chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE

Plateforme électronique pour l'éducation et la formation des adultes en Europe

 
 

Blog

EPALE LongReads : l’importance du patrimoine culturel pour l’apprentissage tout au long de la vie (entretien avec Friederike Fankhänel)

30/01/2018
par Rumen HALACHEV
Langue: FR
Document available also in: EN FI PL HR HU ET NL

/fr/file/art-nouveauArt Nouveau

Art Nouveau

 

Friederike Fankhänel est éducatrice en art et design au Musée des Art et Métiers de Hambourg (Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg, MKG). Avec sa collection d’environ 500.000 objets couvrant 4.000 ans de l’histoire de l’humanité, le MKG est un des musées des arts et métiers les plus influents d’Europe. Inauguré en 1877, le MKG raconte l’histoire passionnante de la créativité humaine. Ses précieuses collections rassemblent des objets d’art ancien et contemporain venant d’Europe, de régions de culture islamique et d’Extrême Orient. Friederike Fankhänel nous a fait part de ses réflexions sur le rôle du patrimoine culturel dans l’apprentissage tout au long de la vie, et a expliqué comment des gens de tous âges pourraient bénéficier des activités proposées par le MKG.

 

Pourriez-vous nous parler de votre rôle au MKG ?

J’ai un diplôme en communication visuelle et une expérience de formatrice freelance en design et en art. Je travaille actuellement au sein du département de l’éducation à l’art et au design du MKG. Nous organisons des visites guidées, des ateliers, des activités, mettons en œuvre différents projets de communication et publions un contenu numérique varié en lien avec les collections du musée et les expositions spéciales. Nous voulons aider nos visiteurs à tisser une relation personnelle avec leur patrimoine culturel et les inciter se servir de celui-ci pour nourrir leur réflexion, leurs recherches et créations. Les activités du musée sont disponibles dans nos archives en ligne appelées Studio MKG.

/fr/file/studio-mkgStudio MKG

Studio MKG

Dans Studio MKG, les utilisateurs peuvent prendre connaissance des activités éducatives du MKG.

 

Quel rôle, selon vous, le patrimoine culturel peut-il jouer pour l’apprentissage tout au long de la vie ?

 

Naturellement, l’histoire de l’art peut nourrir l’éducation formelle d’un individu. Et en même temps, comprendre que notre culture est ouverte aux influences, qu’elle est le fruit de milliers d’années d’échanges et de transformations peut nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons actuellement et à faire face aux problèmes que nous y rencontrons.

Dans les musées, le format d’une exposition offre différents environnements d’apprentissage : on peut s’y déplacer à son rythme, faire son propre voyage en en explorant le contenu, contempler les objets par soi-même, ou discuter ou dessiner en groupe.

Le patrimoine culturel peut également inspirer l’organisation d’activités dans plusieurs autres domaines : pourquoi ne pas utiliser une exposition d’art pour pratiquer des langues étrangères ou réaliser des gâteaux avec des motifs rococo ou Art déco ? La possibilité de réutiliser directement des images du domaine public à des fins éducatives, créatives et commerciales est encore sous-estimée mais permettra l’émergence de projets passionnants qui auront un impact aussi bien éducatif que social.

 

Quelles activités organise le musée en son sein avec les ressources d’apprentissage tout au long de la vie dont il dispose ?

Nous proposons un guide imprimé rédigé dans un langage simple pour notre collection d’Art Nouveau. Les visiteurs peuvent déambuler à travers l’exposition et s’y retrouver à l’aide de symboles facilement identifiables visibles dans chaque pièce. La brochure met également l’accent sur les artistes et ce qui a motivé la création de leurs modèles les plus célèbres. Et nous avons mis à disposition des visiteurs un ensemble de carreaux de céramique émaillée au moyen de différentes techniques correspondant à nos objets d’Art Nouveau afin de permettre une approche concrète, tactile de notre collection.

/fr/file/art-nouveau-mkgArt Nouveau MKG

Art Nouveau MKG

Ornements d’intérieurs Art Nouveau, avec une brochure explicative rédigée dans un langage simple. Carreaux émaillés typiques pour intéresser les visiteurs à la vaste collection de céramiques Art Nouveau. Images : Interior view © MKG, the others CC BY-SA-4.0

 

Une des initiatives majeures du musée est l’exposition « Religions du monde. Bouddhisme, Judaïsme, Christianisme, Islam ». Notre collection d’objets aussi bien rituels que profanes met en lumière les divergences et l’influence mutuelle entre quatre religions du monde. Les participants discutent de concepts comme « le paradis » ou de la signification de l’eau dans les différentes croyances religieuses avec un historien de l’art et de la culture de notre équipe.

