chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up home circle comment double-caret-left double-caret-right like like2 twitter epale-arrow-up text-bubble cloud stop caret-down caret-up caret-left caret-right file-text

EPALE - Euroopa täiskasvanuhariduse veebikeskkond

Ajaveeb

Inclusion Sociale et Valorisation des Rôles Sociaux (VRS)

30/03/2018
looja Thierry Ardouin
Keel: FR

Interroger l'inclusion sociale c'est interroger la place des différentes personnes et leurs rôles. C'est que se pose et questionne l'approche par la Valorisation des Rôles Sociaux (VRS).

Nous vous proposons, avec l'accord des auteurs ( J. Serpette), un article qui présente la VRS. Cet article fait suite aux travaux réalisés dans le cadre de la mission confiée au Haut conseil du travail Social (HCTS) portant sur la participation des personnes accompagnées aux instances de gouvernances et à la formation des travailleurs sociaux. Vous pourrez retrouver ces éléments dans les ressources.

L'approche par la Valorisation des Rôles Sociaux est au cœur des tensions inclusion - exclusion et l'existence d'un "vie pleine. Dans le texte, le tableau "d'une vie pleine" est une production de Valorys Formation. Voici l'article.

Un bref aperçu de la Valorisation des Rôles Sociaux (VRS)

Raymond Lemay et Jacques Serpette Janvier 2017

Historique

La Valorisation des Rôles Sociaux (VRS) (Lemay, 1995, 1996; Wolfensberger 1, 1983, 1991,2013) est une méta-théorie ou un système de concepts s’appuyant sur diverses recherches. Elle se développe dans de nombreux services sociaux au Canada, aux États-Unis et dans d’autres pays à travers le monde. En France, de plus en plus d’associations s’y réfèrent dans leurs projets associatifs et dans sa mise en œuvre à travers leurs services ou établissements sociaux ou médico-sociaux.

La VRS sert de ligne directrice dans une pratique du travail social destiné à l’accompagnement des personnes à risque d’exclusion et de dévalorisation sociale. La VRS est issue du principe de Normalisation d’origine Scandinave, qui a servi de fer de lance pour la désinstitutionalisation en Amérique du Nord (Lemay, 1995; Flynn & Lemay 1999; Wolfensberger, 1999). Le livre de Wolfensberger (1972) « The Principle of Normalization » a été choisi par ses pairs (dans le monde anglo-saxon) universitaires spécialiste de la déficience intellectuelle, comme le livre le plus influent du XXe siècle (Heller et coll., 1991). En 1983 pour des raisons terminologiques et conceptuelles, Wolfensberger a formulé la VRS pour succéder au principe de Normalisation. En effet, il n’a jamais été question de normaliser le travail social ou les personnes mais de permettre aux personnes exclues d’avoir une vie la plus normale possible.

La dévalorisation sociale

Au-delà des troubles, handicaps ou autres difficultés, le contexte social est souvent puissant et participe en premier lieu à la dévalorisation des individus.

La dévalorisation sociale est activée et entretenue par une imagerie négative et des stéréotypes qui nuisent à la réputation de l’individu et renforce sa marginalité (Thomas et Wolfensberger, 1994). La dévalorisation est en tout premier lieu une question d’image; il s’agit du regard de l’autre percevant qu’un individu est différent et que cette différence lui donne moins de valeur qu’un autre membre du groupe social. Ainsi l’individu sera traité de façon dévalorisante.

La dévalorisation sociale peut donc mener à la marginalisation voir même à l’exclusion sociale, faisant en sorte que l’individu soit soustrait aux conditions et expériences de vies valorisées ou même normatives, que le commun des mortels prend pour acquis et qui sont à la base du développement positif. Cette exclusion du courant normatif de la vie peut engendrer un cercle vicieux qui exacerbera sa situation, son handicap, ses difficultés et augmentera son exclusion. Étant exclu, les personnes dévalorisées sont à risque de solitude et d’oisiveté; elles ont accès à peu de rôles sociaux et ceux qu’elles occupent sont souvent dévalorisants. La vie pleine, qui est une condition essentielle à l’épanouissement, passe par les rôles sociaux qu’une personne occupe.

Divers aspects caractérisent une vie pleine;

Il est à noter que parmi ces caractéristiques, la VRS identifie l’importance de l’implication des personnes dans les décisions qui les concernent et dans élaboration de contributions reconnues. En cela, la place des personnes accompagnées dans les instances de gouvernances est une priorité parfaitement cohérente avec la VRS, tant par ses objectifs que par la préparation des personnes accompagnées à assumer cette place de citoyens, de dirigeants et d’experts.

En effet, il nous semble que les services sociaux qui mettent en œuvre les principes de la VRS, préparent les personnes qu’ils accompagnent à une participation efficiente dans les différentes instances de gouvernance.

