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L’intelligence artificielle fissure la boîte noire de l’apprentissage

09/04/2019
by Camille POIRAUD
Langue: FR
Document available also in: EN LV HU EL

/fr/file/artificial-intelligenceArtificial Intelligence

Artificial Intelligence

[Traduction (anglais-français) : EPALE France

Auteur : Markus Palmen]

Le concept d’intelligence artificielle (IA) enflamme l’imagination. Créer une machine qui maîtriserait les plus hautes facultés humaines, à savoir l’apprentissage et la résolution de problèmes, constituerait l’apogée du progrès. Les machines finiront-elles par transformer l’apprentissage lui-même? Vont-elles faire des nous faire des chômeurs et des misérables, comme le prédisent certains? Feront-elles de l’apprentissage continu une ressource omniprésente ou, au contraire, uniquement disponible pour une poignée de privilégiés?

EPALE a discuté de l’importance de l’IA dans le domaine de l’éducation avec les professeurs Rose Luckin et Keng Siau.

 

Pour les deux universitaires, l’intelligence artificielle a un fort potentiel en matière démocratisation de l’éducation, si elle est développée en étroite collaboration avec des pédagogues.

  

IA : observer et optimiser

Selon Rose Luckin, l’IA joue deux rôles dans le domaine de l’éducation : elle permet à la fois de créer une infrastructure d’apprentissage intelligente et d’alimenter les technologies spécifiques (smartphones, réalité virtuelle, robots, etc.) qui nous permettent de l’exploiter.

Elle estime que le premier point, l’infrastructure (comme la technologie qui sous-tend un cours en ligne par exemple), est très prometteur dans la mesure où l’IA peut éclairer les processus de méta-apprentissage et révéler les mécanismes à l’œuvre.

 « L’IA a la capacité de nous montrer comment nous apprenons le mieux, quelles sont précisément les tâches qui nous posent des difficultés et celles dans lesquelles nous excellons », explique Rose Luckin.

En effet, si nous sommes en mesure d’identifier les blocages, cela signifie que les enseignants disposent des informations nécessaires pour tenter de les éliminer et optimiser la qualité de leur travail.

Sa capacité à tirer des conclusions à partir d’une immense quantité de données recueillies auprès d’un grand nombre d’apprenants permet à l’intelligence artificielle de cartographier les lignes droites et les points chaotiques de notre parcours d’apprentissage. L’IA ne se contente alors plus d’être une simple instructrice, il s’agit d’une observatrice attentive, tout comme le serait un être humain ; peut-être son rôle le plus crucial.

Cette fonction d’observation ne nécessite même pas que les apprenants soient connectés à une interface en ligne. Au contraire, de l’avis de Rose Luckin, l’IA pourrait éventuellement permettre de libérer du temps pour suivre des cours hors ligne.

« Nous pouvons collecter des données de manière passive, à l’aide de capteurs et de caméras, pendant que les élèves participent. Si l’intelligence artificielle et l’éducation fonctionnent correctement, les gens disposeront de plus de temps pour prendre part à des activités qui n’impliquent pas nécessairement de technologie numérique, comme l’art, le sport ou le théâtre. »

Les apprenants bénéficieront ainsi de tous les avantages d’un apprentissage personnalisé rendu accessible par l’IA. Keng Siau souligne que les prestataires de services éducatifs ont eux aussi tout à gagner dans ce processus et pourront en tirer de nombreux avantages :

« L’IA permet aux établissements de réduire le coût d’une prestation éducative de qualité. Par conséquent, davantage de personnes peuvent être formées. Au niveau mondial, cela bénéficiera grandement aux populations des pays sous-développés et en développement. »

Il estime également que l’IA et la ludification évolueront conjointement.

« La ludification de l’apprentissage est un thème de recherche d’actualité qui a le potentiel de rendre l’éducation amusante et engageante », déclare Keng Siau.

