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Le défi de la numératie

Ian Atkinson aborde la façon de surmonter les obstacles à l'apprentissage

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Quel est le problème?

Selon les résultats de l'enquête PIAAC 2013 de l'OCDE, le niveau des compétences en numératie de près d'un adulte sur quatre dans l’UE est égal ou inférieur à 1 sur l'échelle de cinq points utilisée à des fins de comparaison. Ceci suggère qu'un grand nombre de jeunes adultes européens peuvent raisonnablement être considérés comme ayant un faible niveau de compétences mathématiques. C'est un problème pour les intéressés eux-mêmes, en termes d'accès aux opportunités d'emploi et de vie quotidienne, et pour une économie qui a de plus en plus besoin de qualifications supérieures pour rester compétitive. Comme l'a reconnu la Commission européenne, cette situation place les adultes les moins qualifiés dans «le piège des emplois peu qualifiés» et renforce l'importance des mesures visant à encourager ceux qui ont quitté l'enseignement formel à reprendre des études. Toutefois, inciter les adultes peu qualifiés à améliorer leurs compétences mathématiques peut se révéler très ardu. Penchons-nous sur quelques-unes des raisons pouvant expliquer cette difficulté et réfléchissons à ce qui pourrait permettre d’encourager l'engagement et le développement des compétences mathématiques parmi les adultes peu qualifiés.

Quels sont les obstacles?

Les études indiquent que les adultes, et particulièrement les adultes les moins qualifiés, se heurtent en général à de nombreux obstacles les empêchant de suivre une formation pour améliorer leurs compétences mathématiques. On peut classer en trois grandes catégories les obstacles les plus courants qui sont souvent abordés:

  • Les facteurs culturels, dont les croyances et les attitudes selon lesquelles la numératie est accessoire ou correspond à quelque chose «que l’on a fait à l’école», et n’est donc pertinente du point de vue de l'expérience professionnelle d’un adulte d’aujourd’hui.
  • Les facteurs individuels ou psychologiques, notamment la nervosité et un manque de confiance, pouvant être liés à des expériences antérieures négatives (expériences vécues sur le lieu de travail ou remontant à la scolarité d’un individu).
  • Les facteurs structurels, comme l’accès limité ou inexistant à des opportunités de formation (absence de prestations de formation au niveau local ou autres raisons telles que l'absence de bourses ou le coût des cours).

La question est donc de savoir comment lever ces obstacles de façon efficace. Il s'agit là d'un problème complexe pour lequel il n'existe pas de solution facile, mais l'un des moyens de l'appréhender consiste à réfléchir aux éléments nécessaires pour encourager l'engagement et le développement des compétences mathématiques. Les considérations structurelles varient et concernent la capacité et la volonté politique des États membres de les traiter, mais les facteurs culturels et individuels/psychologiques sont peut-être plus universels et plus faciles à considérer dans ce contexte.

Qu'est-ce qui peut être entrepris?

En premier lieu, il est probable que l’efficacité de toute démarche visant à encourager les personnes ayant un faible niveau en compétences mathématiques à entreprendre un apprentissage dépendra de sa capacité à refléter les expériences personnelles vécues au quotidien - en d'autres termes, à encourager la participation en axant l’apprentissage sur l'aide qu’il peut apporter aux participants dans leur vie quotidienne, que ce soit à domicile ou sur le lieu de travail. Pour encourager une plus grande participation dans le but de résoudre les problèmes liés à la numératie, les personnes concernées doivent voir de façon claire les bénéfices qu’ils peuvent en retirer ou avoir conscience de la nécessité de renforcer leurs compétences.

Encourager l'engagement implique également de lever quelques-uns des obstacles mentionnés et, en particulier, ce qui implique notamment de redonner confiance aux apprenants potentiels. De nombreuses approches abordées ici consistent à faire prendre conscience aux adultes du fait qu’ils utilisent la numératie ou «font des maths» au quotidien sans s’en apercevoir, surtout parce qu'un grand nombre d'entre eux pensent que les mathématiques sont reliées aux éléments plus formels de la matière qu'ils ont étudiée à l'école. Cette prise de conscience peut aussi favoriser l'émergence progressive d'un contexte culturel où la numératie serait reconnue comme importante et largement valorisée.

Les «accroches» habituelles en matière d'engagement et de développement des compétences mathématiques qui reflètent cette approche se concentrent sur l'expérience vécue au quotidien et orientent la démarche consistant à redonner confiance vers l’encouragement des adultes à reconnaître ce dont elles sont déjà capables, comme par exemple:

  • faire les courses et comparer différents produits afin de trouver le meilleur rapport qualité/prix;
  • des parents aidant leurs enfants à résoudre leurs devoirs de mathématiques;
  • sports et jeux - par exemple, lorsqu'il faut ajouter ou soustraire dans le cadre de l'activité.

Le lieu de travail constitue un autre lieu d'engagement à ne pas négliger, que ce soit pour développer des compétences dans un but spécifique ou pour accéder à des opportunités d’apprentissage des adultes au travers, par exemple, de syndicats ou d'associations pour la formation des salariés. Encourager l'engagement en suivant ces différentes voies peut mettre l'accent sur le potentiel, ou le besoin, d'amélioration des compétences mathématiques pour permettre de progresser.

La plupart des barrières structurelles n'entrent pas dans le cadre de cette discussion en raison de leur complexité et de leur nature propre à chaque État membre, mais les approches visant à combler le manque d'accès pourraient être traitées en partie en s'appuyant sur les nouvelles opportunités technologiques. L'apprentissage en ligne, par exemple, peut résoudre les problèmes d'accès et le manque de prestations de formation au niveau local (en acceptant qu'un soutien plus direct puisse être requis dans certains cas), et pourrait convenir aux personnes confrontées à un manque de confiance en soi et qui préfèrent travailler à leur propre rythme. En cela, il offre des opportunités d’apprentissage plus flexibles et plus stimulants.

Quoi d'autre à ce sujet et qu'en pensez-vous?

Bien que la discussion ci-dessus propose quelques suggestions d'ordre général pour s'attaquer aux faibles niveaux de compétences en numératie des adultes les moins qualifiés, elle ne fait qu’aborder certains des problèmes et se limite à quelques-unes des solutions envisageables. Il serait intéressant de recueillir d'autres idées sur les problèmes et obstacles rencontrés et sur la façon de les traiter, et d'avoir aussi des exemples de pratique prometteuse dans ce domaine de la part de la communauté EPALE.

Ian Atkinson est directeur associé d'Ecorys UK, chercheur et spécialiste du marché du travail et des politiques de l'emploi. Il s'intéresse en particulier aux interventions en faveur de l'employabilité, à l'inclusion sociale et aux mécanismes de paiement basés sur les résultats.

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