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Le « Socle européen des droits sociaux » et l’orientation tout au long de la vie pour un marché du travail en évolution rapide — Discours liminaire d’Alison Crabb (2ème partie)

15/01/2019
by Camille POIRAUD
Langue: FR
Document available also in: EN NL

 

[Traduction (anglais-français) : EPALE France]

Alison Crabb, qui travaille à la Commission européenne depuis 1999, dirige actuellement l’unité Compétences et qualifications de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion. Dans son discours d’ouverture prononcé lors de la conférence Euroguidance Autriche 2018, le 8 novembre 2018, elle a abordé les défis posés par un marché en rapide évolution.

Retourner à la 1ère partie

Un deuxième domaine de travail important à l’heure actuelle concerne les «parcours de renforcement des compétences» dans lesquels les États membres se sont engagés à s’adresser aux adultes les moins qualifiés, à ceux qui ne disposent pas de diplôme d’études secondaires, afin de leur donner la possibilité de développer trois compétences de base : la lecture, le calcul et le numérique. L’orientation joue un rôle crucial dans ce domaine; une offre d’apprentissage sur-mesure peut être faite sur la base d’une évaluation de ce qu’une personne sait et peut faire. Et dans de nombreux cas, c’est l’occasion de faire reconnaître les compétences et de faire progresser ces individus sur la voie de l’apprentissage. Tous les États membres ont émis un rapport sur les mesures qui ont été prises jusqu’à présent, et la Commission rassemblera ses expériences dans un rapport de synthèse au cours du premier trimestre de l’année prochaine.

Enfin, l’orientation est bien évidemment essentielle à l’intégration des réfugiés et des migrants sur le marché du travail et, plus largement, dans la société. L’accompagnement professionnel est la clé d’une intégration réussie. La Commission a conçu un outil en ligne «de profilage des compétences des ressortissants de pays tiers» à l’usage des praticiens de l’orientation, des centres d’accueil ou de tout autre organisme en contact avec les réfugiés et les migrants. Il est basé sur des questions pratiques permettant de dépasser le cadre standard des qualifications formelles : avez-vous déjà pris soin de personnes âgées ou d’enfants? Savez-vous conduire un véhicule? Avez-vous des talents culinaires? Ce n’est qu’une petite portion du chemin vers l’intégration, mais nous espérons que ce sera un outil utile et pratique pour les praticiens de l’orientation.

Tout cela contribue à mettre en pratique ce que nous appelons le Socle européen des droits sociaux, un ensemble de 20 principes pour des marchés du travail et une protection sociale équitables et efficaces définis l’an dernier par les chefs d’État et de gouvernement lors du sommet social de l’UE. Pour la communauté de l’orientation, il est intéressant de constater que le tout premier de ces 20 principes est le droit d’accéder à un apprentissage, à une éducation et à une formation de bonne qualité tout au long de la vie. Un autre principe stipule clairement que les personnes ont droit à une assistance, à un soutien et à des conseils actifs pour affronter leurs transitions sur le marché du travail. C’est l’un de nos sujets phares d’aujourd’hui : que vous soyez peu, moyennement ou hautement qualifié, l’orientation vous aidera à aller de l’avant.

Nous pouvons donc voir que, sur le plan politique, l’orientation est un fil rouge qui parcourt les initiatives européennes en matière d’emploi et de politiques sociales. Mais où en sommes-nous dans la pratique? Là, l’image est plus nuancée. Mon deuxième message est donc que l’orientation a encore du chemin à faire pour atteindre son potentiel. Il reste encore un long trajet à parcourir pour mettre en œuvre les principes du socle européen des droits sociaux.
Un récent sondage Eurobaromètre a ainsi montré que plus de 60 % des personnes interrogées reconnaissaient que l’orientation était utile pour trouver un emploi, et 70 % pour identifier les formations complémentaires pertinentes. Pourtant, seule une personne sur quatre avait effectivement déjà eu recours à un service d’orientation, généralement des personnes ayant suivi un cursus d’études supérieures et, le plus souvent, alors qu’elles étaient encore dans le système formel d’éducation et de formation. C’est là le vrai défi à relever : faire sortir l’orientation de la salle de classe pour l’intégrer partout, à toutes les étapes de la vie.

