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FOAD, Multimodalité ou les deux : des pistes

13/06/2016
par Jean Vanderspelden
Langue: FR

FOAD, Multimodalité ou les deux ; de la nécessité d’innover pour que tous les adultes puissent enfin bien se former !

Partie 2/2 : des pistes

Si la multimodalité aujourd’hui semble convenir à l’ensemble des acteurs, le législateur lui a choisi le terme «FOAD» pour ancrer dans les tablettes de loi, le fait qu’aujourd’hui «un adulte peut apprendre sans la présence continue de son formateur». Il s’agit d’une véritable révolution copernicienne dans une partie du monde de la formation, à l’exception notable des équipes pédagogiques convaincu depuis Karl Roger que «le formateur peut gêner l’apprentissage».  Nous faisons ici explicitement référence au décret sur la FOAD, daté d’août 2014. Il fixe les conditions de mise en oeuvre de parcours de formation qui intègre de plus en en plus systématiquement, dans l’intérêt de l’apprenant, des actions à distance, partiellement ou totalement. Ce décret, un parmi une vingtaine, prend corps dans la loi sur la réforme de la formation professionnelle, datée de mars 2014. Ces deux objectifs fondamentaux sont d’une part, faciliter l’accès à la formation pour tous, surtout les moins qualifiés et, d’autre part, encourager l’innovation dans les pratiques de formation. Dans les deux cas, la FOAD répond à ces attentes. Pendant plus de 20 ans le FFFOD a exercé un lobbying pour faire reconnaître la FOAD comme une modalité d’avenir. Entre temps, le concept de multimodalité a surgi, avec une vision plus porteuse. Le temps de l’action des acteurs de la formation qui a tendance à s’accélérer, n’est pas manifestement le temps du législateur ! Alors que faire ? Peut-être, s’agit-il juste d’affirmer haut et fort que le terme FOAD équivaut à celui de Formation multimodale ou de Formation Digitale. Le premier est important à la vue de l’application du décret éponyme pour sécuriser le financement de ces actions. Le second est fertile en vue de développer des ingénieries innovantes et les vendre auprès des entreprises, des OPCA, des Conseils Régionaux, de Pôle Emploi, de l’AGEFIPH, etc. Le troisième prend en compte la numérisation accélérée des contenus, des process et des territoires.

Si on reconnaît l’équivalence entre FOAD, Multimodalité, e-Formation et Formation Digitale, reste que pour la plupart des décideurs, forts de leur représentation traditionnelle de l’action de formation dans son unité de temps et d’action, la multimodalité se restreint trop souvent à une alternance de temps de formation en présentiel et de temps de formation à distance. Même si cela correspond à une vraie avancée, de notre point de vue, il s’agit là d’une représentation restreinte de la FOAD, de la Formation multimodale ou de la e-formation. Si le législateur reconnaît le droit à un apprenant de dérouler une partie de son parcours de formation sans la présence physique de ses formateurs, alors ipso facto, on légitime et surtout on valorise, à coté de temps de formation, des temps d’autoformation accompagnée. Les compétences d’auto-régulation et d’auto-détermination[1], et donc, de collaboration en résonance avec apprendre à apprendre, viennent enrichir et consolider les compétences clés, les compétences générales, les compétences spécifiques et les compétences métiers.

Mettre en place des actions de formations multimodales, intégrant une série d’alternance complémentaire et cadrée : présence/distance ; formation/autoformation accompagnée ; individuelle/collective ; en centre de ressources/en ligne, synchrone/asynchrone ; transmission/collaboration ; en centre/en situation de travail, formel/informel, … c’est penser collectivement, mettre en oeuvre et réguler une ingénierie assurant une diversité de situations formatives contraignantes, souples et libres[2]. Cette diversité est propice à l’exercice de la liberté et à la responsabilité de chaque apprenant, y compris les plus faiblement qualifiés, pour s’impliquer, apprendre, produire et se valoriser, seul, avec ses pairs, avec ses formateurs et autres personnes ressources.

Loin de l’ubérisation[3] annoncée du marché de la formation, les formations multimodales sont des réponses opérationnelles répondant à la fois aux attentes légitimes des apprenants pour la plupart, de plus en plus connectés qui interagissent différemment via le territoire numérique, y compris pour iapprendre, et aux demandes de qualité des prestations de financeurs privés et publics, en vue d’accompagner un public, de plus en plus large, à se former tout au long de la vie.

Jean Vanderspelden – juin 2016

[2] « Evolutions de la FOAD : questions de temps et d’espaces». Voir support d’intervention de J. Dubois – Mars 2016 GIP FTLV Bourgogne http://www.foad-bourgogne.org/liste.actualites.6.a.p1/actu.evolutions-de-la-formation-a-distance-par-jacques-dubois-academie-de-dijon.597.php

[3] Voir article « L’ubérisation de la formation est en marche, oui mais comment ? » - THOT novembre 2015 - http://cursus.edu/article/26374/uberisation-formation-est-marche-oui-mai...

 

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  • Portrait de Jean Vanderspelden

    Oui Roseline, je partage votre point de vue ; pas de formation sans un accompagnement (multomodal, c'est-à-dire adapté et évolutif) dans lequel le numérique peut et doit prendre une place, toujours au profit d'une relation d'aide entre "apprenant et appreneur" et entre apprenants. 

  • Portrait de Roseline Le Squère

    Bonjour,

    Merci pour cet article. Je réagis aux deux dernières lignes qui montrent bien comment les nouvelles technologies méritent de penser dans le même temps les modalités d'accompagnement qui pourront être mises en place. Si un adulte peut, en effet, apprendre sans la présence continue de son formateur, cela renvoie à l'accompagnement, qui lui aussi, peut devenir multimodal. Plus que jamais, professionnaliser l'accompagnement est nécessaire.