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La politique gouvernementale pour l’apprentissage prend une tournure inattendue en Angleterre

Pour les jeunes, l’apprentissage est une alternative de plus en plus populaire. Pour les adultes, un apprentissage de niveau avancé (advanced apprenticeship) peut offrir une voie pour la progression de carrière. Découvrez les réflexions de Markus Palmen sur le sujet et regardez ci-dessous la vidéo de son interview sur l’apprentissage intergénérationnel entre artisans plus séniors et jeunes apprentis.

 

Pour les jeunes, l’apprentissage est une alternative de plus en plus populaire à un enseignement universitaire qui coûte cher. Pour les adultes, un apprentissage de niveau avancé (advanced apprenticeship, niveau 3 de qualification par l’apprentissage en Angleterre) peut offrir une voie pour la progression de carrière. Mais une politique nouvellement introduite, cherchant à accroître l’apprentissage en Angleterre, pourrait ne pas fonctionner comme prévu, selon les derniers chiffres des inscriptions. Découvrez les réflexions de Markus Palmen sur le sujet et regardez ci-dessous la vidéo de son interview sur l’apprentissage intergénérationnel entre artisans plus séniors et jeunes apprentis.

 

Les inscriptions dans l’enseignement professionnel sous forme d’apprentissage sont à la hausse en Angleterre. Les entrées en apprentissage augmentent depuis 2005. L’année dernière, en 2016, 509.000 personnes sont entrées en apprentissage, alors qu’elles étaient 500.000 l’année d’avant, et 440.000 en 2014.

 

Le nombre d’apprentis diminue

Le nombre d’entrées en apprentissage a augmenté grâce à la politique du gouvernement britannique. Cette politique est le résultat de plusieurs recommandations émises par un panel d’experts, la dernière d’entre elles étant le Sainsbury Review remis en 2015 par un groupe d’experts dans les domaines de l’industrie et de l’éducation.

La dernière politique, nommée Apprenticeship Levy (taxe d’apprentissage), visant à augmenter le nombre d’entrées en apprentissage prévoit le dispositif suivant : les grandes entreprises (dépensant plus de trois millions de livres en salaires) payent une taxe de 0,5 % de leur masse salariale, qui est alors utilisée pour subventionner les entreprises qui prennent des apprentis.

Cependant, les derniers chiffres indiquent que le nombre d’entrées en apprentissage a chuté de façon spectaculaire, de 61 % par rapport à la même période l’an dernier. Quelles pourraient être les causes de ce phénomène ?

On commence seulement à en débattre mais c’est la manière dont a été conçue l’Apprenticeship Levy qui est montrée du doigt parce que cette taxe favoriserait les grandes entreprises et les apprentissages de niveau avancé, au détriment des apprentissages de plus faible niveau destinés aux jeunes.

 

La progression de carrière et « apprendre en gagnant de l’argent »

Cette chute du nombre d’entrées en apprentissage alors que la tendance était à la hausse intervient au moment où tout a été chamboulé dans l’apprentissage en tant qu’offre d’enseignement professionnel.

« Le niveau des qualifications obtenues grâce à un parcours d’apprentissage augmente, ce qui signifie que l’apprentissage est souvent un moyen de progresser dans sa carrière plutôt que de débuter dans une profession. Cela peut effectivement rendre l’apprentissage moins accessible aux jeunes », explique Becci Newton, principal chercheur auprès de l’Institute for Employment Studies (Institut d’études sur l’emploi).

Un chiffre illustre ce phénomène : ces dix dernières années, le nombre d’apprenants adultes entrant en apprentissage a augmenté, plus que celui des jeunes.

Les motivations des jeunes pour entrer en apprentissage sont différentes de celles des adultes. Le coût de l’apprentissage est entièrement subventionné, ce qui signifie que les jeunes ont accès à des qualifications, qui peuvent même être de niveau universitaire, sans frais d’inscription et sans contracter d’emprunt pour leur subsistance. Les frais d’inscription à l’université ont augmenté sensiblement au Royaume-Uni ces dix dernières années.

Becci Newton précise toutefois que l’enseignement supérieur et l’apprentissage sont très différents.

« Entrer en apprentissage et faire des études à plein temps sont des expériences différentes. Les apprentis ne rencontreront probablement pas les mêmes opportunités de se construire un capital social et un réseau, qui pourraient faciliter leur carrière, que les étudiants universitaires.

Néanmoins, comme le fait remarquer Becci Newton, une des préoccupations principales du Sainsbury Review de 2016 et du Post-16 Skills Plan a été d’établir une valorisation égale des voies académiques et professionnelles et de permettre des passerelles entre ces deux voies.

« Il est trop tôt pour dire si cette ambition peut être atteinte mais nous savons que la rentabilité économique de l’apprentissage est excellente, et que les apprentis acquièrent des compétences, des attitudes et des connaissances qui sont appréciées par les employeurs. »

Une variété de choix

Les vieux stéréotypes qui confinaient l’apprentissage aux métiers manuels sont dépassés. L’année dernière, en Angleterre, les secteurs commerciaux, administratifs et juridiques comptaient le plus grand nombre d’entrées en apprentissage, suivis par ceux de la santé, des services publics et des services à la personne.

Tous les programmes d’apprentissage sont axés sur l’apprentissage basé sur le travail, dans lequel un collègue plus sénior guide l’apprenti dans la profession. De nombreux apprentis, cependant, combinent l’apprentissage par le travail avec des études théoriques qu’ils suivent dans une école professionnelle ou un organisme de formation privé.

Les programmes d’apprentissage sont regroupés en différentes catégories, selon le niveau de qualification qu’ils permettent d’obtenir et les prérequis pour s’y inscrire. Les apprentissages de niveau plus avancé donnent à l’apprenant les qualifications nécessaires pour étudier dans l’enseignement supérieur. Et une forme relativement nouvelle d’apprentissage, les degree apprenticeships (apprentissages de maîtrise), combine l’apprentissage par le travail et des études universitaires.

Des start-ups et des entreprises saisissent également les nouvelles opportunités offertes par l’apprentissage. WhiteHat, une start-up dirigée par Euan Blair, fils de l’ex-premier ministre Tony Blair, en est un exemple. Elle met en relation des candidats apprentis avec des entreprises qui proposent des apprentissages, en essayant de faire correspondre les besoins pour que chaque partie y trouve son compte.

Le coordinateur thématique EPALE pour les politiques gouvernementales, Markus Palmen, a interviewé un maître d’apprentissage et un apprenti chez le célèbre tailleur Savile Row de Londres. La plupart des entreprises de couture établies, comme Savile Row,  transmettent leur savoir-faire par l’apprentissage. En effet, prendre des apprentis est un prérequis pour rejoindre la Savile Row Bespoke Association, une association qui promeut l’art vestimentaire et gère le programme d’apprentissage de Savile Row :


Markus Palmen est journaliste, écrivain et producteur audiovisuel indépendant. Depuis août 2017, il est coordinateur thématique d’EPALE pour la politique. Durant huit ans, M. Palmen a été directeur de la rédaction et rédacteur en chef du magazine European Lifelong Learning.

Traduction de l'anglais vers le français / EPALE France

 

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