La VRS propose de contrer la dévalorisation sociale en agissant sur les populations, les environnements, les territoires et la société. Ainsi elle s’appuie sur des pratiques inclusives permettant à tous de trouver une place sociale valorisée et reconnue au sein de la communauté.

Les services sociaux ont tendance à « pathologiser » les problèmes et handicaps (Bandura, 2001) qui sont par ailleurs surtout de nature contextuelle. Certains ont nommé cette tendance « l’erreur fondamentale d’attribution » (Kahneman, 2011), la personne handicapée étant ainsi en cause plutôt que le contexte dans laquelle elle se trouve, ce qui vient d’autant plus marginaliser la personne et même la blâmer (Ryan, 1976) pour sa situation. Le modèle médical a tendance à réduire les problèmes complexes de la vie à des maladies essentiellement soignées par des traitements

Définition de la VRS (1992) par Wolfensberger :

La VRS implique « le développement, la mise en valeur, le maintien et /ou la défense de rôles sociaux valorisés pour des personnes et particulièrement pour celles présentant un risque de dévalorisation sociale en utilisant le plus possible des moyens culturellement valorisés ».

Sans exclure la nécessité des traitements pharmacologiques et en renforçant un réel partenariat avec les acteurs de santé, la VRS propose un modèle social de l’intervention, nommé le « modèle développemental », intégrant une vision plus optimiste du développement humain. Ce modèle de services est cohérent avec les recherches récentes en réhabilitation psycho-sociale et en résilience (Cyrulnic, 1999; Masten, 2001; Clarke et Clarke, 2000), qui prévoit que le potentiel d’une personne, qui d’ailleurs résiste à l’évaluation, ne se réalise que lorsque le contexte de vie est optimal et que la personne fait ainsi l’expérience de la vie pleine, ce que les américains traduisent par « les bonnes choses de la vie » (the good things of life).

Quelques propositions

La VRS peut se résumer par un certain nombre de propositions dont celles-ci :

1)  le but ultime du travail social est le bien-être des personnes accompagnées, c’est-à-dire leur accès à la vie pleine ou aux « bonnes choses de la vie. »

2)  Cette vie pleine est surtout accessible par la participation sociale valorisée, ce qui passe par l’attribution et l’occupation de rôles sociaux valorisés.

3)  Les rôles sociaux valorisés se caractérisent par des activités valorisées qui se réalisent dans les milieux valorisés propre à ces activités en interactions avec l’ensemble des personnes de son entourage social, c’est-à-dire avec les personnes valorisées qui occupent des rôles réciproques (Lemay 2006).

4)  La vie pleine, et les rôles sociaux qui la rendent possible, sont à la fois les buts de l’intervention mais aussi les moyens qui vont permettre à la personne de réaliser son potentiel et de s’épanouir.

5)  La VRS requiert des actions qui :
a. valoriseront l’image sociale des personnes bénéficiaires des services sociaux
b. donneront le soutien nécessaire pour que la personne dispose des compétences requises pour occuper des rôles sociaux valorisés qui lui conviennent.

6)  Ultimement, le succès d’un service social ou une politique sociale se mesure par la diminution progressive de la marginalité de la personne (ou d’un groupe) et l’augmentation de sa participation sociale valorisée. En constatant sa marginalité de départ (ce qui se caractérise par l’absence des bonnes choses de la vie et souvent, l’expérience de conditions maltraitantes), l’intervention cherchera à permettre à la personne de jouer de plus en plus de rôles sociaux valorisés. Il s’agit donc de réduire l’écart expérientiel entre sa situation marginale de départ et la situation des personnes typiques – du même âge – de la communauté valorisée environnante. Le succès de l’intervention se caractérisa par une vie pleine ce qui inclura une participation sociale valorisée croissante de la personne accompagnée.

Quelques considérations supplémentaires
Il y a des milliers de rôles sociaux, des petits et des grands, des courts termes et des longs termes.

Trouver des rôles sociaux valorisés requiert que l’on connaisse bien les forces, talents, intérêts et préférences de la personne. Cependant, il ne devrait pas surprendre que des personnes qui ont fait l’expérience de l’exclusion n’ont pas eu l’occasion de développer un répertoire d’intérêts et de préférences, ou les compétences qu’ils exigent. Soutenir la personne dans son exploration du monde valorisé qu’elle commence à connaître devient un aspect important de l’accompagnement. Traditionnellement, l’intervention ergo thérapeutique voyait l’activité comme ayant un but surtout occupationnel, alors que pour la VRS, l’activité est le prétexte de la rencontre de l’autre (surtout des autres qui sont de la communauté valorisée) – donc chaque activité devient une opportunité d’intégration sociale et de la réalisation d’un rôle social valorisé (Lemay, 2006).

La VRS reconnait la personne comme un agent de changement. La VRS préconise une approche où le relationnel sert à engager la personne accompagnée dans une démarche de changement volontaire.

Une théorie écologique proche d’une société du « Care » : la personne, son contexte immédiat et la société.

