Pasar al contenido principal
Blog
Blog

Risques sociétaux associés aux programmes de formation en situation de travail

Les jeunes n'ont pas tous les mêmes chances d'accéder à la formation en situation de travail (notamment en fonction de leurs revenus). Les acteurs politiques doivent donc rester vigilants dans les solutions qu'ils proposent pour lutter contre le chômage des jeunes.

Work-based learning schemes risks

 

Au cours des dernières années, on a beaucoup insisté sur la formation en situation de travail sous toutes ses formes, par le biais, notamment, de l'apprentissage, des stages et du bénévolat. Ces formes de développement des compétences sont considérées comme d'importants tremplins pour les jeunes et les personnes âgées souhaitant renouer avec le marché du travail et avec la société. Cet article de blog me donne l'occasion de discuter des résultats d'une étude réalisée par le Parlement européen, à laquelle j'ai eu l'opportunité de participer. J’y ai été associé pour étudier un aspect spécifique : les risques sociétaux liés à certains programmes de formation en situation de travail.

Les jeunes qui intègrent le marché de l'emploi : des publics sensibles

Les jeunes sont plus sensibles à la conjoncture et aux crises économiques périodiques que les travailleurs adultes bien établis sur le marché du travail.  Plusieurs raisons peuvent être invoquées:

  • leur expérience professionnelle est insuffisante
  • leur formation est parfois incomplète
  • ils bénéficient de contrats de travail plus précaires
  • lorsqu'il s'agit de chercher un emploi, leur réseau professionnel est limité
  • ils ne possèdent pas forcément les compétences recherchées par les employeurs.

Une fois diplômés, les jeunes qui ne sont pas en mesure d'opérer une transition rapide vers le marché du travail ont du mal à accumuler le capital humain, social et économique nécessaire pour les aider à progresser dans leur carrière. En restant en dehors du marché du travail (ou du système éducatif) de manière prolongée, ils augmentent d'autant leur risque d'exclusion sociale et économique.

Les jeunes les plus défavorisés, parce qu'ils sont par exemple peu diplômés, en situation de handicap, ou qu'ils viennent d'arriver dans le pays, sont confrontés à des difficultés encore plus importantes. C'est aussi la raison pour laquelle ils sont davantage exposés au risque d'exclusion sociale et économique.

La formation en situation de travail est-elle une solution ?

La formation en situation de travail, et en particulier les contrats d'apprentissage, les stages, les formations et le bénévolat, peuvent contribuer à faciliter la transition entre l'école et le monde du travail. Concernant les compétences et les qualifications acquises et les résultats obtenus sur le plan professionnel, les études montrent que la formation en situation de travail constitue un tremplin qui facilite cette transition.

Ces études montrent aussi que pour obtenir une meilleure qualité de formation en situation de travail, il est préférable d'impliquer un tiers, en dehors de l'apprenant et de l'entreprise (lieu d'apprentissage). Cela peut être un prestataire EFP (généralement dans le cadre de l'apprentissage) ou le service public de l'emploi (pour certaines formes de stages). Il existe cependant de nombreux stages et programmes de bénévolat basés sur un accord contractuel entre le stagiaire/le bénévole et l'organisme, dont l'organisation ne permet pas d'assurer une qualité optimale à la fois du « milieu de travail » et de l'apprentissage.

Le coût de l’acquisition de compétences passe du gouvernement aux employeurs et aux particuliers

Il est établi que ces programmes ne fonctionnent que si, à la base, les stagiaires et les volontaires y trouvent un bénéfice. Il faut aussi que ceux-ci soient capables de couvrir leurs dépenses courantes pendant qu’ils accomplissent un travail non rémunéré. Comme les stages sont généralement non rémunérés ou très peu payés, le coût de l’acquisition de compétences dans une profession particulière est externalisé et supporté non plus par le centre de formation mais par les employeurs et, au final, par le particulier. Afin d’acquérir les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail, le particulier est poussé à investir dans ces compétences parce qu’il n’y a pas d’autres moyens de les acquérir. Cet investissement signifie travailler dans l’entreprise, contribuer à la productivité et couvrir les dépenses courantes par d’autres moyens qu’un salaire. En ce qui concerne le volontariat, on constate un transfert similaire : le coût de l’acquisition de compétences au cours d’un stage est supporté par les particuliers parce que ne sont prévus ni dédommagement ni rémunération. 