Au MKG, nous invitons également les visiteurs à exercer leurs compétences dans des ateliers de calligraphie, dessin manga, conception de bijoux et animation en stop-motion. Je considère que les expériences concrètes sont très importantes et constituent une approche intuitive et stimulante qui permet le tissage de liens étroits avec le patrimoine culturel et offre une opportunité de maintenir les connaissances et les techniques vivantes.

 

Et qu’en est-il de vos activités en ligne ?

Notre musée a été pensé en 1877 comme une collection de modèles de conception intéressants pour les étudiants et artisans locaux. Nous partageons toujours cette vision aujourd’hui mais nous avons désormais pour objectif d’inspirer tous nos visiteurs, quels que soient leur profession, leur âge ou leurs compétences. Nous nous adressons également aux visiteurs virtuels du monde entier qui pourraient ne jamais venir dans notre musée physique mais sont intéressés par ce que nous proposons sur Internet.

C’est pour eux que nous créons des programmes en ligne qui ne sont pas seulement des outils pour préparer une visite au musée ou réfléchir sur nos expositions : que ce soit Stilbrise, un blog de mode sur lequel nous faisons le portrait de nos visiteurs et de leur style, Propaganda1418, une documentation sur la propagande menée pendant la première guerre mondiale élaborée à partir de documents recueillis au sein de la communauté locale de Hambourg, ou notre dernier et plus gros projet, Bewegte Jahre.

Dans Bewegte Jahre (« Années de sortie »), le visiteur est immergé dans le carnet de voyage de Christian Heller, un jeune journaliste fictif de Hambourg, et suit le récit de ses voyages dans des centres culturels comme Vienne, Paris et Glasgow entre 1897 et 1916. Il peut y lire le récit des rencontres du journaliste avec des artistes et designers importants de l’Art Nouveau et en apprendre plus sur leurs visions pour une société nouvelle. Le visiteur y découvre également les traces laissées par ce mouvement à Hambourg et l’histoire de la remarquable collection d’Art Nouveau du MKG. Grâce à Europeana, notre collection numérique Sammlung Online et d’autres institutions du secteur des galeries, bibliothèques, archives et musées (GLAM), nous essayons de rendre l’époque vivante en ligne au moyen d’images, vidéos et citations originales, dont beaucoup sont dans le domaine public. Nous proposons également une version audio du journal, une description détaillée d’image pour lecteurs d’écran et d’autres fonctionnalités d’accessibilité, ainsi que des liens d’archives et la possibilité de partager nos objets numérisés directement sur Pinterest.

/fr/file/bewegte-jahreBewegte Jahre

Bewegte Jahre

Bewegte Jahre présente l’Art Nouveau et ses artistes sous la forme d’un journal fictif.

 

Comment avez-vous travaillé avec les collections Europeana et quel potentiel y voyez-vous pour l’apprentissage tout au long de la vie?

First of all, Europeana and its online presentations were a huge inspiration for us to develop an editorial format such as Bewegte Jahre using digitised data. In the process of picture editing, Europeana served us as a gateway to Europe’s broad landscape of GLAM institutions with digitised collections – about a third of our documents are available via Europeana.

The launch of our journal in April last year was also a perfect match with Europeana’s Art Nouveau season and exhibition. Many of MKG’s digitised artworks are featured in Art Nouveau - a Universal Style and fortunately, I was given the chance to introduce Bewegte Jahre in a guest post as well.

For the future, I wish more museums would share their online collections and contribute to Europeana to make it easier for educators and inspiration-seekers to access cultural heritage, even if they are not archive professionals. In this context, I want to stress the importance of creative commons licensing as well. Every document that we could access easily and royalty-free saved us a lot of time and money and so it will for other users in future projects. To stay relevant in times of self-initiated, digital learning and small budgets for education, accessibility and visibility of digitised content will become more and more important to all cultural institutions. Europeana is a great platform for both

Tout d’abord, Europeana et ses présentations en ligne nous ont énormément inspirés pour la création d’un format éditorial comme celui de Bewegte Jahre en utilisant des données numérisées. Dans le processus du traitement des images, Europeana nous a servi de passerelle vers le vaste monde des institutions européennes GLAM qui disposent de collections numérisées. Environ un tiers de nos documents sont disponibles via Europeana.