La VRS est une théorie écologique dans la tradition de Bronfenbrenner (1979; Bouchard, 1987) et l’intervention ne peut pas se limiter aux bénéficiaires de services mais requiert des interventions pour chercher la complicité de l’ensemble de l’entourage social, et viser le changement social, par exemple modifier les stéréotypes, les politiques sociales, les pratiques organisationnelles, les lois etc..; (Lemay, 2016; Wolfensberger, 2012 a et b).

Avec la VRS on vise le changement du regard de l’autre afin qu’il voit la personne d’abord et la différence après, avec le but de rendre la société valorisée accueillante et de permettre à la personne autrefois marginalisée d’y trouver une place où elle pourra assurer de citoyen et d’acteur reconnu.

Références

1 Docteur en Psychologie à l’Université de Syracuse, M Wolf WOLSFENGER développera cette approche en Amérique du Nord. EU et Canada,

BANDURA, A. (2001). « The Changing Face of Psychology at the Dawning of a Globalization Era », Canadian Psychology/Psychologie canadienne, volume 42, numéro 1, pages 12 à 24.

ouchard, C. (1 ) Intervenir à partir de l’approche écologique au centre, l’intervenante. Service social, vol. 36, n° 2-3, p. 454-477.

Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development. Cambridge: Harvard University Press.

Clarke, A.M. and Clarke, A.D.B. (2000). Early Experience and the Life Path. London: Jessica Kingsley Publishers.

Cyrulnik, B. (1999). Un merveilleux malheur. Paris : Odilejacob

Flynn, R. J., & Lemay, R. A. (Eds.). (1999). A quarter-century of Normalization and Social Role Valorization: Evolution and impact. Ottawa, ON: University of Ottawa Press.

Heller, H. W.; Spooner, F.; Enright, B. E.; Haney, K.; and Schilit, J. (1991). AClassic Articles: A Reflection into the Field of Mental Retardation.@ Education and Training in Mental Retardation, 26, 202-206.

4

Kahneman, D. (2011). Thinking, fast and slow. Toronto: Doubleday Canada.

LEMAY, R. (1995). « Normalization and Social Role Valorization », dans A. Dell Orto & P. Marinelli (Éds.), The encyclopaedia of disability and rehabilitation, New York, MacMillan.

Lemay, R. A. (1996). La Valorisation des Rôles Sociaux et le Principe de Normalisation : des lignes directrices pour la mise en oeuvre de contextes sociaux et de services humains pour les personnes à risques de dévalorisation sociale. La Revue Internationale de la Valorisation des Rôles Sociaux, 2 (2), 15- 21.

Lemay, R. A. (2006). Social Role Valorization (S.R.V.) Insights Into the Social Integration Conundrum. Mental Retardation, 44(1), 1-12.

Lemay, R. A. (2016). Implementing Social Role Valorization: Change agentry in the XXIst century. The SRV Journal, 10 (2), 45–61.

Masten, Ann S. (2001). Ordinary Magic: Resilience Processes in Development. American Psychologist. 56(3). 227-238.

Wolfensberger, W. (1972). The principle of normalization in human services. Toronto: National Institute on Mental Retardation.

Wolfensberger, W. (1983). Social Role Valorization: A Proposed New Term for the Principle of Normalization. Mental Retardation, 21, 234-239.

WOLFENSBERGER, W. (1991). La valorisation des rôles sociaux: Introduction à un concept de référence pour l’organisation des services (A. Dupont, V. Keller-Revaz, J. P. Nicoletti, & L. Vaney, Trans.), Genève, Suisse, Éditions des Deux Continents.

Wolfensberger, W. (1999). A contribution to the history of Normalization, with primary emphasis on the establishment of Normalization in North America between 1967- 1975. In R.J. Flynn & R. Lemay (Eds.), A quarter-century of normalization and Social Role Valorization: Evolution and impact. Ottawa: University of Ottawa Press.

Wolfensberger, W. (2012a). Advanced issues in Social Role Valorization theory. Plantagenet, Ontario, Canada: Valor Press.

Wolfensberger, W. (2012b). Social Role Valorization of collectivities, versus of one person at a time. The SRV Journal, 7(1), 8–14.

Wolfensberger, W. (2013). A brief introduction to Social Role Valorization: A high-order concept for addressing the plight of societally devalued people, and for structuring human services (4th ed.). Plantagenet, Ontario, Canada: Valor Press.

Wolfensberger, W. & Thomas, S. (1 4). L’importance de l’Imagerie Sociale Dans l’Interprétation des Personnes Socialement Dévalorisées aux Yeux du Public. VRS-SRV: La Revue Internationale de la Valorisation des Rôles Sociaux, 1 (1) 38-40.

5

Docteur en Psychologie à l’Université de Syracuse, M Wolf WOLSFENSBERGER développera cette approche en Amérique du Nord. EU et Canada, Il est décédé en 2011.

 

 

 

Share on Facebook Share on Twitter Epale SoundCloud Share on LinkedIn