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Entretien EPALE : Els Van Raemdonck - Inspection de l’éducation flamande

04/06/2020
par EPALE Moderator
Langue: FR
Document available also in: NL EN EL

Inspectrice de l’éducation à l'Inspection de l’éducation flamande en Belgique, Els Van Raemdonck est également responsable du groupe thématique pour les inspecteurs de l'éducation des adultes. En raison de la crise du Covid-19, les inspecteurs ont suspendu toutes les inspections afin de donner aux centres le temps de se consacrer à leurs tâches principales. Tous les directeurs des centres d'éducation des adultes et des centres d'éducation de base pour adultes ont reçu un appel pour connaître leurs besoins et les soutenir en ces temps difficiles.

 

[Traduction (anglais - français) : EPALE France]

EPALE : Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

Els Van Raemdonck : Je suis inspectrice de l’éducation à l'Inspection de l’éducation flamande depuis septembre 2011, mais j'ai commencé ma carrière dans l’éducation des adultes en tant que professeure de français/espagnol en 1984. Ensuite, je suis devenue directrice de l'enseignement et professeure d' espagnol dans un centre d'éducation des adultes, poste grâce auquel j'ai participé à plusieurs projets dans le cadre du programme Grundtvig ainsi qu’à des échanges européens. Au sein de l'inspection de l'éducation, je suis responsable du groupe thématique pour les inspecteurs de l'éducation des adultes.

Comment la crise du Covid19 a-t-elle affecté votre travail ?

Depuis le confinement lié au Covid-19, l'Inspection de l’éducation flamande a décidé d'arrêter tous les audits prévus afin de donner aux centres le temps et la possibilité de se concentrer sur leurs tâches principales. À la place des audits habituels, l'Inspection offre désormais un soutien à toutes les institutions.

Vous avez décidé d'appeler tous les centres. Comment vous êtes-vous organisée avec vos collègues ?

À la demande du ministre flamand de l'Education, nous avons contacté par téléphone chaque directeur entre le 21 avril et le 5 mai. L'objectif de cet appel était de faire le point sur la situation dans les centres afin de fournir au ministre et aux décideurs politiques des informations complètes et fiables sur le fonctionnement des centres pendant la crise du coronavirus. Par ailleurs, l'inspection a voulu offrir une oreille attentive aux centres, afin de cerner leurs préoccupations, répondre à leurs questions, leur offrir un soutien, etc. Nous voulions montrer aux centres que Bruxelles ne les oublie pas. Nous avons contacté les 48 centres d'éducation formelle pour adultes et les 13 centres d'éducation de base pour adultes en Flandre. Chaque appel téléphonique a duré environ une heure.

Nous avons publié un rapport sur les résultats de cette série d’appels « Belronde volwassenenonderwijs (6 mei 2020) » consultable sur www.onderwijsinspectie.be (lien externe)

Qu'est-il ressorti de cette série d'appels ?

Les centres d'éducation des adultes se considèrent comme des « entreprises dans le besoin » et ont demandé au gouvernement de clarifier le calendrier et les modalités de la reprise. Les centres et leurs équipes ont déployé des efforts considérables pour se rapprocher de tous les apprenants et leur proposer un enseignement à distance. Pour certains cours cependant, cela n'a pas été facile ; notamment pour ceux dont la composante pratique est essentielle, et l'enseignement à distance se révèle donc impossible pour une grande partie du programme d'études. Les étudiants fragiles, en particulier ceux qui suivent un enseignement de la deuxième chance et des cours intensifs de néerlandais en deuxième langue, n'ont souvent pas la possibilité de suivre les cours en ligne et finissent par abandonner. Les centres, dont le financement ultérieur dépend du nombre d'inscriptions, ont donc demandé des subventions gouvernementales pour les participants et le personnel des cours. L'avenir des centres, qui avaient pourtant tenté de se développer, semble bien sombre. Ils ont besoin de toute urgence qu'on leur présente un scénario et des perspectives claires pour l'avenir.

Comment s'en sont sortis les centres d'éducation de base pour adultes ?

Si les centres d'éducation de base et leurs équipes ne proposent pas d'enseignement formel à distance, ils ont toutefois déployé des efforts considérables pour atteindre tous les apprenants, leur expliquer les mesures liées au coronavirus, les aider à faire face aux conséquences et les soutenir psychologiquement. Ils encouragent les élèves à pratiquer et à s'exercer. Les centres s'en sortent certes mieux que prévu, mais ils se sont néanmoins heurtés à la limite des possibilités. Outre les inquiétudes concernant l'impact de la crise sur les apprenants, ils s'inquiètent également de l'avenir de leurs centres et de leur personnel. Les centres, dont le financement ultérieur dépend du nombre d'inscriptions, ont donc demandé des subventions gouvernementales pour les participants et le personnel des cours. Ils avaient besoin de toute urgence d'une décision et d'une communication claire sur le calendrier et les modalités de reprise, avec un scénario réaliste et une perspective d'avenir sûre.

Comment avez-vous vécu l'ambiance dans les centres d'éducation des adultes et d'éducation de base ?

Les centres mettent tout en œuvre pour se rapprocher de leurs étudiants et leur proposer du (nouveau) matériel pédagogique pour assurer l'enseignement à distance. Pour beaucoup d'eux, cela représente un grand pas en avant dans le déploiement de l'enseignement à distance, dans la mesure où il n'existe pas d’autre option. Les enseignants et les équipes travaillent sur différentes plateformes et exploitent toutes les possibilités numériques pour entrer en contact avec les étudiants. Cependant, pour un certain nombre de cours ayant une composante pratique essentielle, les équipes se heurtent à certaines limites. Malgré tous leurs efforts, elles ont parfois beaucoup de mal à atteindre et à stimuler leurs apprenants, en particulier les personnes les plus vulnérables qui ne disposent pas des installations nécessaires. Cela peut être frustrant pour les équipes. Les centres se montrent particulièrement inquiets quant au redémarrage et à l'avenir de l'éducation des adultes.

Sait-on comment leurs étudiants réagissent face à cette crise ?

Les centres indiquent que le pourcentage d'étudiants qu'ils parviennent à atteindre diffère selon le module d'enseignement et dépend des caractéristiques du groupe cible, de leurs conditions de vie, de leurs compétences numériques et de l'infrastructure disponible. La barrière de la langue est un problème majeur pour garder le contact avec les étudiants étrangers, en particulier pour les centres d'éducation de base. Ce qui m'a particulièrement impressionnée au cours de cette série d'appels, c'est le dévouement et la flexibilité extraordinaires du personnel et des apprenants en Flandre en cette période de crise du coronavirus. Si l'accent est mis sur l'enseignement à distance, les centres connaissent néanmoins certaines limites en ce qui concerne la formation pratique et les groupes cibles qui ne disposent pas des infrastructures nécessaires.

 

 

 

 

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