Direkt zum Inhalt
Blog
Blog

Le Compte Personnel de Formation : un bilan prématuré pour les demandeurs d’emploi ?

Dans le cadre de la nouvelle loi sur la formation professionnelle de mars 2014, le Compte Personnel de Formation est la mesure phare pour améliorer l'employabilité et rendre les apprenants acteurs de leur parcours professionnel. Moins d'un an après son lancement, le dispositif est-il opérationnel et pour quels résultats?

Le 5 mars 2014, une nouvelle loi relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale a été promulguée en France, faisant suite à l’accord national interprofessionnel de décembre 2013.  Elle propose des avancées notables pour le secteur de l’éducation des adultes et notamment pour les demandeurs d’emploi et les salariés les moins qualifiés, par exemple à travers un fléchage des fonds de formation vers ces publics ou la mise à disposition d’un conseil en évolution professionnelle. Mais la mesure emblématique de cette réforme est bien le Compte Personnel de Formation (CPF), attribué à chaque individu dès son entrée sur le marché du travail (parfois dès 15 ans en cas d’apprentissage) et jusqu’à sa retraite. Conçu pour mieux refléter la variété des trajectoires d’apprentissage tout au long de la vie et sécuriser ces parcours et doté d’un budget de 800 millions d’euros, le CPF permet de financer tout ou partie des formations initiées au cours de sa vie professionnelle.

L’apprenant devient acteur de son parcours professionnel

Concrètement, le gouvernement a inauguré une nouvelle interface en ligne appelée moncompteformation.gouv.fr pour mieux guider l’apprenant dans ses démarches. Qu’il soit salarié ou demandeur d’emploi, le site lui permet d’accéder à un espace sécurisé où il peut consulter les heures de formation à sa disposition. Une personne travaillant à temps plein peut cumuler (y compris en congé maternité, maladie…) 24h par an jusqu’à atteindre un palier de 120 heures puis 12h par an jusqu’au plafond de 150 heures.  Les heures étant créditées annuellement, elles ne seront donc disponibles qu’au 1e janvier 2016. Durant cette année de transition, les apprenants peuvent toujours saisir les heures acquises dans le cadre de leur Droit Individuel à la Formation (DIF), le dispositif que remplace désormais le CPF.

La deuxième étape consiste à choisir une formation qualifiante ou certifiante (sur laquelle le CPF a fortement mis l’accent dans une optique de renforcement de l’employabilité) dans une liste de formations éligibles définie par les partenaires sociaux et dont la recherche est accessible par région, secteur d’activité et statut. Toutes sortes de formations sont disponibles, depuis les plus professionalisantes jusqu’à des modules plus généraux pour l’acquisition des connaissances de base et l'accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE). Le gouvernement a particulièrement insisté sur la qualité des formations via un décret spécifique déclinant des critères d’identification précis des objectifs ou encore d’adaptation des dispositifs d’accueil.  Fin 2015, un passeport d’orientation, de formation et de compétences sera également disponible sur le site pour un recensement individuel et personnalisé de tous les acquis des formations suivies.

Après une transition difficile, un dispositif sur les rails

Si l’employeur est un pivot de la réforme (financer et suivre l’évolution du dispositif, informer les salariés), le conseil en évolution professionnelle a également un rôle clé à jouer et en particulier pour les demandeurs d’emploi. Il est assuré par cinq organismes dont Pôle Emploi, Cap Emploi (personnes handicapées) et les missions locales. Gratuit et confidentiel, il accompagne l’apprenant dans ses démarches relatives au CPF. Plusieurs chantiers ont d’ores et déjà été initiés pour améliorer ce conseil, par exemple en termes d’homogénéisation de l’offre de service ou de professionnalisation des conseillers.

Le CPF est en effet un dispositif en gestation et bien d’autres tentatives d’amélioration ont vu le jour ces derniers mois, notamment au cours de l’été. Le site internet peine à devenir plus lisible ; les listes de formation se complètent lentement du fait de l’obligation de trouver des modules de qualité ; les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA – qui collectent les cotisations des entreprises) et donc les entreprises manquent de visibilité sur leurs possibilités de financement. Les répercussions sont importantes sur les organismes de formation professionnelle qui déplorent une baisse de leur chiffre d’affaires de 15% depuis le début de l’année. La Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) a déjà fait part de son mécontentement au printemps face à une mesure qu’elle estime décevante par bien des aspects ; son président, Jean Wemaëre, rappelle pourtant que « la formation est l’outil majeur de la compétitivité française ».