Le lancement de notre journal en avril de l’année dernière correspondait parfaitement à la saison et l’exposition sur l’Art Nouveau d’Europeana. Beaucoup d’œuvres d’art numérisées du MKG sont présentées dans Art Nouveau - a Universal Style et j’ai eu la chance de pouvoir présenter Bewegte Jahre dans un billet d’invité.

Pour l’avenir, je souhaite que davantage de musées partagent leurs collections en ligne et contribuent à Europeana afin de faciliter l’accès au patrimoine culturel des éducateurs et de ceux qui cherchent de l’inspiration, même s’ils ne sont pas des professionnels des archives. Dans ce contexte, je tiens également à souligner l’importance des licences Creative Commons. Tous les documents auxquels nous avons pu accéder facilement et gratuitement nous ont permis d’économiser beaucoup de temps et d’argent, et cet accès gratuit sera utile aux concepteurs d’autres futurs projets. En ces temps d’apprentissage autonome, numérique et de budgets serrés pour l’éducation, l’accessibilité et la visibilité des contenus numérisés vont devenir de plus en plus importantes pour la pertinence des institutions culturelles. Europeana constitue une excellente plateforme pour cela.

 

Quels sont vos projets pour 2018 en ce qui concerne l’apprentissage tout au long de la vie ?

Outre notre travail sur diverses expositions spéciales, en 2018, nous prévoyons de combiner notre collection numérique Sammlung Online et nos activités créatives et concrètes. Nous souhaitons publier des tutoriels d’artisanat basés sur nos images qui sont dans le domaine public et les présenter lors d’un atelier organisé au musée. Nous espérons que cela permettra d’initier un dialogue avec les artisans et ceux du monde entier qui aiment le MKG, et que nos visiteurs (ou usagers) proposeront leurs propres idées.

/fr/file/mkg-sammlung-onlineMKG Sammlung Online

MKG Sammlung Online

Cartes postales faites à la main à partir d’images du domaine public issues de MKG Sammlung Online. Image : CC BY-SA-4.0

 

Des projets éducatifs à long terme dans lesquels les étudiants ont, entre autres, écrit leur propre fiction sur le Musée ou appris comment concevoir et coudre un vêtement suite à la visite de notre collection de mode ont constitué pour nous des expériences très positives. Le MKG a l’ambition d’utiliser ces expériences et de créer une structure dans laquelle nous pouvons inviter des visiteurs de tous âges, des particuliers, des groupes ou des familles, à participer à des projets de recherche à long ou court terme, des cours créatifs et des ateliers, au musée ou ailleurs. 

 

Friederike Fankhänel’s website

Lire aussi : article publié sur EPALE: Europeana: Culture gems for lifelong learning

Share on Facebook Share on Twitter Epale SoundCloud Share on LinkedIn
Refresh comments Enable auto refresh

Affichage 1 - 1 sur 1
  • Portrait de Filomena Montella

    Cosa serve la letteratura per gli adulti?

    Il mio discorso parte dalla pagina introduttiva delle Lezioni americane di Italo Calvino: «La mia fiducia nella letteratura consiste nel sapere che ci sono cose che solo la letteratura può dare con i suoi mezzi specifici»[1]. Qualche anno prima lo stesso Calvino aveva scritto: «I classici sono libri che esercitano un’influenza particolare sia quando s’impongono come indimenticabili, sia quando si nascondono nelle pieghe della memoria mimetizzandosi da inconscio collettivo o individuale. [...] I classici sono quei libri che ci arrivano portando su di sé la traccia delle letture che hanno preceduto la nostra e dietro di sé la traccia che hanno lasciato nella cultura o nelle culture che hanno attraversato (o più semplicemente nel linguaggio e nel costume). [...] D’un classico ogni rilettura è una lettura di scoperta come la prima. [...] I classici servono a capire chi siamo e dove siamo arrivati e perciò gli italiani sono indispensabili proprio per confrontarli agli stranieri, e gli stranieri sono indispensabili per confrontarli agli italiani»[2].

    Concetti facili per chi come me è sempre stata pronta a leggere i classici. Tuttavia, come far capire ciò ad un studente adulto che ha lasciato la scuola da molto tempo e che non ha mai avuto modo di confrontarsi con un classico? Come rispondere alle domande di questi studenti adulti che, a volte anche tristi e delusi dalla vita, ti dicono che non hanno tempo di leggere niente, che quando leggono si annoiano e che sono diffidenti sul valore della letteratura?