L'apprentissage en milieu de travail accessible à tous ?

La prise en charge des coûts d'acquisition des compétences dépend du prix à payer : en effet, l'accès à l'acquisition de compétences est restreint pour les personnes issues de milieux économiquement défavorisés. Bien que l'acquisition de compétences par le biais des stages et des formations soit un bon tremplin pour trouver un emploi, les personnes dont les moyens financiers sont limités ont plus de difficultés à intégrer le marché du travail. Les personnes qui ont les moyens de prendre en charge leurs frais de subsistance sont plus à même d'accepter un travail bénévole et des stages et d'améliorer ainsi leur attrait face aux employeurs potentiels.

Alors que les systèmes éducatifs en Europe s'efforcent de promouvoir l'égalité d'accès à l'emploi, il n'en reste pas moins que ceux qui peuvent se permettre d'accepter des stages et des programmes de bénévolat sont mieux placés pour opérer la transition entre l'école et le monde du travail.

En conclusion les jeunes n’ont pas également accès à la formation en situation de travail, notamment en raison de la différence de revenus.  Les décideurs devraient donc réfléchir avant de recourir systématiquement à cette solution pour lutter contre le chômage des jeunes et de faciliter leur entrée dans le marché du travail.

Ces risques sociétaux doivent être pris en considération dans le cadre de la réflexion sur le cadre à donner aux stages et au bénévolat, comme celle récemment lancée par le Corps européen de solidarité.


Simon Broek a participé à plusieurs projets de recherche européens sur l'éducation, les questions du marché du travail et le secteur des assurances. Il a conseillé la Commission européenne, le Parlement européen et les agences européennes sur les questions liées aux politiques éducatives, à l'apprentissage tout au long de la vie et aux questions du marché du travail. Il est également le Principal associé au sein de Ockham Institute of Policy Support.

Login (7)

¿Quieres otro idioma?

Este documento también está disponible en otros idiomas. Por favor, selecciona un de abajo.

Want to write a blog post ?

Don't hesitate to do so! Click the link below and start posting a new article!

Últimos debates

Enfoques temáticos de la EPALE 2021. ¡Empecemos!

Os invitamos a enriquecer con vuestras aportaciones y conocimientos lo que va a ser un año intenso. Empecemos por participar en este debate en línea. El debate en línea tendrá lugar el martes 9 de marzo de 2021 de 10 a 16 horas CET. La discusión escrita será introducida por un directo con una introducción a los focos temáticos de 2021, y será presentada por Gina Ebner y Aleksandra Kozyra de la AEEA en nombre del Consejo Editorial del EPALE.

Más

Discusión de EPALE: Aprendizaje mixto en la educación de adultos

En este contexto, el jueves 26 de noviembre de 2020, a partir de las 10.00 horas hasta las 16.00 horas CET, EPALE acogerá un debate en línea sobre el aprendizaje mixto en la educación de adultos. El debate tendrá un nuevo formato, comenzando a las 10 con una transmisión en vivo de 30 minutos, acompañado y seguido por el debate sobre los comentarios de la plataforma.

Más

Debate en EPALE: inclusión social de la población envejecida y aprendizaje intergeneracional

El miércoles 28 de octubre, a partir de las 10 a.m. CEST, EPALE acogerá un debate en línea sobre la inclusión social de la población envejecida y el aprendizaje intergeneracional. Los comentarios estarán abiertos el 19 de octubre para que los participantes puedan presentarse y enviar sus comentarios con antelación. ¡Únete a nuestro debate en línea!

Más