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Sala de prensa

Volontariat d’entreprise, un point de vue personnel

18/07/2019
Idioma: FR
Document available also in: EN

[Traduction (anglais-français) : EPALE France]

 

Cela fait 11 ans que je fais du bénévolat. En 2008, avec mes collègues de l’Association pour l’intégration sociale et la protection de l’environnement, j’ai créé le Braşov Volunteer Center. Ces années d’engagement communautaire m’ont permis d’en apprendre davantage sur la diversité des bénévoles.
La plupart de ceux avec lesquels nous travaillons sont des jeunes : écoliers ou étudiants, jeunes en début de carrière ou à la recherche d’un emploi. Il est peu courant de voir des bénévoles de plus de 30 ans, la plupart s’occupant en priorité de leurs engagements à long terme ou de leur famille et de leurs enfants.
Le volontariat est perçu comme une activité particulièrement adaptée aux jeunes. Quand vous travaillez et que vous avez une famille, vous n’imaginez pas que vous pourriez vous impliquer en plus dans la communauté. C’est ce que nous avons constaté à notre niveau.

Au fil du temps, nous avons observé les différents chemins qu’empruntaient ceux qui étaient venus vers nous. Les élèves du secondaire étaient impliqués jusqu’à leur entrée à l’université, les célibataires cessaient leurs activités de bénévolat lorsqu’ils entamaient une relation, et d’autres ont quitté le centre immédiatement après avoir été embauchés. À mon avis, cela peut être une question de gestion du temps ou de baisse de motivation. Pour la plupart des gens, le bénévolat est associé à un moment de vie particulier, à la jeunesse, une période où vous avez moins de soucis à gérer. C’est une évolution naturelle que je comprends et accepte. Il est important que votre expérience de bénévolat, quelle que soit sa durée, vous aide à devenir un citoyen responsable.

Mais il y a toujours une exception. Notre équipe de coordination, composée de membres âgés de plus de 25 ans ayant un emploi à temps plein, était tellement motivée qu’elle est restée active jusqu’à ce que nous assurions la relève du groupe de volontaires.
Notre organisation reposait essentiellement sur le travail bénévole. Cela nécessite de gros efforts de coordination et peut expliquer les nombreuses lacunes dont nous avons pu souffrir en matière de gestion des volontaires. Toutefois, depuis 11 ans, plus de 500 personnes ont ainsi participé à diverses actions menées dans de nombreux domaines.

Comme je l’ai mentionné plus haut, la plupart de ceux qui travaillent au Braşov Volunteer Center sont des jeunes. Bien évidemment, il y a eu des exceptions : des gens qui ont eu le courage de venir et de faire beaucoup de choses extraordinaires pour notre communauté. Nous avons collaboré avec des séniors dotés d’une énergie et d’une force incroyables, mais la question de savoir comment nous pouvons impliquer les adultes dans les activités de bénévolat demeure. En effet, ils constituent une ressource très importante et le fait que d’autres pays parviennent à instaurer cette tradition montre très clairement qu’ils sont capables et disposés à apporter leur contribution.

Cela a pris un certain temps avant que j’entende parler de la RSE (responsabilité sociale des entreprises). En mars 2016, la Fédération VOLUM a rédigé un guide intitulé «Le bénévolat appuyé par l’employeur et la responsabilité sociale des entreprises». Dans ce document, la responsabilité sociale des entreprises est définie comme un concept permettant aux entreprises d’intégrer les questions sociales et environnementales dans leur structure organisationnelle et d’interagir avec les volontaires engagés. Il précise également qu’il «est dans l’intérêt de l’entreprise de développer ce concept aussi bien en interne qu’en externe et de soutenir les objectifs liés au développement durable ainsi qu’à la compétitivité sur le marché social et économique». Ces dernières années, des organisations non gouvernementales roumaines se sont tournées vers le secteur privé dans le cadre du volontariat appuyé par l’employeur. De plus en plus de partenariats permettent ainsi aux employés de s’engager dans des activités de bénévolat d’entreprise.

