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[Témoignage] Les acquis d’une expérience européenne

21/10/2018
por Isabelle Houot
Idioma: FR

En France , la durée d'expérience requise pour bénéficier d'une validation des acquis de l'expérience (VAE) et ainsi par ce moyen éventuellement raccourcir son parcours est récemment passé  à 1 an (au lieu de 3 initialement).

Alexandre Pacchin a bénéficié de cette mesure à la suite d'un service volontaire européen : il nous raconte:

1) Alexandre, pouvez-vous expliquer dans quelles circonstances vous avez été amené à entreprendre un service volontaire européen? 

Lors de l’année 2014, lorsque j’étais en première année d’une formation de moniteur-éducateur (2 ans) au sein de l’institut régional du travail social de Champagne Ardenne, une personne en service volontaire européen au sein du Centre Régional d’Information Jeunesse de Reims (CRIJ) est venue présenter ce programme dans l’école. C’était une femme qui venait d’un pays européen autre que la France. J’ai tout de suite été séduit par la présentation qu’elle en avait faite : la rencontre avec d’autres personnes provenant de toute l’Europe, l’apprentissage d’une nouvelle langue, la découverte d’une nouvelle culture, l’émancipation… Je me suis alors rapproché du CRIJ afin d’avoir de plus amples informations sur cet ERAMUS+. Le chargé de projet m’a alors expliqué concrètement, de quoi relevait cette aventure, les démarches qu’il fallait entreprendre, etc… Toutefois, je devais terminer ma formation de travailleur social, j’ai alors gardé cette idée « sous le coude ». J’ai alors enchainé vers la passerelle d’éducateur spécialisé (en 1 an). Mon idée était alors simple : terminer ma formation et partir à l’étranger. J’ai donc rédigé CV et lettre de motivation en anglais avec l’aide d’une amie, afin de pouvoir candidater par mail, grâce à un portail d’offres en ligne. Je cherchais un volontariat qui me corresponde à 100 %, j’étais par conséquent d’une certaine manière exigeant avec les missions qui m’allaient être octroyées. Le pays aussi avait son importance, j’étais en effet plus attiré vers les pays méditerranéens ou la Scandinavie. Après de très nombreuses recherches, une trentaine de mails envoyés et 5 entretiens Skype avec diverses associations en Europe, j’ai trouvé un projet au Danemark qui n’était toutefois pas encore accrédité par la commission européenne. J’étais en accord avec l’association mais nous attendions le feu vert de l’Europe… qui n’a jamais eu lieu, j’ai donc dû chercher un autre SVE, nous étions en juillet, pour un départ en septembre. Je me suis alors tourné vers le Centre Europe Direct Lorraine de Nancy, le CRISTEEL. Cette association avait un partenariat avec une organisation non gouvernementale à Burgos en Espagne, Amycos. J’ai toute de suite été conquis par le projet de 11 mois qui était proposé. J’ai candidaté, effectué un entretien en anglais et espagnol, et le coordinateur italien Alessandro m’a envoyé un mail pour me confirmer ma retenue pour cette nouvelle aventure débutant en septembre 2017. Diplôme d’éducateur spécialisé en poche, je me suis alors rendu le 4 septembre à Burgos.

2) Pouvez-vous en quelques lignes nous faire le récit de cette expérience ?

Je me suis rendu à Burgos avec ma voiture (l’aller et le retour étant remboursé jusqu’à une certaine limite, 275€ dans mon cas) afin de pouvoir être autonome le plus possible. Je vivais en collocation avec Evangelia de Grèce et Agnieska de Pologne. Nous étions tous les 3, volontaires européens d’Amycos, avec toutefois des missions différentes. Dans cet organisme accompagnant des personnes migrantes, je travaillais étroitement avec l’european project manager afin de mettre en œuvre des projets adaptés aux territoires et aux publics en lien avec les missions de la structure. Je pilotais notamment, en soutien du manager, le projet européen « People’s Corner » faisant partie du programme « Europa para la Ciudadana ». Répondant à une problématique locale dans la commune de Burgos, il s’appuyait sur la participation citoyenne et avait comme objectif principal de promouvoir l’idée d’un citoyen actif dans sa ville. J’étais aussi professeur d’anglais et français avec des adolescents migrants au sein d’une association partenaire. Je m’occupais du volet culturel de l’ONG en montant des expositions dans toute la région de Castille et Léon. De plus, j’effectuais des ateliers à destination d’enfants sur les objectifs de développement durable dans les écoles de la région. Nous participions aussi à des festivals et forums afin de présenter l’ONG Amycos. Enfin, sur mon temps personnel, j’allais aider une association qui offrait  de la nourriture aux personnes migrantes tous les temps de midi. A côté de mon engagement au sein de l’ONG, j’ai eu la chance de rencontrer de nombreuses personnes provenant de nombreux de pays, l’apport de ces personnes est indescriptible. Je vivais tout le temps dans une ambiance cosmopolite et c’était très enrichissant.

3) Aujourd’hui, avec le recul, que retenez-vous de ce parcours européen ?  Qu’avez-vous appris ? 

