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Entretien EPALE : Inge Schuurmans (Belgique)

En 2020, le monde semble s’être arrêté un instant. Inge Schuurmans est directrice du Centre d'éducation de base à Anvers (Belgique), qui s’est aussi vu contraint de fermer ses portes pendant quelques mois. « Comme beaucoup, nous avons dû chercher des alternatives pour que nos apprenants puissent continuer à apprendre », explique-t-elle.

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[Ce texte a été publié en anglais, traduit en français par EPALE France].

 

En 2020, le monde semble s’être arrêté un instant. Inge Schuurmans est directrice du Centre d'éducation de base à Anvers (Belgique), qui s’est aussi vu contraint de fermer ses portes pendant quelques mois. « Comme beaucoup, nous avons dû chercher des alternatives pour que nos apprenants puissent continuer à apprendre », explique-t-elle. Pendant le premier confinement, le centre s'est attaché à rester en contact avec ses élèves, notamment en prenant de leurs nouvelles, en leurs donnant des activités simples à réaliser via whatsapp, en organisant de petites visites, etc. En mai, le centre a décidé d'élargir ce dispositif et de donner à ses apprenants davantage de devoirs à faire à la maison, sous forme numérique ou sur papier.

 

EPALE : Comment avez-vous géré ces changements induits par le Coronavirus ?

Inge Schuurmans : Nos apprenants adultes peu alphabétisés ont beaucoup de mal à suivre un enseignement à distance. Mais c'était aussi un nouveau défi pour nos enseignants, qui ont tous immédiatement fait preuve d'une grande solidarité entre eux, en s’échangeant des conseils et des exercices. Nous avons rapidement créé une plateforme sur notre intranet existant afin de faciliter ces échanges. Dans le même temps, nous accordons une attention particulière à la numérisation via le groupe de travail DigiLab, grâce auquel les employés peuvent poser leurs questions. DigiLab indique également quelles formations sont nécessaires, le but étant que nos collaborateurs soient familiarisés avec les médias. Les enseignants peuvent ainsi proposer à nos apprenants une offre d'e-inclusion encore meilleure, renforçant ainsi leurs compétences dans ce domaine. En effet, les compétences numériques sont devenues indispensables dans notre société actuelle, non seulement pour l'éducation, mais aussi pour trouver un emploi, suivre le travail scolaire de ses enfants, etc.

Heureusement, le confinement total n’a pas duré trop longtemps. En juin, il a été à nouveau possible de retourner en classe, en effectif restreint. Comment cela s'est-il passé ?

C'est exact, et depuis les vacances d'automne, nous proposons à nos étudiants une combinaison de cours en présentiel et à distance (« apprentissage hybride »). Nos enseignants apportent un soutien supplémentaire à l'enseignement en ligne en fournissant des ressources d'apprentissage non numériques, notamment des séries d'exercices sur papier. Malgré tous les efforts que nous déployons pour soutenir nos apprenants, certains ont abandonné, soit parce qu’ils n’arrivent pas à se faire aux cours à distance ou par peur d’être contaminés. À Atlas, l'Agence d'Anvers pour l'intégration civique et l'intégration, les inscriptions aux cours de néerlandais ont également diminué. Outre l'enseignement à distance et la numérisation, le maintien du nombre de nos étudiants sera un défi important en 2021.

Vous avez également dû beaucoup vous adapter pour assurer la sécurité des élèves et des enseignants.

Oui, tout à fait. Notre conseiller en prévention a d’ailleurs fait des heures supplémentaires en 2020 car il devait, avant tout, faire en sorte de toujours respecter la législation et les directives. De concert avec ses collègues, ils se sont efforcés de rendre l'environnement de travail et de classe aussi sûr que possible : réaménagement des classes, masques faciaux, poignées et protections en plexiglas, etc. Nous avons consulté d'autres centres d'éducation de base pour adultes en Flandre afin de définir des plans d'action spécifiques.

 

 

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Picture: François De Heel

 

Comment vos employés et vos enseignants ont-ils vécu cette crise, qui se poursuit encore aujourd'hui ?

Le Coronavirus a beaucoup pesé sur le bien-être de nos employés et sur leur lien avec notre centre. Chaque semaine, nous leur envoyions par e-mail un point sur la situation du Coronavirus, nous informions tout le monde du mieux que nous pouvions tout en essayant de dissiper les incertitudes. Fin octobre, lorsque le pic épidémique a de nouveau été atteint dans notre pays, nous avons organisé pour la première fois un briefing en ligne réunissant plus d'une centaine de participants. À plus petite échelle également, nous avons essayé de garder un œil sur la situation en organisant des échanges entre la direction et les employés, et entre les chefs d'équipe et employés. Lors des journées de formation, nous avons organisé des espaces pour des moments d'échange en ligne.

Comment envisagez-vous l'avenir ?

Il est clair qu'en 2021, nous devrons continuer à travailler sur les défis posés par le Coronavirus : améliorer les compétences numériques (des collègues et des apprenants) et faire face aux conséquences de l’épidémie sur le nombre de nos étudiants. La fermeture temporaire de notre centre et la baisse de fréquentation qui s'en est suivie pèseront indéniablement sur notre financement dans les années à venir. En attendant, nous avons appris que le gouvernement allait nous verser une compensation, ce qui est une bonne nouvelle. Cela n’enlève toutefois rien au fait qu’il nous sera très difficile d’attirer de nouveaux apprenants, même si nous allons bien sûr tout faire pour. Nous avons lancé en février un nouveau concept : l'Open Learning Salon. Les gens peuvent facilement se familiariser avec l'éducation de base, et ce dans divers endroits à Anvers et dans notre autre centre d'enseignement à Kapellen. Nous espérons que cela permettra à davantage de personnes de rejoindre notre centre. Nous cherchons également d'autres moyens d'attirer de nouveaux étudiants. Par exemple, au printemps, nous proposerons des sessions qui répondent aux défis auxquels nos apprenants sont actuellement confrontés et qui sont devenus plus aigus avec le Coronavirus : des sessions pour les parents, les chercheurs d'emploi et pour les étudiants qui ont des questions d'apprentissage plus larges. Pour les parents, nous aborderons notamment le soutien parental, comment travailler avec Smartschool, comment rechercher des activités de loisirs adaptées... Nous voulons soutenir les demandeurs d'emploi dans leur recherche de travail. Nous veillons à ce que toutes ces nouvelles sessions soient accessibles en ligne.

 

 

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