Alors, que pouvons-nous faire pour aller de l’avant? Je souhaiterais mettre l’accent sur trois domaines de travail, qui sont en cours, et dans lesquels nous pouvons faire plus :

  • Le premier concerne l’information, une meilleure compréhension des politiques et des pratiques tant au niveau national qu’européen.
  • Le second concerne la collaboration, les possibilités de comprendre, d’adapter et d’adopter des politiques et des pratiques dans des contextes divers.
  • En troisième lieu, les outils pratiques, idéalement assortis d’un financement, peuvent faire une différence dans la mise en place des pratiques d’orientation et dans la sensibilisation des différentes communautés.

L’orientation est clairement un domaine de compétence nationale, où la responsabilité se situe dans les mains des gouvernements des États membres et des parties prenantes, mais au niveau de l’UE, nous avons une solide expérience de la manière dont nous pouvons travailler ensemble pour faire avancer les choses.

  • L’an dernier, nous avons célébré les 25 ans du réseau Euroguidance, qui soutient la mobilité des apprenants et développe la coopération à travers l’Europe.
  • L’ELGPN, le réseau européen pour le développement des politiques d’orientation tout au long de la vie, a élaboré des lignes directrices très utiles basées sur une expérience approfondie et des échanges entre experts.
  • L’an prochain, la Commission lancera une étude portant spécifiquement sur la manière dont l’orientation peut contribuer aux transitions sur le marché du travail. Nous voulons mieux comprendre certaines nouvelles tendances et technologies utilisées afin d’en tirer des conclusions pour notre future coopération au niveau européen.
  • Nos collègues du CEDEFOP animent un nouveau réseau d’experts nationaux en orientation, «CareersNet», en vue de recueillir des données actualisées.
  • Nous sommes également en train de discuter et de concevoir un nouvel Europass avec les États membres et les parties prenantes. Europass est déjà un site très fréquenté enregistrant 2 millions de visiteurs par mois, mais la technologie a considérablement évolué depuis son lancement. D’ici la fin de l’année prochaine, nous souhaitons inaugurer un nouvel Europass doté d’outils plus modernes, notamment des liens qui orienteront les utilisateurs vers les services d’orientation au niveau national. Nous voulons également mieux intégrer l’intelligence des compétences à Europass. Les professionnels de l’orientation et les citoyens devraient être en mesure de comprendre les dernières tendances et prévisions en matière de compétences dans leur domaine d’intérêt.
  • Enfin, nous attendons avec impatience la prochaine génération d’Erasmus. Dans le cadre de la proposition de la Commission pour le futur budget de l’UE, le nouveau volet «investir dans les ressources humaines» regroupe des programmes tels qu’Erasmus et le Fonds social européen, accompagnés de budgets ambitieux. La proposition de la Commission est d’environ 100 milliards d’euros pour le futur budget du FSE et d’environ 30 milliards pour Erasmus, soit un doublement par rapport au niveau actuel. Qu’il s’agisse d’actions de mobilité, d’expérimentations politiques ou de partenariats transfrontaliers, vous aurez l’occasion de tester et de développer de nouvelles approches et d’apprendre par-delà les frontières.

Pour terminer, je salue particulièrement l’orientation thématique de cette conférence. C’est une période propice pour réfléchir au rôle de l’orientation dans un marché du travail fluide et dans une société en rapide évolution. La technologie apporte son lot de défis, mais également de nombreuses opportunités en termes de conception et de mise en œuvre de l’orientation, de moyens d’atteindre les gens et d’adapter l’information à leurs besoins.

Voilà donc les défis et les opportunités auxquels nous somment confrontées : concevoir une offre d’orientation pour des citoyens très divers à des étapes différentes de leur parcours, dans tous les domaines et tout au long de la vie. Je me réjouis à l’idée de poursuivre ma collaboration dans ce domaine avec mes collègues de la Commission. Merci encore à Euroguidance et aux hôtes et organisateurs autrichiens, c’est toujours un plaisir de travailler avec vous, que ce soit à Bruxelles ou, ici, à Vienne!


 

Alison Crabb, qui travaille à la Commission européenne depuis 1999, dirige actuellement l’unité Compétences et qualifications de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion. Son équipe travaille avec les États membres, les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes pour améliorer le développement et la compréhension des compétences afin d’améliorer les choix de carrière et de rendre les compétences et les qualifications plus visibles et comparables.

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Euroguidance Fachtagung 2018 (c) OeAD-GmbH/APA-Fotoservice/Hörmandinger

 

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