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Investir dans la qualité de la formation, après la réforme (2/3)

06/11/2018
par Frank SAVANN
Langue: FR

 

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4 options proposées aux prestataires de formation

Avec la nouvelle configuration posée par la loi du 5 septembre (portant réforme de la formation), nous n’évoquerons plus demain le CNEFOP (1) qui s’effacera derrière l’omniprésence de France Compétences (2) et dont l’une des missions consistera à « contribuer au suivi et à l’évaluation de la qualité des actions de formation dispensées (…) ». Pour assurer cette mission, France Compétences s’appuiera sur deux instances :

-         une instance nationale d’accréditation, a priori le Cofrac, le comité français d’accréditation,

-         une autre instance de labellisation reconnue par France Compétences sur la base d’un référentiel national

Dès lors qu’un organisme de formation souhaite accéder à des financements publics ou mutualisés assurés par un Opérateur de Compétences (2), Pôle Emploi, l’Etat, les Régions, la Caisse des dépôts et consignations ou l’Agefiph (3), il doit penser qualité de la formation au sens réglementaire.

Les règles actuelles ne devraient donc pas fondamentalement changer à une ou deux nuances près, mais les pratiques, elles, ont tout intérêt à évoluer. Voici un tour d'horizon des options offertes aux professionnels soucieux de la qualité de la formation

Option 1 : (ré)investir dans une certification qualité

Jusqu’en 2021 et après, viser la satisfaction client par un système de management de la qualité attesté par un certificateur sera toujours une des options offertes aux « prestataires de formation ».

La certification choisie par les organismes devra néanmoins être reconnue par le Cofrac (4). Ainsi, tous ceux qui disposent déjà d’une certification qualité peuvent déjà vérifier (ici) si leur certification est reconnue. Si ce n’est pas le cas, ils peuvent se tourner vers leur organisme de certification pour lui demander s’il a entrepris des démarches en vue d’une reconnaissance Cofrac.

Quoi qu’il en soit, le nouveau décret qualité comportera certainement des critères soit différents soit supplémentaires par rapport au décret du 30/06/2015. Les référentiels des organismes de certification devront donc évoluer pour les intégrer et se conformer ainsi à la nouvelle réglementation.

Option 2 : investir dans « l'offre » proposée par la future instance de labellisation

Cette instance sera reconnue par France Compétences et élargira ainsi les choix offerts aux prestataires de formation.

Il est encore tôt pour se prononcer sur ce contre-poids de l’option 1. On peut espérer de cette instance de labellisation une alternative plus avancée qu’un autre mode d’accès à la certification, qui serait en définitive contraint pour les professionnels de la formation.

On aurait, par exemple, tout intérêt à ne pas faire table rase du data-dock. Cette base de données unique reste la plus pertinente sur les pratiques de plus des 2/3 des prestataires de formation déclarés en France. En effet, comment parler de qualité de formation sans évoquer les pratiques des professionnels.

Même si son approche reste déclarative (déclaration de l'activité du prestataire de formation selon 21 indicateurs qualité) et très administrative (importation d’éléments de preuve), la majorité des prestataires a reconnu que le data-dock leur a permis de se poser les bonnes questions sur leur activité et son développement. Cette vertu pédagogique doit être relayée par cette instance de labellisation pour permettre aux prestataires les plus compétents de poursuivre leur activité, de penser la qualité et de décider ensuite s’ils s’engagent dans un certification Cofrac (option 1).

Option 3 : poursuivre une relation directe avec vos clients

Il sera toujours possible comme c’est déjà le cas aujourd’hui "d’échapper au décret qualité" lorsque la relation entre un prestataire et une entreprise s’opère sans intermédiation financière.

En se maintenant sur cette option, les prestataires d’actions de compétences doivent donc réfléchir à leur marché aujourd’hui et celui qu’ils souhaitent conquérir demain.

Est-ce que je suis positionné sur un marché de niche fort de mon expertise ? Comment ce marché évoluera-t-il demain ?

Quelle est la part de mon activité en relation directe sans intermédiation financière ?