Mais c’est aussi vrai dans l’autre sens. Les entreprises du secteur privé se tournent vers nous, les ONG, pour organiser ces activités de volontariat impliquant leurs employés. Par exemple, Siemens Technology Braşov organise un événement appelé Siemens Day. Une fois par an, une journée de travail est dédiée à la participation à des activités bénévoles. La première collaboration avec Siemens s’est révélée extrêmement bénéfique pour un grand nombre d’organisations de Brasov. De notre côté, au Braşov Volunteer Center, en septembre 2016, nous sommes parvenus à restaurer un espace en un seul vendredi. Les gens se sont montrés incroyablement responsables et sérieux. J’ai vu de la ténacité, de la constance, mais aussi une grande créativité ce jour-là. Ensemble, nous avons réussi à réaménager un espace qui avait besoin d’être rénové : nous avons peint des bancs, des tables, asphalté, encastré des panneaux. Ça a été une activité familiale; les employés de Siemens sont venus avec leurs enfants, qui ont participé à des ateliers créatifs encadrés par nos bénévoles. Ce jour-là, Siemens a aussi participé à d’autres initiatives. Ils ont préparé un déjeuner pour la cantine «Thank you», un projet de la Fondation «Joyful Gift», et organisé un concours de course à pied à Mercheaşa avec l’association Carpaterra.

En Roumanie, le volontariat d’entreprise n’en est qu’à ses débuts, mais il connaît une évolution positive. Je connais des organismes locaux qui ont déjà réussi à créer une tradition de partenariat avec des entreprises privées souhaitant s’impliquer dans la communauté. La plantation d’arbres pour restaurer des terres dégradées (un projet lancé par la Conservation Carpathia Foundation) ou la préparation de colis alimentaires pour des centaines de bénéficiaires (organisée par la fondation «The Joy of Giving») ne sont que quelques-uns des exemples qui me poussent à croire que nous finirons par faire de gros progrès, tout comme ce fut le cas dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Norvège, où 80 % des habitants s’adonnent régulièrement à des activités bénévoles.

Pour mieux comprendre le volontariat appuyé par l’employeur et la responsabilité sociale des entreprises, je me suis toujours efforcé de nouer des liens avec des personnes ayant une expérience pertinente dans le domaine. En 2016, nous avons visité le Hammersmith Volunteer Center à Londres, et Dominic Pinkney nous a expliqué comment il organisait des activités bénévoles à destination des entreprises privées par le biais de Works4U. En février 2019, j’ai assisté à un cours sur le volontariat d’entreprise organisé par Slovenska Filantropija en Slovénie. Cette dernière expérience a été le fruit d’un partenariat entre le Braşov Volunteer Center et le Volunteer Center Cluj-Napoca institué dans le cadre du projet «CiVi - Trained Coordinators - Volunteers involved» financé par le programme Eramus+.

En Slovénie, il existe déjà une tradition de volontariat d’entreprise. Chaque année, les sociétés élaborent des programmes permettant aux employés de participer à diverses activités bénévoles. L’organisation Slovenska filantropija collabore avec des entreprises privées dans le cadre de ses propres activités, mais elle joue également un rôle d’intermédiaire pour d’autres ONG. Elle propose ainsi un catalogue d’opportunités de bénévolat incluant des associations souhaitant collaborer avec des entreprises du secteur privé. Le modèle slovène me porte à croire qu’au niveau local, le Braşov Volunteer Center peut lui aussi faciliter les relations entre les entreprises et les organisations non gouvernementales travaillant avec des volontaires. Je suis conscient que cette relation se construira au fil du temps, mais je suis persuadé que le nombre d’entreprises incitant leurs employés à prendre part à des activités bénévoles augmentera au cours des prochaines années.

Nous devons encore apprendre à travailler ensemble pour que les actions conjointes aient un impact réel sur la communauté.

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