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Dépasser les frontières : promouvoir la solidarité par le sport et l’éducation des adultes

07/06/2019
par Gina Ebner
Langue: FR
Document available also in: EN EL CS PL HR HU ET

 

/fr/file/social-inclusion-through-sportsSocial inclusion through sports

Social inclusion through sports

[Traduction (anglais-français) : EPALE France]

Aleksa Jovanović et Maja Maksimović ont abordé avec EPALE la manière dont les activités sportives et l’éducation des adultes pouvaient contribuer à lutter contre la xénophobie.

 

En tant qu’éducateurs d’adultes, comment pouvons-nous appréhender une éducation efficace en faveur de la paix dans une région sortant d’un conflit telle que les Balkans occidentaux, une zone autrefois dominée par le nationalisme, la guerre et l’hostilité? Les politiques de la mémoire et les récits idéologiques sur la guerre en Yougoslavie se sont révélés inefficaces, et les jeunes adultes doivent encore porter le fardeau du nationalisme et de la haine. Les États utilisent le passé comme un outil pour créer de nouvelles nations postcommunistes basées sur des différences quelque peu imaginaires, et le discours et les espaces publics sont encore emplis d’une forme de nationalisation du souvenir. Dans ce contexte, quel est le rôle de l’éducation non formelle et comment pouvons-nous ouvrir une nouvelle voie et transmettre de nouveaux messages de paix et de solidarité?

Rapprocher, c’est établir un lien là où il y a de grandes différences. Dans le domaine de la course à pied, le mouvement Bridge the Gap relie des équipes de course à travers le monde. On constate que de nombreux courants sportifs et de loisirs modernes s’emparent du thème du «changement social» en se montrant ouverts à la critique et aux messages politiques. Le mouvement Bridge the Gap illustre parfaitement le caractère global de cet engagement ainsi que son rôle dans les zones urbaines :

«Les différentes équipes ne dirigent pas des groupes, mais plutôt des collectifs de personnes animées d’un même esprit et d’une même créativité et connectées au cœur de leur ville natale. De plus, ils s’épanouissent sur des parcours imprévisibles et spontanés. Ils courent le soir et le matin, explorent de nouveaux quartiers, aucun chemin n’est exclu, aucun obstacle insurmontable.»

Le 442 Crew, une équipe de course fondée en 2015 par Zagreb Runners (ZR) et Belgrade Urban Running Team (BURT), est un bon exemple du tempérament de ce mouvement. Il n’y a pas si longtemps, les Balkans occidentaux ont été frappés par la guerre, un conflit qui a suscité de profondes dissensions entre Croates et Serbes, et la xénophobie et le nationalisme prospèrent dans le discours d’après-guerre. Les principaux objectifs de 442 Crew sont d’offrir une alternative et de surmonter le nationalisme, ceux d’Yugonostalgia, de combattre les préjugés et de diffuser des valeurs de paix, ou comme l’a déclaré Domi, l’un de ses fondateurs : «de faire de nous de meilleures personnes au sein d’une meilleure communauté». Comment y parviennent-ils?

Ils s’appuient sur deux approches : «interne» et «externe». L’approche interne consiste en des discussions et des voyages des membres de BURT et de ZR à Zagreb/Belgrade. Les voyages jouent un rôle important, car les gens ne circulent pas beaucoup entre la Croatie et la Serbie. Beaucoup de gens ayant des préjugés n’ont jamais été en contact avec des habitants de l’autre pays et les marathons constituent une bonne raison de voyager. L’approche externe se fait à travers différents projets, dont le plus important est le Relais 442. En novembre 2016, 16 coureurs (huit Croates et huit Serbes) ont effectué une course de relais de Belgrade à Zagreb, toujours en duo (un coureur de chaque pays), de 442 km (la distance entre les deux villes) en 45 heures. L’intégralité de cette aventure a été documentée par la société de production VICE et diffusée en Serbie, en Grèce et en Espagne.

En septembre 2015, la frontière entre la Serbie et la Croatie a été fermée aux véhicules pendant quelques jours en raison de la crise migratoire et les coureurs de BURT et ZR l’ont traversée à pied pour effectuer une course de chauffe en territoire neutre. En passant symboliquement cette frontière, les coureurs ont envoyé un message de tolérance, de paix et d’amitié. L’approche externe consiste également à promouvoir les activités de l’équipe en organisant des courses et des événements partout dans le monde. Grâce à ces actions 442 Crew souhaite proposer un nouveau point de vue sur la manière dont nous pouvons nous accepter les uns les autres. Au lieu de souligner nos différences et de nous attarder sur notre passé, nous pouvons essayer de trouver ce qui nous rapproche pour créer un chemin commun vers l’avenir.


Aleksa Jovanović est co-fondateur et co-capitaine de Belgrade Urban Running Team et de 442 Crew. Il est doctorant au Département de pédagogie et d’andragogie de l’Université de Belgrade et rédacteur en chef adjoint de la revue d’éducation des adultes «Andragogical studies». Aleksa œuvre également en tant que psychothérapeute constructiviste supervisé.

 

Maja Maksimovic (1983) est professeure assistante au Département de pédagogie et d’andragogie de l’Université de Belgrade et chercheuse à l’Institut de pédagogie et d’andragogie. Elle est titulaire d’un diplôme d’andragogie obtenu à Belgrade, en Serbie, d’une maîtrise en études d’orientation obtenue à l’Université de Nottingham, au Royaume-Uni et d’un doctorat en andragogie de l’Université de Belgrade. Elle est rédactrice en chef adjointe de la revue d’éducation des adultes «Andragogical studies» et auteure de nombreuses publications. Outre son expérience dans l’enseignement et l’écriture, elle s’intéresse aux arts de la scène et au théâtre. Elle est membre du conseil exécutif de l’Association européenne pour l’éducation des adultes depuis 2014.

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  • Portrait de Sebastian Cieślak
    Działania biegowe, o których pisze Aleksa są świetnym przykładem tego jak wspólna pasja może pokonywać uprzedzenia i łamać stereotypy. Niestety najpierw przekonuję się do nich, Ci którzy już tak naprawdę są przekonani i nie lubią podziałów. Z tymi, dla którym podziały na "my" i "oni" są ważniejsze, jest trudniej, ale ... kropla drąży skałę. Wiemy, że najłatwiej przekonać się do osób, do których jesteśmy uprzedzeni kiedy ich lepiej poznamy. Sport świetnie się nadaje jako "narzędzie", dzięki któremu można promować wspólnotowość.