Est-ce que je souhaite/peux continuer de travailler avec des PME (au-delà de 50 salariés) ou grandes entreprises ? 

Est-ce que je souhaite élargir mon offre de formation sur des actions certifiantes ?

L’enjeu de l’option 3 étant d’abord d’ordre économique, il est difficile d’envisager, sauf dans quelques rares exceptions, que cette option suffise au prestataire.

Option 4 : investir dans le développement des compétences

Depuis la loi de 1971, on a naturellement, en France, structuré notre système de formation de manière à en garder le contrôle financier. Cela a impliqué de s’intéresser d’abord aux conditions d’organisation de l’action de formation : un objectif, un programme, des moyens pédagogiques et d’encadrement, un dispositif de suivi et d’appréciation.

En suivant cette logique, la formation s’est souvent limitée au « simple » partage de connaissances entre les apprenants et le formateur. Après l’émargement (dispositif de suivi), la formation se termine par un tour de table et l’indispensable questionnaire d’évaluation de satisfaction (dispositif d’appréciation) que l’on a depuis numérisé.

En réalité, une action de formation se poursuit ou doit se poursuivre en situation de travail ou de production.

Les apports d’une formation doivent en effet être transférés dans le contexte professionnel de l’apprenant. L'atteinte des objectifs d’une formation est évalué à l'issue de la formation. Le développement des compétences que la formation prétend viser doit s’exercer, se développer et s’évaluer après, avec la contribution du prestataire de formation. Une attestation de formation atteste du suivi d’une formation, et non pas des compétences acquises ou développées. Cette assistance pédagogique est une des composantes de la qualité de la formation.

Par ailleurs, si l’on se fie à la nouvelle définition de l’action de formation qui devient un « parcours pédagogique permettant d’atteindre un objectif professionnel, en tout ou partie à distance ou en situation de travail », rien ne s’oppose sur le plan légal à ce qu’un accompagnement par le prestataire se poursuive, alors même que la partie présentielle et collective, attestée par l’émargement, est terminée. Evidemment, il s’agira d’apporter les preuves de cette assistance pédagogique individuelle post-formation, mais cela reste une formalité.

Les opérateurs de compétences, et autres financeurs concernés par le futur décret qualité, doivent aussi, de leur côté, décider comment ils envisageront demain d’accompagner, voire de soutenir, « l’innovation pédagogique » portée par les professionnels de la formation au service de la compétence, de la qualité.

Il ne reste plus qu’à s’en donner les moyens.

Ces options sont cumulatives et non pas exclusives. Aujourd'hui, un prestataire de formation peut être certifié, data-docké (référencé dans la base de données des prestataires de formation répondant aux critères du 1er décret qualité) et travailler en relation directe avec une entreprise.

A suivre...

Investir dans la qualité de la formation, après la réforme (1/3) 

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 Frank SAVANN est expert thématique EPALE France et consultant RH & formation.  

 

(1) Le Conseil National de l'Emploi de la Formation et de l'Orientation Professionnelles est notamment chargée de lister les certifications qualité auxquels les prestataires de formation peuvent souscrire pour se conformer au décret qualité du 30/06/2015 et ainsi accéder à des fonds publics ou mutualisés http://www.cnefop.gouv.fr/qualite/liste-des-certifications-et-labels-gen...;

(2) Créée dans le cadre de la réforme de la formation, France Compétences est l'institution nationale publique qui assurera une mission de redistribution des fonds de la formation au sein des 11 Opérateurs de Compétences (chargés de financer la formation pour les salariés occupés du secteur privé). Pour veiller au bon usage des fonds, France Compétences assurera également une mission portant sur la qualité de la formation

(3) Créée en 1987, cette association intervient dans le maintien dans l'emploi des personnes handicapées. A ce titre, elle peut financer des formations et est tenue du bon usage des fonds publics en suivant les critères du décret qualité. https://www.agefiph.fr/

(4) Créé en 2010, le comité français d'accréditation est une association chargée de délivrer les accréditations aux organismes intervenant dans l'évaluation de la conformité en France.

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