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Le « Socle européen des droits sociaux » et l’orientation tout au long de la vie pour un marché du travail en évolution rapide — Discours liminaire d’Alison Crabb (1ère partie)

15/01/2019
par EPALE Österreich
Langue: FR
Document available also in: EN NL

[Traduction (anglais-français) : EPALE France]

Alison Crabb, qui travaille à la Commission européenne depuis 1999, dirige actuellement l’unité Compétences et qualifications de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion. Dans son discours d’ouverture prononcé lors de la conférence Euroguidance Autriche 2018, le 8 novembre 2018, elle a abordé les défis posés par un marché en rapide évolution.

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Euroguidance Fachtagung 2018 (c) OeAD-GmbH/APA-Fotoservice/Hörmandinger
(c) OeAD-GmbH/APA-Fotoservice/Hörmandinger

Je suis vraiment ravie de pouvoir me joindre à vous aujourd’hui. C’est un moment spécial à Vienne, qui accueille la Vocational Skills Week 2018 (semaine des compétences professionnelles). Et bien sûr, l’Autriche assure actuellement la présidence du Conseil de l’UE. Les collègues de vos ministères font donc un excellent travail à Bruxelles en présidant des discussions sur toute une gamme de domaines politiques.

Le sujet de mon discours d’aujourd’hui est l’orientation tout au long de la vie dans un marché du travail en évolution rapide. En venant ici, j’ai repensé à ma toute première visite à Vienne, il y a 25 ans. J’étais étudiante à l’époque et je commençais à faire mon entrée dans le monde du travail, me demandant ce que l’avenir allait me réserver.

Lorsque je regarde le marché du travail d’aujourd’hui, que ce soit pour les jeunes qui font leurs débuts ou pour ceux d’entre nous qui ont déjà une certaine expérience, je pense qu’il est juste d’affirmer que le modèle de progression de carrière «linéaire» appartient désormais au passé. Nous évoluons dans un marché du travail de plus en plus fluide où les gens passent d’un emploi à l’autre, d’une carrière à l’autre, d’un statut à l’autre, apprenant et se formant sans cesse de manière intermittente. Il s’agit d’un environnement beaucoup plus chaotique qu’il y a 25 ans.

Il faut donc se poser la question : aujourd’hui, existe-t-il un travail typique? L’enquête européenne sur les forces de travail nous apprend que moins de 60 % des personnes travaillant actuellement dans l’UE disposent d’un contrat à temps plein à durée indéterminée. En d’autres termes, environ 40 % d’entre sont indépendants, travaillent à temps partiel, par intérim ou via une plateforme de travail collaboratif.

Notre façon de travailler et notre de mode de vie sont influencés par les «mégatendances» de la chaîne de valeur mondiale, de la démographie et, bien sûr, de la numérisation.

Pour introduire nos réflexions aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous deux statistiques :

  • Dans un récent rapport sur «L’avenir de l’emploi», le Forum économique mondial a estimé qu’aujourd’hui environ 30 % des tâches professionnelles étaient effectués par des machines. Dans les cinq prochaines années, ce taux devrait se situer entre 40 et 60 %, ce qui représente une énorme augmentation.
  • L’autre vient de l’OCDE, qui s’est penchée sur la capacité des ordinateurs ou de l’intelligence artificielle à accomplir certaines tâches. Elle conclut qu’entre 30 et 40 % de la main-d’œuvre utilise des compétences cognitives, telles que la littératie et la numératie, à un niveau équivalent ou inférieur au niveau actuel des capacités informatiques.

Il apparaît donc clairement que nous devons envisager de nouvelles façons de travailler main dans la main avec la technologie : envisager non seulement la «robotisation», mais peut-être plutôt la «cobotisation», la connexion entre les humains et les machines. Il est temps de réfléchir sérieusement à l’impact que tout cela aura sur le monde du travail.

Pour revenir la question de savoir si nous sommes bien préparés à ces changements, tant dans notre vie personnelle que professionnelle, dans la plupart des pays d’Europe, la réponse est probablement que nous pourrions mieux faire. L’étude du PIAAC a mis en lumière le nombre important d’adultes peu qualifiés en Europe. Environ 60 millions d’adultes ne possèdent pas un niveau fonctionnel en lecture, écriture ou résolution de problèmes numériques; un défi qui va bien au-delà du marché du travail et a un impact sur leurs chances de se sentir à l’aise et confiants dans leur vie quotidienne.

Alors, quelle est la place de l’orientation, notre sujet d’aujourd’hui, dans ce tableau?

L’orientation peut être définie comme un des maillons d’une chaîne complexe offrant des possibilités d’apprentissage et de travail tout au long de la vie, alliant les questions d’emploi, les questions sociales, l’intégration, la productivité et l’innovation. L’orientation a un rôle clé à jouer dans l’ouverture de ces opportunités, et c’est de cela que nous allons parler aujourd’hui.

Commençons par examiner notre position par rapport à la politique de l’UE en matière d’orientation tout au long de la vie. Mon premier message est positif. Nous avons constaté que, au cours des cinq dernières années, l’orientation a été à la base de toutes nos initiatives dans les domaines de l’emploi et des politiques sociales. Cela va de notre travail sur le décrochage scolaire pour réduire le nombre de jeunes quittant l’école sans qualification, à la Garantie pour la jeunesse, permettant d’orienter les jeunes vers de nouvelles opportunités, en passant par la lutte contre le chômage de longue durée en s’adressant aux populations les plus vulnérables sur le marché du travail.

L’orientation est également un des fils rouges de l’Agenda des compétences pour l’Europe. Je me contenterai de mentionner trois de nos initiatives qui font actuellement la une de l’actualité européenne et pour lesquels l’orientation est clairement la clé du succès.

La première est la validation de l’apprentissage non formel et informel. En d’autres termes, les 80 % de l’apprentissage qui, nous le savons, ont lieu à l’extérieur et après l’éducation et la formation formelles initiales. Dans un marché du travail fluide, trouver des moyens de saisir, de comprendre, de rendre visible et de considérer à sa juste valeur l’apprentissage et les compétences sera un élément essentiel pour que les gens puissent approfondir leur parcours d’emploi et de formation.

D’ici la fin de l’année prochaine, la Commission émettra un rapport sur l’évolution de la validation dans chaque État membre et au niveau de l’ensemble de l’Europe depuis la Recommandation de 2012 sur la validation, qui a invité les États membres à mettre en place des dispositifs nationaux de validation. Nous nous intéresserons également à des mesures de suivi en émettant des propositions sur la manière dont nous pourrions aller encore plus loin ensemble

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Alison Crabb, qui travaille à la Commission européenne depuis 1999, dirige actuellement l’unité Compétences et qualifications de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion. Son équipe travaille avec les États membres, les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes pour améliorer le développement et la compréhension des compétences afin d’améliorer les choix de carrière et de rendre les compétences et les qualifications plus visibles et comparables.

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