 

IA, un développement axé sur la pédagogie

Les deux chercheurs soulignent que l’utilisation de l’apprentissage assisté par IA n’en est encore qu’à ses débuts à l’échelle mondiale, mais que c’est un secteur voué à croître de manière conséquente à mesure que ses possibles applications se développeront. Cela signifie-t-il que nous aurons bientôt tous un tuteur qui nous accompagnera tout au long de notre vie, comme le suggèrent les éditions Pearson spécialisées dans l’éducation ? Ou l’IA sera-t-elle réservée à ceux qui pourront se le permettre ?

Keng Siau imagine que l’utilisation de l’intelligence artificielle suivra le cycle de vie général de l’adoption des technologies : innovation, premiers utilisateurs, maturité et adoption généralisée.

« Nous nous trouvons actuellement dans la phase de l’adoption précoce. Quand la technologie arrivera à maturité, le nombre d’utilisateurs augmentera et les prix baisseront. »

Il espère également que le futur marché de l’IA sera diversifié.

« Dans le domaine de l’apprentissage assisté par IA, il est possible qu’une poignée de bons programmes dominent totalement dans certains thèmes éducatifs. Si cela se produit, il sera difficile d’assurer la diversité et de mutualiser les idées », affirme-t-il.

L’IA devrait donc être réellement accessible aux masses. Rose Luckin voit quant à elle l’intelligence artificielle comme un potentiel outil de démocratisation de l’apprentissage, mais il faut toutefois rester vigilant ; le nouvel idéal en matière d’éducation devra assurer un bon mélange entre enseignement assisté par IA et via des tuteurs humains lorsqu’il se généralisera.  

« Il existe un risque que les apprenants privilégiés profitent d’un enseignement équilibré entre technologie et interactions humaines, tandis que les plus pauvres devront se contenter d’un apprentissage essentiellement basé sur l’IA contenant peu d’échanges humains », prévient Rose Luckin.

Elle pointe également un autre risque : les applications éducatives doivent être développées en étroite collaboration avec les pédagogues, les chercheurs et les autres intervenants du monde de l’éducation.

« Nous ne voulons pas que des systèmes mal conçus et artificiellement intelligents sapent les promesses de cette technologie. »

  

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Siau Keng

 

Keng Siau est directeur du Département des techniques d'information de l'Université des sciences et des technologie du Missouri, aux USA. Ses recherches portent sur les impacts économiques et sociaux de l'IA.

Photo credit: Keng Siau´s archive

/fr/file/rose-luckinRose Luckin

Rose Luckin

 

Rose Luckin est professeur au laboratoire des connaissances de l'University College de Londres. Elle développe une pédagogie centrée sur l'apprenant, et cherche à montrer comment l'IA peut faciliter les processus d'apprentissage, tant pour les formateurs que les apprenants.

Photo credit: UCL

Glossaire

 

Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle ou IA désigne généralement les machines et les ordinateurs capables d’imiter les fonctions cognitives humaines liées à l’apprentissage et à la résolution de problèmes. Les possibles applications de cette technologie sont nombreuses, allant de l’alimentation des moteurs de recherche Internet et des algorithmes de publicité en ligne aux voitures sans conducteur, aux drones militaires et à l’éducation.

 

Apprentissage automatique

L’apprentissage automatique est considéré comme une subdivision de l’intelligence artificielle, incluant également les statistiques. Il consiste à « enseigner » à des programmes informatiques comment apprendre et tirer des conclusions à partir d’un ensemble de données sans avoir été programmés pour cette tâche spécifique. Les applications possibles incluent la robotique, l’archivage, l’analyse des marchés boursiers et les jeux vidéo.

 

En savoir plus sur EPALE

Sources et lectures complémentaires


Markus Palmen est journaliste, écrivain, producteur audiovisuel et travailleur indépendant. Depuis août 2017, il est le coordinateur thématique d’EPALE pour les politiques. Pendant huit ans, Markus a été directeur de la publication et rédacteur en chef de la Revue européenne sur l’éducation et la formation tout au long de la vie.