    Mi armo di tanto coraggio e imposto la mia didattica consapevole che insegnare la letteratura italiana sui classici significa aprirsi nei confronti di quella che Erich Auerbach, nel 1952, definì la Weltliteratur[3]; in questo modo, “butto” letteralmente i miei alunni sui testi letterari, al fine di prepararli non sul piano scolastico, ma per stuzzicarli, visto che hanno già alle spalle un’esperienza personale di formazione umana e professionale, sul piano civile, anzitutto etico e di conseguenza politico. Quindi, attraverso lo studio della letteratura e dell'arte, invito  i miei alunni ad approfondire quello che ancora Auerbach definì «lo studio della realtà del mondo»[4].

    Considerate queste premesse, presento la letteratura e i suoi testi, facendo emergere la percezione critica dell'alterità del nostro passato, della sua irriducibile differenza, per conservare la memoria storica di una communitas, di un bene comune che è insieme lingua, tradizione culturale, universo letterario e artistico. «Scommettere sui classici», scrive Luca Serianni, «significa pensare che abbiano ancora qualcosa da dirci; e che ce lo dicano, finché è ancora possibile comprenderla, nella lingua in cui sono stati scritti, ossia con la loro voce»[5].

    Ai miei alunni insegno che la letteratura va colta nella sua natura più profonda, come «funzione esistenziale», come «ricerca di conoscenza» (sono ancora le Lezioni americane)[6].

    Tuttavia, fin dal primo giorno di scuola, sono onesta con questi alunni che hanno abbandonato da tempo i banchi di scuola.

    Spiego loro, come afferma il prof. Corrado Bologna, che la letteratura, certo, non riesce mai a rispondere a quell’esigenza radicale che Carlo Emilio Gadda definiva come urgenza di «mettere in ordine il mondo»[7]. Non metterà mai veramente “in ordine” il mondo, non riuscirà mai a realizzare un paese migliore. Confesso loro con le parole del prof. Bologna che «la letteratura si offre, invece, quale perfetto dispositivo di accoglienza, entro un sistema coerente di significato, dell'infinita molteplicità di dettagli irrilevanti che si disseminano nella “liquida” vita quotidiana. Essa riesce a dare parola al bisogno di ordine nella visione della realtà proprio portando alla luce la grande disarmonia che vi domina, offrendo una voce consistente, coerente, all’incoerenza e al caos della vita, mostrando come cose infinitamente diverse possono convivere ed entrare in contatto senza mai rinunciare alla propria specificità, nella complessità del sistema»[8].

    In questa prospettiva, insegnare ad amare la letteratura comporta necessariamente che ci sono cose che non si “imparano”, che ci sono “competenze” rispetto alle quali saremo sempre “incompetenti”, perché non si “acquistano”, non si “comprano”, ma si gustano, si vedono, si ascoltano, si fiutano, si assaporano.  Come ancora afferma Bologna: «la letteratura fa sì che due più due dia cinque, un passo più a nord del confine della realtà che impone il quattro; essa esercita ad attraversare confini, offrendo al lettore la forza per riportare nello spazio dell'identità, individuale o collettiva, il progetto utopico ma non irrealizzabile di un futuro diverso»[9].

    Spiego, inoltre, che insegnare letteratura non può voler dire addestrare principalmente a leggere la lingua dei classici per imparare a riprodurla. Insegnare letteratura, ragionando sui testi dei grandi classici, significa “far venir fuori” (è questa l’idea dell’educare) dagli allievi, e ancor più dagli allievi adulti, un'avvertita capacità di elaborazione intorno ai procedimenti logico-argomentativi del pensiero umano nella sua forma più alta e limpida. «Significa esercitare a sentire nella pagina del grande classico la perturbante originalità di un punto di vista che guarda alle radici dell'esistenza, a riconoscervi la forza innovativa che il classico conserva e può ancora trasmettere grazie alla “radicalità”, appunto, della sua visione del mondo rivoluzionaria. Significa plasmare una consapevolezza della necessità, ma al contempo della parzialità, di ogni “competenza” tecnica, creando invece uno spirito critico, cioè una distanza interiore capace di riscattare la profondità dello sguardo, del punto di vista ermeneutico, nel senso più completo del termine. Significa far maturare nei discenti la capacità di commisurare l'infinita, imprendibile varietà delle cose e delle esperienze con l'irriducibilità dei limiti umani, far cogliere la fatica, il travaglio della lingua dei classici mentre “cerca la parola” per dire l'umanità come progetto di futuro e nel contempo come limite irriducibile. Questa fatica, questo esercizio di complessità, imprime uno slancio antigravitazionale verso una visione del mondo diversa, molteplice, innovativa, scandita nel senso della storia e del recupero delle radici di una civiltà con la leggerezza con cui Calvino apre le Lezioni americane»[10].