Tout d’abord, il me semble que le projet people’s corner a été un réel support de réflexion, me permettant d’affiner des compétences spécifiques comme l’observation, la réflexion et l’analyse. En termes pédagogique j’ai aussi appris à donner un cours d’une manière adaptée en fonction de la population apprenante. Enfin, des valeurs telles que le respect, l’empathie, l’entraide, la solidarité, l’écoute, la bienveillance, etc… étaient fortement présentes au sein de l’ONG, j’ai appris de chaque instant passé là-bas. La culture espagnole étant fortement différente de la culture française, j’ai donc dû déconstruire mes habitus pour m’adapter et m’intégrer. Les personnes que j’ai accompagnées dans leur parcours de vie m’ont aussi beaucoup appris, et m’ont aidé à grandir sur un plan personnel. De ce projet je retiendrai aussi les personnes que j’ai rencontrées hors de mon volontariat. Pour exemple, ayant eu la chance de sillonner toute l’Espagne, il y avait une forte entraide en termes de logement avec les autres volontaires européen que j’avais rencontré lors des différentes formations en Espagne sur l’ERAMUS+. Enfin, au terme du service volontaire européen, j’ai dû réfléchir sur mon « Youthpass », un certificat verbalisant un apprentissage non-formel, rédigé par le volontaire avec son tuteur, basé sur les critères suivant : communication dans la langue maternelle, communication en langues étrangères, compétences mathématiques et compétences de base en sciences et technologies, compétences numérique, apprendre à apprendre, compétences sociales et civiques, esprit d’initiative et d’entreprenariat, expression et conscience culturelle. En conclusion je dirais que cet ERAMUS+ m’a permis d’évoluer sur un plan professionnel et personnel, c’est véritablement une aventure de vie qui me marquera à jamais.

4) Aujourd’hui, quels conseils donneriez-vous aux jeunes gens qui comme vous voudraient s’engager dans un service civique européen ?

Je parlerai ici du programme  « service volontaire européen » . Il me semble qu’un mot prévaut lorsque l’on souhaite effectuer un SVE : la motivation. C’est un véritable « starter de la réussite ». Je développerais en disant : motivation avant et motivation pendant. Pourquoi ? Avant il est évident qu’un volontaire conjuguera différentes émotions telles que la peur, l’appréhension, l’excitation, etc… Mais c’est pendant, qu’elle prend toute son importance. Loin physiquement de ses amis et de sa famille, la motivation nous rappelle pourquoi nous sommes présents. Ensuite, la préparation est me semble-t-il aussi très importante. Il faut s’y prendre à l’avance afin de trouver une organisation d’accueil qui sera en corrélation avec les valeurs du volontaire, des missions en apparences plaisantes, un pays que le volontaire souhaite découvrir… C’est important, car cela peut vite être décourageant si ce que l’on fait ne nous plait pas. La maitrise de la langue du pays d’accueil est forcément un plus, mais ne revêt pas une importance capitale, car des cours sont donnés dans le pays d’accueil. Je conseillerais aussi de préparer les entretiens Skype, qui sont décisifs, en plus de la lettre de motivation et du CV, pour la sélection ou non du volontaire. Enfin, il a des dotations dans ce programme, sous forme de « pocket money » et de l’argent pour la nourriture. En d’autres termes, l’union européenne donne une certaine somme mensuelle au volontaire pour vivre. J’avais par exemple en tout 275€, sachant que l’appartement, l’eau et l’électricité étaient au frais de l’ONG. Dans l’optique d’envies voyageuses, je conseille cependant d’avoir « un petit matelas » d’économies afin d’en profiter au maximum.

5) Quel regard portez-vous sur ce dispositif ?

Je pense que ce dispositif est un programme qui doit être plus connu. D’une part car cela engage la personne dans un processus volontaire, le don de soi. D’autre part, peu importe son milieu, ses qualifications, son niveau d’étude, son secteur d’expertise, le service volontaire européen est accessible à tous. J’ajoute en effet qu’aucun diplôme n’est nécessaire pour effectuer un SVE, et cela a son importance. C’est un vrai plus en termes d’enrichissement personnel et professionnel. Cela développe certaines capacités au travers de l’apprentissage informel du volontaire. Néanmoins, il est fondamental d’être en accord avec l’organisme d’accueil quant aux missions et toutes les modalités qui entourent le volontaire, afin de ne pas se fourvoyer et ainsi se retrouver dans un programme que la personne ne souhaiterait finalement pas. A cet effet, l’accompagnement de l’organisme d’envoi est fondamental. Il permet de faire des retours, tant positifs que négatifs. Je pense aussi qu’il faut faire attention aux dérives du SVE, quelques associations ou ONG accueillant des volontaires ayant des compétences fortes, peuvent parfois confondre salariés et volontaire. Enfin, c’est assurément un plus qu’il faut valoriser au travers du CV. Personnellement, il m’a aidé à rentrer en Master 2 Sciences de l’éducation. Le processus d’apprentissage du SVE ne se limite pas au Youthpass, document qui justifie de l’apprentissage non formel, mais plutôt comment le volontaire ressort grandi de cette expérience.

 

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