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Coopération européenne en matière d’éducation dans le cadre de projets transnationaux : de l’échange d’expériences à la résolution créative et participative de problèmes

03/12/2018
by Tino BOUBARIS
Langue: FR
Document available also in: DE LV EL DA CS EN

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Vom Erfahrungsaustausch zu kreativ-partizipativen Problemlösungen

Temps de lecture : environ 3 minutes

De nombreux acteurs de l´éducation ont une vaste expérience des projets européens. Pour d’autres, les projets transnationaux restent nouveaux, loin de leur routine professionnelle. Les premières expériences ne sont pas exemptes d’incertitudes, de doutes, voire d’une certaine appréhension. Après deux ou trois projets, la personne commence à se sentir plus à l’aise dans les cycles de projets européens. Les partenariats entre organisations et en réseaux se renforcent, avec pour conséquence une plus grande disposition à participer à des projets quantitativement et qualitativement plus vastes et innovants. Mais comment décrire les différents niveaux de coopération européenne en matière d’éducation dans les projets transnationaux ? En voici un exemple, basé sur le « Paradigme du travail transnational » développé par Nicholas Walters (Inteval Ltd, UK), fruit de nombreuses années d’observations et d’échanges avec des acteurs expérimentés. Cet exemple ne doit cependant pas être considéré comme une thèse vérifiable empiriquement.

1. L’entrée dans le domaine transnational

A cette première étape, on trouve souvent un mélange d’enthousiasme et de craintes diffuses. La participation à des conférences internationales ainsi qu’un séjour dans un pays inconnu ont un attrait exotique pour les personnes concernées. Pour ceux qui se lancent dans un nouveau projet européen, cet enthousiasme est mêlé d‘incertitudes, du stress lié au voyage aux inquiétudes concernant l’hébergement et la nourriture en passant par la crainte que représentent d´éventuelles difficultés de communication (une crainte qui s’estompe au plus tard lorsque la personne constate que tous les participants, à l’exception des locuteurs natifs, ont des compétences linguistiques limitées et que la maîtrise des langues du projet n’implique pas forcément des compétences au niveau du contenu). Si les expériences et les impressions sont majoritairement positives, les acteurs impliqués seront davantage prédisposés à participer à d’autres expériences transnationales.

2. Travailler dans des délégations

L’étape suivante pourrait être décrite comme celle de la délégation. Les participants se considèrent désormais comme des représentants de leur organisation ou de leur pays. Ici, les acteurs se concentrent sur la présentation de leurs expériences et observations de leur propre organisation, de leur environnement de travail et de leur pays d’origine. Lors des réunions de projet, l’accent est mis sur les présentations, notamment sur l’efficacité et la valeur des projets et activités des partenaires. L’échange entre les participants est alors souvent limité à une analyse critique des présentations respectives. Il existe alors le risque de renforcer les stéréotypes, par exemple si les différents styles de travail sont attribués aux caractéristiques supposées du partenaire (« Les Allemands sont organisés »). Cependant, avec le temps et une certaine distance propice à la réflexion, on passe alors au niveau supérieur.

3. Identification des points communs

Le troisième niveau est d’une importance capitale pour la suite. Il commence avec l’identification et la désignation des points communs essentiels entre les différentes approches des organisations et des pays participants. Il s’agit généralement d’une expérience personnelle concrète, par exemple lors de visites d’étude, d’apprentissage sur le terrain et d’exercices. Il en résulte de précieuses discussions en termes de contenu, au cours desquelles des analyses plus comparatives, et pas seulement critiques, sont effectuées et des bonnes pratiques sont retenues sur une base autre que de simples présentations et documents. A ce niveau, non seulement l’éventail des points communs s’élargit, mais la perception des différences évolue également : au lieu de parler de différences qui dépendent, par exemple, des contraintes politiques nationales ou des contextes sociaux respectifs, les partenaires apprécient davantage les différences de contenu et de concept. De nombreux partenariats sont à la croisée des chemins. Bien qu’une compréhension plus approfondie des différences de contenu soit utile à la poursuite de la collaboration, le fait de ne pas percevoir et respecter correctement les différences peut favoriser les malentendus et ainsi entraver ou nuire à l’efficacité du partenariat éducatif et à son développement ultérieur.

4. Travail en coopération

Si les partenaires ne se sont pas fourvoyés dans les écueils mentionnés précédemment, un travail coopératif fructueux peut alors avoir lieu au quatrième niveau. Il peut s’agir de projets thématiques ou de projets méthodologiques et pratiques mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat de coopération. La clé du succès à ce niveau est une bonne répartition des rôles dans la réalisation de la tâche commune, laquelle doit être effectuée sur la base des compétences spécifiques de chaque partenaire, où chacun assume la responsabilité d’une partie du projet. Le tout est alors la somme de ces parties. La qualité du résultat dépend fortement de la cohérence entre les parties respectives, sans qu’aucune des sous-tâches ne soit négligée. Par exemple, le meilleur résultat est de peu d’utilité si le partenaire responsable de la diffusion des résultats ne répond pas aux attentes.

5. Des partenariats créatifs et participatifs

Le cinquième niveau se distingue qualitativement des méthodes de travail précédentes. Ici, les différences de contenu et de concept identifiées précédemment contribuent à la description d’un défi commun, et les partenaires conviennent que ce défi sera relevé conjointement tout en tenant compte des différences mutuelles. La transnationalité a alors la plus grande valeur ajoutée parce qu’elle offre la possibilité de travailler de manière créative et participative dans un nouvel environnement. A ce stade, la culture de sa propre organisation, son statut, son expertise et ses attitudes jouent un rôle secondaire. Le contexte d’un tel partenariat transnational est plus libre et permet de trouver des solutions à des problèmes qui n’auraient pas été possibles dans l’environnement familier des organisations ou à un des niveaux précédents. Cela a des conséquences importantes, notamment pour les personnes concernées, car les valeurs des parties prenantes sont remises en question et les données culturelles et conceptuelles s’en trouvent relativisées. C’est également à ce niveau que les synergies et les effets durables sont les plus probables. La coopération européenne dans le domaine de l’éducation est en train de se transformer et de gagner en dynamisme, avec une identité propre.

Chaque partenariat transnational organisé sur le long terme passera par un ou plusieurs de ces niveaux, plus ou moins tel que décrit plus haut. Les partenariats et les individus peuvent rester bloqués au premier niveau. Toutes les coopérations ne peuvent pas ou ne veulent pas faire progresser leur propre développement jusqu’au cinquième niveau. Cependant, il peut être utile pour de nombreuses organisations, partenariats et réseaux de passer régulièrement en revue et de réfléchir au développement de leur propre travail éducatif européen.

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  • Portrait de Jolanta_ Zastavnaja_
    Ļoti iedrošinošs raksts, kurā tiek aprakstīta dalība projektos pa soļiem. Manuprāt, šāda veida rakstus vajag popularizēt un vairāk rakstīt par tiem, tieši no tāda aspekta, lai izglītības nozarē strādājošajiem būtu vairāk informācijas par tālakizglītības iespējām. 
  • Portrait de Tino BOUBARIS
    Thanks very much for your encouraging comment! Indeed, I believe that EPALE would be the place to be for educators searching for information and further education opportunities, and to learn through exchanging opinions between experts and stakeholders across Europe.