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  • Portrait de Ilze Zača
    Personalizēta mācīšanās, kas pieejama arī mazattīstīto valstu iedzīvotājiem, turklāt mācību spēļošana un daudzveidīgu digitālo rīku izmantošana - tas viss ir tieši tas, uz ko ir jāvirzās 21.gadsimta izglītības sistēmai un no kā nav jābaidās. Pedagoga profesija nekur nezudīs; gudram skolotājam būs prasmes šīs tehnoloģijas vadīt, domāt jaunus risinājumus, integrēt tās skolās. Ieguvēji būs gan bērni, gan skolotāji, gan visa mūsdienu izglītības sistēma!
  • Portrait de Liene Reimane
    Lasot šo rakstu, nonācu pie domas, ka tā īsti MI nespēs aizstāt cilvēku- pedagogu. Saskarsme, dialogi ir nepieciešami cilvēkiem, bērniem, audzēkņiem. MI, manuprāt, drīkst būt palīgs mācību procesā, lai paspilgtinātu mācību vielu, ieinteresētu un aizrautu skolēnus. Kā arī, uzskatu, ka viedierīces, roboti, u.c. tehnoloģijas, kas saistīti ar mākslīgo intelektu, mēdz pievilt, kļūdīties, salūzt tāpēc rodas dažādi jautājumi, piemēram, vai tiešām cilvēki tik ļoti spēs uzticēties rezultātiem, kurus ir veikušas tehnoloģiskas ierīces? Protams, cilvēce bez tehnoloģijām nevar iztikt- tā ir mūsu ikdiena un tehnoloģijas turpina attīstīties un ienākt mūsu dzīvēs. Tomēr uzskatu, ka cilvēkam vienmēr ir "jāstāv" blakus tehnoloģijām, jo tām nav cilvēciskā saprāta. 
  • Portrait de Nikola Treimane
    Izlasot šo rakstu, es varu teikt, ka manuprāt mums jau ir daudzas jomas kurās MI piemīt. To nevar ignorēt, vai atstāt nepamanītu. Tomēr es uzskatu, ka skolotājs ir vairāk radošs pedagoģiskajā procesā un prot veidot aizraujošas stundas. Es domāju, ka tas arī var attiekties uz skolotāju un skolēnu komunikāciju un saprašanos savā starpā. Radošs darbs ir diezgan izaicinošs priekš MI, bet ne priekš skolotāja. Kaut arī rakstā tiek minēts,ka "Izglītojamais attiecīgi gūst labumu no personalizētās mācīšanās, ko MI padara iespējamu" es uzskatu, ka cilvēks labāk saprot kad viņš uzdod jautājumus un komunicē kopā ar citu cilvēku. Mums ir jāattīst jauno tehnoloģiju izmantošana, bet tai arī jābūt apdomātai līdz galam, jo skolotāju ir grūti aizvietot ja nav visas nepieciešamas zināšanas un komunicēšanas prasmes.

  • Portrait de Sņežana Markova

    Mākslīgais intelekts mums ir visapkārt, tas piedāvā iespējas realizēt inovatīvas pedagoģiskās pieejas. Skolotājam jābūt atvērtam pret visu jauno, nepārtraukti sevi jāpilnveido. Bet, lai cik izglītota jaunā paaudze nebūtu tefnoloģiju jomā, ir jāattīsta arī tā smadzeņu puslodze, kas atbild par radošumu un iztēli.
  • Portrait de Laura Rapša
    Cilvēces augtākā virsotne, tomēr arī bīstams instruments. Piekrītu, tas būtu neatsverams palīgs pedagogam un bērnam, kas ļautu noteikt mācīšanās procesā konkrētus apgrūtinājumus, parādot tos, mēs vislabāk, efektīvāk varētu vadīt katram bērnam individuāli mācību procesu, ar konkrētiem uzdevumiem, kuri tieši rada grūtības un kādos uzdevumos (pēc struktūras u.c.) mēs spējam sasniegt vislabākos rezultātus.
  • Portrait de Linda Titoviča

