel, permet de s’adapter à des rythmes d'apprentissage différents, continuité dans les apprentissages en lien avec les contenus et référentiel fixés, engagement du groupe, motivation intra et extrinsèque, renforcer l’assimilation des connaissances en lien avec les expériences concrètes, favoriser la communication entre les enseignants et les étudiants.

 

- Comment faites vous pour que des étudiants, qui ne se connaissent pas, ne se sont jamais vus, qui ne sont pas choisis et sont à des centaines voire des milliers de km voire avec des fuseaux horaires différents, travaillent ensemble et réalisent une production commune dans un temps restreint ?

 

- Susciter la collaboration via des activités pédagogiques encadrées, pensées en amont et suivies. Proposer des sujets en adéquation avec leurs préoccupations en formation, en lien avec leurs projets, leurs profils.

- S’appuyer sur les invariants de la pédagogie coopérative et collaborative. Un équilibre entre Temps – espace – organisation.

- Apprentissage entre pairs, cela requiert de leur part des capacités à comprendre le point de vue de l’autre pour progresser, incluant des compétences parfois interculturelles, d’empathie et de congruence.

- Les apprenants se saisissent d’une occasion de s’exprimer librement, de construire leur posture réflexive dans un espace-temps privilégié avec des outils dédiés.

 

 

- Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour se former à distance ?

 

Curiosité et veille intellectuelle, maitrise et usage des outils à disposition, participation active au forum (véritable journal de bord de la formation) et dans le rythme de la formation, s’approprier le tutorat, définir les modalités de communication / échanges en amont, retro-planning activités et attentes, et bien sur une participation active aux Travaux Collaboratifs.

 

 

Je vous remercie pour cet échange et votre apport.

Thierry Ardouin

 

Retrouver les autres épisodes de la série : consulter le sommaire.

 

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