    Nella prospettiva fin qui tratteggiata, quindi, il primo problema da affrontare è come far appassionare al testo gli alunni adulti.

    L’unico mezzo possibile è unicamente passare attraverso il godimento profondo del piacere del testo, dell'avventura conoscitiva ed esistenziale dell'incontro con l'universo perturbante dei grandi classici, e solo così sono riuscita pienamente a far amare la letteratura.

    Al di là di qualsiasi basilare acquisizione di competenze linguistiche e tecnico-esegetiche è sempre necessario far sentire con profondità e autenticità agli alunni adulti, per i quali il testo è lontanissimo dalla loro realtà quotidiane, la carica etica di memoria, di energia, di piacere, di stupore, che fa della letteratura un elemento fondamentale per la vita stessa dell’individuo.

    Per concludere, insegnare letteratura italiana non è solo insegnare “la lingua”, né solo “la letteratura”, ma mostrare e far amare l'intera “civiltà italiana”, tutta la civiltà che dal nostro Medio Evo è ancora tangibile nelle piazze dei nostri comuni, nei nostri modi d'essere e di agire, di vivere, di pensare.

    Ai miei alunni insegno con forza che la nostra civiltà, attraverso la nostra lingua, attraverso la nostra letteratura, deve continuare ad essere orizzonte e bussola, consolazione e riscatto dell'umano, di fronte a chi «cerca di ridurci a bestie», se non portandoci alla morte fisica, di certo soffocando lo spirito di comunità, la democrazia, la condivisione dei progetti e dei sogni, cioè del futuro. E se «noi bestie non dobbiamo diventare», «per vivere è importante sforzarci di salvare almeno lo scheletro, l'impalcatura, la forma della civiltà»[11].

     



    [1] I. Calvino, Lezioni americane. Sei proposte per il prossimo millennio, Milano, Garzanti, 1988, p. 1; poi in Id., Saggi 1945-1985, a cura di M. Berenghi, 2 tomi, Milano, Mondadori, 1995, p. 629.

    [2]  Id., Perché leggere i classici (1981), in Id., Perché leggere i classici, Milano, Mondadori, 1991, pp. 11-19 (alle pp. 13- 14, 15 e 19), poi in Id., Saggi 1945-1985 cit., pp. 1816-1824 (alle pp. 1818-1819, 1824).

    [3] Cfr. E. Auerbach, Philologie der Weltliteratur (1952), in Id., Gesammelte Aufsätze zur romanischen Philologie, Francke, Bern 1967, pp. 301-310; trad. it. Philologie der Weltliteratur - Filologia della letteratura mondiale, Book editore, Castel Maggiore (Bologna) 2006 (con il testo tedesco a fronte).

    [4] E. Auerbach, Philologie der Weltliteratur. Filologia della letteratura mondiale cit., p. 37 (la formula originale è: «Erforschung der Weltwirklichkeit»).

    [5] L. Serianni, L'ora di italiano. Scuola e materie umanistiche, Laterza, Roma-Bari 2010, p. 106.

    [6] I. Calvino, Lezioni americane, cit., p. 28; in Saggi 1945-1985, cit., p. 653 (da qui anche la frase virgolettata che segue).

    [7] C. E. Gadda, Meditazione milanese, a cura di G. C. Roscioni, Torino, Einaudi, 1974, p. 172, I stesura, cap. XIII, La categoria, rr. 157-158; poi in Id., Scritti vari e postumi, a cura di A. Silvestri, C. Vela, D. Isella, P. Italia, G. Pinotti (“Opere di Carlo Emilio Gadda” ed. diretta da D. Isella), V*, Milano, Garzanti 1993, p. 735.

    [8] Corrado Bologna, La letteratura come visione del mondo (Napoli, 25-27 ottobre, Convegno sul tema: Insegnare Lingua e Letteratura italiana nei nuovi Licei e Istituti superiori).

    [9]  IDEM

    [10] IDEM

    [11] P. Levi, Se questo è un uomo (1958), in Id., Opere complete, a cura di M. Belpoliti, con Introduzione di D. Del Giudice, 2 voll., Torino, Einaudi, 1997, I, p. 35.