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Lier le formel et l’informel : professionnalisation et développement des compétences dans l’éducation des adultes

10/09/2019
par Gina Ebner
Langue: FR
Document available also in: EN DE HR EL HU ET

/en/file/formal-and-non-formal-education-divideFormal and non-formal education divide

Formal and non-formal education divide

 

 

La professeure Regina Egetenmeyer parle du fossé qui sépare les diplômés de l’éducation formelle des adultes des praticiens de l’éducation non formelle. Quelles sont les causes de cet écart et comment peut-on le combler? Découvrez-le ci-dessous.

 

Coopération entre les universités et les prestataires d’éducation des adultes

Le secteur de l’éducation des adultes connaît actuellement des mutations démographiques profondes. De nombreux professionnels sont aujourd’hui proches de la retraite alors que les plus jeunes commencent tout juste leur carrière en tant que prestataires d’éducation des adultes. Dans la ville de Würzburg, dans le sud de l’Allemagne, j’ai observé ce qui suit : nous formons actuellement plus d’étudiants spécialisés dans l’éducation des adultes que ce dont le marché a besoin. Les diplômés travaillent dans des centres d’éducation et de formation continue, des centres de formation professionnelle, à l’hôpital universitaire, dans les services de développement des ressources humaines des entreprises, etc. Ceci résulte de l’étroite collaboration que nous sommes parvenus à établir au cours des dernières années entre notre service d’éducation et de formation des adultes et le domaine de la pratique. Nous effectuons des visites de terrain dans différents centres d’enseignement avec nos étudiants, nous invitons des praticiens dans le cadre de conférences, nos apprenants effectuent des stages dans des centres locaux, nous collaborons à des projets de recherche (nous incluons aussi parfois nos étudiants de master dans ces projets) et nous disposons d’une liste de diffusion nous permettant de partager les postes vacants.

 

Le fossé

Les deux parties profitent des perspectives de l’autre, mais nous observons dans le même temps un écart important entre la professionnalisation proposée dans les universités et les compétences construites par la pratique. Les diplômés universitaires en éducation (des adultes) explorent les théories, l’histoire, les politiques et la recherche (empirique) éducatives et didactiques. De plus, les programmes d’études spécialisés dans cette discipline restent généralement à un niveau abstrait, délivrant des connaissances applicables à divers domaines professionnels qui ne se révèleront utiles qu’à plus long terme. Le développement des compétences dans le champ de la pratique est généralement plus axé sur les applications concrètes.

Malgré les nombreuses différences qui existent en Europe entre les différents cursus d’éducation (des adultes), les cours universitaires et le processus de Bologne ont permis une certaine standardisation. Dans la pratique, le renforcement des qualifications des praticiens est souvent lié à la structure d’une association éducative ou d’un centre d’éducation des adultes. Cela pose d’ailleurs des difficultés aux employés du secteur, qui travaillent souvent dans différents centres.

Cependant, c’est entre les études universitaires et le développement des compétences que l’écart est le plus grand : cette brèche se forme lorsqu’on propose les cursus universitaires soit aux «étudiants traditionnels» (de jeunes étudiants à temps plein) soit à des personnes qui travaillent déjà sur le terrain. Il est également évident que, dans le domaine de l’éducation des adultes, il existe encore peu de liens institutionnalisés entre les offres d’apprentissage ou de renforcement des compétences à destination des praticiens et les études traditionnelles. Il n’existe encore que peu d’outils de reconnaissance des compétences pratiques dans le domaine de l’éducation des adultes et de la formation continue reconnus par les universités (VINEPAC, WB-Academy en Autriche, GRETA).

Ces deux approches distinctes ont creusé un grand fossé entre la professionnalisation académique et le renforcement des compétences pratiques.

/en/file/winter-school-iintall-projectWinter School IINTALL project

Winter School IINTALL project

Crédit photo : EAEA

 

Faire le lien

Pour réduire cet écart, il est nécessaire de rassembler les praticiens et les étudiants, tout en tenant compte des besoins spécifiques de chacun.

C’est exactement ce que nous avons essayé de faire avec l’école d’hiver «International and Comparative Studies in Adult Education and Lifelong Learning» du projet INTALL (lien externe). Après avoir travaillé pendant cinq ans exclusivement avec des étudiants en éducation des adultes, en 2019, nous avons invité des collègues praticiens à passer une semaine de formation avec des élèves internationaux sur le campus de Würzburg.

Nous avons observé que les deux groupes se témoignaient un grand respect mutuel : les praticiens reconnaissaient les connaissances théoriques des étudiants en matière de pédagogie, leur maîtrise des preuves empiriques et leur compétence dans le domaine analytique. Les universitaires ont quant à eux salué les aptitudes pratiques étendues des professionnels présents ainsi que leurs stratégies pédagogiques et leur faculté à analyser les situations concrètes.

Suite à cette expérience menée en 2019, nous pensons que la réussite du rapprochement entre éducation formelle et non formelle ne peut pas uniquement dépendre de l’identification des intérêts de chaque groupe cible. Il est également nécessaire de valoriser l’expertise et les compétences des différents participants. En un sens, cela complique la planification didactique des cursus universitaires dans la mesure où l’enseignement supérieur doit aussi pouvoir apprendre des centres d’éducation des adultes.


Regina Egetenmeyer est professeure d’éducation et de formation permanente des adultes à l’université de Wurtzbourg/Allemagne et coordinatrice des écoles d’hiver COMPALL/INTALL-Winter sur l’éducation comparative et la formation continue des adultes

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