Les conséquences se font également sentir sur les apprenants chez qui le découragement risque de pointer dans cette période de transition. Trouver un financeur semble relever du « parcours du combattant » selon Jean Wemaëre du fait du manque de transparence sur les budgets ; de même, trouver une formation adéquate semble difficile puisque les partenaires sociaux ont tendance à privilégier la diffusion de formations longues alors que le CPF avec ses 24h cumulables par an n’a pas vocation à substituer le congé individuel de formation (CIF) et que la demande s’oriente plutôt vers des formations courtes : les premières observations montrent que l’apprentissage des langues ainsi que les formations à finalité professionnelle (cariste, infirmier…) sont favorites parmi les demandeurs d’emploi. Ce décalage entre l’offre et la demande pourrait à terme, selon Jean Wemaëre, entraîner un effet pervers puisque les compléments de financement par les structures intermédiaires (Pôle Emploi, entreprises) ne doivent pas devenir systématiques. Pourtant l’enjeu de la remise sur le marché des demandeurs d’emploi est grand puisqu’ils étaient plus de 640 000 à être entrés en formation en 2013. ; Jean Wemaëre souligne par ailleurs à quel point la portabilité des droits du nouveau dispositif est une chance pour accroitre notre capacité à former ce public spécifique. En matière de validation des acquis de l’expérience, le nombre de personnes susceptible d’être concerné n’est pas non plus négligeable avec 27 000 candidats diplômés par ce biais en 2013.

Si l’année de transition s’est donc révélée quelque peu chaotique, le CPF semble désormais plus ou moins bien mis sur les rails avec environ 12000 formations publiées en septembre, 34% d’entre elles étant accessibles aux demandeurs d’emploi et 7% à tous types de public. Au 31 août, ce sont 85 000 demandes de formation qui ont été déposées et 35000 ont été acceptées ; les trois quarts concernaient des demandeurs d’emploi. Pourtant, en comparaison, 50 à 60 000 salariés partaient en formation tous les mois avec le Droit Individuel à la Formation. L’heure du bilan semble donc prématurée car un long chemin reste à parcourir avant de pouvoir évaluer le réel impact du nouveau dispositif sur la formation continue en générale, et l’employabilité en particulier. De la nouvelle Ministre Myriam El Khomri, la Fédération de la Formation Professionnelle attend un solide travail en partenariat pour rendre la réforme plus lisible, accélérer l’opérationnalité du CPF notamment avec plus de formations courtes éligibles, et une plus grande sensibilisation des responsables de la formation à l'importance majeure du capital humain. La FFP collabore par ailleurs étroitement avec le Ministère pour assurer la conformité de la qualité des formations avec les nouvelles exigences de la réforme, un défi majeur que le secteur devra relever dans les prochains mois.

 

 

 

Login (0)

Users have already commented on this article

Loggen Sie sich ein oder registrieren Sie sich, um zu kommentieren.

Sie möchten eine andere Sprache?

Dieses Dokument ist auch in anderen Sprachen erhältlich. Bitte wählen Sie unten eine aus.

Want to write a blog post ?

Don't hesitate to do so! Click the link below and start posting a new article!

Neueste Diskussionen

EPALE 2021 Schwerpunktthemen. Fangen wir an!

Das vor uns liegende Jahr wird wahrscheinlich wieder sehr intensiv, und daher laden wir Sie ein, es mit Ihren Beiträgen und Ihrer Expertise zu bereichern. Beginnen Sie doch einfach, indem Sie an unserer Online-Diskussion teilnehmen. The Online-Diskussion findet am Dienstag, dem 09. März 2021 zwischen 10.00 und 16.00 Uhr statt. The schriftliche Diskussion wird mit einem vorgeschalteten Livestream eröffnet, der die Themenschwerpunkte für 2021 vorstellt. Die Hosts sind Gina Ebner und Aleksandra Kozyra von EAEA im Namen der EPALE Redaktion. 

Zusätzlich

EPALE Diskussion: Vermittlung von Grundkompetenzen

Grundkompetenzen sind transversal. Sie sind nicht nur relevant für die Bildungspolitik,  sondern auch für Beschäftigungs-, Gesundheits-, Sozial- und Umweltpolitiken. Der Aufbau schlüssiger Politikmaßnahmen, die Menschen mit Grundbildungsbedürfnissen unterstützen, ist notwenig, um die Gesellschaft resilienter und inklusiver zu gestalten. Nehmen Sie an der Online-Diskussion teil, die am 16. und 17. September jeweils zwischen 10.00 und 16.00 Uhr auf dieser Seite stattfindet. Die Diskussion wird von den EPALE Thematischen Koordinatoren für Grundkompetenzen, EBSN, moderiert. 

Zusätzlich

EPALE Diskussion: Die Zukunft der Erwachsenenbildung

Am Mittwoch, dem 8. Juli 2020, lädt EPALE von 10.00 - 16.00 Uhr zu einer Online Diskussion zur Zukunft der Erwachsenenbildung ein. Wir wollen über die Zukunft des Bildungssektors Erwachsenenbildung sowie die neuen Chancen und Herausforderungen diskutieren. Gina Ebner, EPALE-Expertin und Generalsekretärin der EAEA, moderiert die Diskussion.

Zusätzlich