    Mūdienās nevaram izslēgt MI no savas dzīves tāpat arī no skolotāju ikdienas. Skolotājam ir jāveido interesantākas stundas, lai ieinteresētu pēc iespējas vairāk skolēnu, un šie būtu rīki, kurus varētu izmantot. Protams jāatceras, ka MI nekad neaizvietos komunikāciju, kritisku domāšanu un saskarsmes mākslu. Cilvēks ir būtne, kurai ir nepieciešama socializācija, tāpēc, manuprāt, skolotāja profesiju nevar pilnībā aizstāt.
  • Portrait de Rūdolfs Pāvulēns
    Mākslīgais intelekts jau ir manāms un izmantojams dažādās mācību nozarēs, tas ir labs veids kā papildināt vai nedaudz pamainītu mācīšanās procesu. Dators ir ļoti labs, lai mācītu algoritmu, jo tam ir daudz vieglāk pamanīt kļūdas šādās situācijās, tāpēc noteikti dators ar laiku aizvien vairāk un vairāk parādīsies matemātikā, taču ne līdz galam. Uzskatu, ka skolotājs kā profesija noteikti nekur nepazudīs, jo, lai arī šos algoritmus spēj iemācīt un pārbaudīt dators, skolotājs joprojām daudz labāk spēj pārvaldīt situācijas, kurās netiek iesaistīti algoritmi vai arī situācijas, kuras var ietekmēt ārējie apstākļi.
  • Portrait de Elizabete Eliza Bitane
    Šobrīd eju pretrunās.
    Līdz šim tika stāstīts, ka pedagogs ir viena no tām profesijām, kas vienmēr būs vajadzīga un nekad neizmirs, tāpēc esmu pārsteigta par MI straujo attīstību pedagoģijas sektorā.
    Kā vairums komentāru zem šī raksta, arī es sliecos piekrist, ka pedagoģija ir tā joma, kur bez MI var iztikt. Zinu, ka tehnoloģiju iesaiste ir neizbēgama, taču nedrīkst iet galējībās. Cilvēku par cilvēku padara tieši komunikācijas prasmes. Ja bērniem atņems skolotāju kā personību, bail iedomāties, kādi būs skolēni, beidzot skolu. Manuprāt, tehnoloģijas ir laba lieta, kamēr tā neaizstāj mūsu domāšanu. Smadzenes ir jātrenē, tās nedrīkst aizstāt.
    Mani māc bažas, ka tas zinātniekiem šķiet tik normāli un vajadzīgi, tāpēc priecājos, ka MI ieviešana būs cieši saistīta ar pedagogiem un nozares pārstāvjiem.
  • Portrait de Liene Ušvile
    Mākslīgais intelekts (MI) kļūst arvien biežāk sastopams tehnoloģiju lietotāju ikdienas lietošanas pieredzē. Domāju, ka lielākā daļa ir pieņēmuši tehnoloģiju attīstības neizbēgamību nākotnē. Tomēr līdz ar digitalizāciju pieaug arī sabiedrības raizes par tās ietekmi un negatīvajām blaknēm, kas skar ar tehnoloģijām pastarpināti saistītus problēmlokus, piemēram, tādas cilvēciskās īpašības, ko nevar ietekmēt mākslīgais intelekts - personības vērtības, pārdzīvojumus, emocionālās noskaņas un tamlīdzīgi. Skaitliski lielā sabiedrības lokā mākslīgais intelekts noteikti ir kā palīdzības rīks, kas ļauj pielāgot informācijas apjoma plūsmu, palīdz to sistematizēt, analizēt, sintezēt. Tas ir tieši tas, kas nepieciešams lielāka apjoma informācijas apguvē. Bet šajā labumā pastāv risks, ka netiek ņemts vērā cilvēka noskaņojums, sensitīvais periods, emocionālās nianses. Tāpēc, manuprāt, ir nopietni vēl jāstrādā pie tā, lai šie riski nepārvērstos par draudiem un vājajām pusēm, kas pazemina cilvēciskās vērtības.
  • Portrait de Nils Zīlmanis
    Uzskatu, ka MI nav nepieciešams mācību procesā, jo MI sāks aizstāt skolotāja darbu. Pilnvērtīgam skolotājam ir jāseko līdzi saviem skolēniem, un nedrīkst paļauties ka tehnoloģijas to izdarīs mūsu vietā. Jebkurā gadījumā, manuprāt, līdz pilnvērtīgai MI integrācijai izglītībā paies ļoti ilgs laiks.