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Investir dans la qualité de la formation, après la réforme (1/3)

19/10/2018
by Frank SAVANN
Langue: FR

La réforme de la formation en France nous arrive avec son lot de changements qui ne sera pas sans incidence sur le marché de la formation. 2ème réforme de la formation en 4 ans qui traite du sujet de la qualité après une première étape marquée par le décret du 30 juin 2015, dit « décret qualité ». En attendant la sortie du prochain décret (1), c’est l’occasion de rappeler ce que l’on peut attendre d’une certification qualité ou d’une formation de qualité dans le cadre d’une réforme où l’objectif de la loi qui la porte est de « Tendre vers une nouvelle société de compétences ».

 

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Les fondations du futur décret qualité

Le premier décret qualité a donné lieu fin 2016 à une première liste de certifications, établie par le CNEFOP (2), qui depuis s’est considérablement étoffée en un inventaire à la Prévert où peut-être seuls quelques spécialistes ès qualités s’y retrouvent.

Dans l’objectif de l’accès aux fonds de la formation, l’investissement dans la qualité par la certification, si satisfaisant soit-il pour les certificateurs débordés par une demande exponentielle alors que le marché n’a jamais été aussi concurrentiel, a quand même été totalement dépassé par celui impliquant pour les prestataires de formation de décrire et d'apporter les preuves de leurs activités dans le data-dock vers lequel ils se sont massivement rués.

Le choix du data-dock préféré par les prestataires n’a pas été uniquement dicté par l’investissement financier que constitue l’option de la certification. Parce que même si l’inscription au data-dock est gratuite, les OPCA (3), notamment interprofessionnels, ont multiplié les réunions d’information et proposé des solutions de financement pour accompagner les prestataires vers la certification.

Par ailleurs, la profusion des certifications inscrites sur la liste du CNEFOP (à ce jour, 32 certifications ou labels généralistes et 21 certifications ou labels spécialisés) a créé chez les professionnels de la formation, outre la contrainte réglementaire, une complexité digne des listes CPF dont on sait qu’elles ont découragé plus d’un candidat pourtant disposés à mobiliser leurs droits à la formation.

Enfin, si les professionnels de la formation s’accordent majoritairement à reconnaître l’intérêt d’une démarche qualité, que certains qualifient de « mal nécessaire », ils ne se résignent toujours pas à l’idée selon laquelle la qualité de leurs formations pourrait être attestée par une certification qui reste une étape, pas une finalité.

Dans les deux options offertes par le décret de 2015, certification ou référencement data-dock, si on vise et mesure la satisfaction du client, qu'il soit prescripteur ou apprenant, on reste quand même très attaché aux conditions d’organisation de l'action de formation.

Certes, l’article 8 de la loi du 5 mars 2014 a surtout et d’abord renforcé la mission de contrôle des OPCA, sans contrepartie financière, avec une série d’indicateurs à produire et des visites sur site [800 sur l’exercice 2018 (4)] afin de confronter les déclarations data-dock des prestataires à la réalité de leur gestion documentaire, souvent balbutiante.

Néanmoins, si les OPCA avaient été un tantinet plus ambitieux dans leur interprétation des textes, en allant au-delà des 21 indicateurs, ils auraient surpassé la limite réglementaire des 6 critères du décret pour s’intéresser aux véritables attendus d’une formation et non pas à ses seules conditions et modalités de réalisation.

Les OPCA auraient peut-être ainsi effleuré le sujet de la compétence comme une des finalités de toute formation, 1 an avant que la loi « avenir professionnel » ne le décide pour eux par une réforme systémique…

Le futur décret qualité dispose donc d’un court historique sur le comportement des professionnels dans leur rapport à la qualité de la formation. Ces derniers restent encore résolument attachés aux bonnes pratiques qui ont forgé leur métier pendant des décennies et qui servent au moins autant la « satisfaction client » qu’une certification ou dans une moindre mesure un référencement data-dock. Néanmoins, d’ici 2021, tous les prestataires de formation, CFA y compris donc, devraient être appelés à s’engager sur la voie de la certification.

Dans ces conditions, peut-on encore parler d’investissement dans la qualité de la formation lorsque la contrainte réglementaire oriente très fortement vers ce qui semblerait être demain l’unique option ?

Comment le prochain décret conjuguera-t-il la rigueur d’un cadre assurant un bon usage des fonds de la formation quand, pour la première fois est définie l’action de formation autrement que par ses conditions de réalisation ?

A suivre… 

Cliquez ici pour accèder à la suite de cet article 

 

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Frank SAVANN est expert thématique EPALE France et consultant RH & formation. 

 

 

(1) LOI n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel : « Art. L. 6316-1.-Les prestataires mentionnés à l’article L. 6351-1 financés par un opérateur de compétences, par la commission mentionnée à l’article L. 6323-17-6, par l’Etat, par les régions, par la Caisse des dépôts et consignations, par Pôle emploi ou par l’institution mentionnée à l’article L. 5214-1 sont certifiés sur la base de critères définis par décret en Conseil d’Etat. » 

(2) CNEFOP : Conseil National de l'Emploi de la Formation et de l'Orientation Professionnelles http://www.cnefop.gouv.fr/qualite/

(3) OPCA Organisme Paritaire Collecteur Agréé, les OPCA sont des organismes qui collectent et gèrent les fonds de la formation professionnelle en France. Avec la réforme de la formation, ils sont appelés à disparaître pour être remplacés par des Opérateurs de Compétences.

(4) Rapport d’activité 2017 du GIE D2OF https://www.data-dock.fr/?q=node/169

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