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Blog

Que savons-nous des personnes de plus de 50 ans participant aux MOOC ?

09/05/2019
by Camille POIRAUD
Sprog: FR
Document available also in: EN

[Traduction (anglais-français) : EPALE France

Auteure : Rita Bencivenga]

 

Si vous cherchez des informations concernant les adultes suivant des MOOC, vous vous rendrez rapidement compte qu’il existe encore peu de recherches portant sur ce groupe spécifique, qui ne représente qu’une minorité des utilisateurs. Toutefois, de nouvelles données sont aujourd'hui disponibles grâce à l’étude que j’ai publiée aux éditions Springer et qui inclut des recherches présentées lors du 7e Atelier international des technologies d’apprentissage pour relever les défis de l’éducation (LTEC 2018) intitulé « What Learning Professionals Should Know » (Ce que les professionnels de l'apprentissage devraient savoir).

 

L’étude empirique «Adults’ Perception of MOOCs as Part of a Constellation of Cultural Experiences» (Perception des MOOC par les adultes comme composante d'une constellation d'expériences culturelles) reposait sur une méthodologie de terrain analysant des témoignages sur l’intérêt des adultes pour les MOOC ainsi que sur l’usage qu’ils en faisaient. Dans ce cadre, soixante-douze Italiens, tous âgés de plus de 50 ans, ont été interrogés. Les résultats montrent que les MOOC et d’autres technologies d’apprentissage se révèlent particulièrement pertinents au regard des participants qui considèrent qu’ils proposent des expériences intéressantes et adaptées à leur âge.

L’étude révèle que les répondants partagent un désir commun d’utiliser les MOOC, mais qu’ils les considèrent uniquement comme un moyen comme un autre d’améliorer leur expérience culturelle et professionnelle. Ils reconnaissent également que l’Internet, auxquels ils accèdent par le biais d'ordinateurs, de tablettes et de téléphones portables, ainsi qu’une variété de technologies d'apprentissage en ligne, formelles ou informelles, représentent des alternatives de plus en plus importantes aux activités culturelles et de loisirs plus traditionnelles. Il a été constaté que leurs connaissances en matière de technologies pour l’apprentissage étaient liées à leurs intérêts culturels. De plus, ils se sont révélés peu ou pas intéressés par les interactions avec les autres participants ou les tuteurs et se sont montrés critiques à l’égard des questionnaires à choix multiples.

La documentation à l’épreuve des résultats

Les répondants ne déclarent aucune difficulté en matière de planification et de participation aux MOOC, même lorsqu’ils n’ont suivi qu’une seule formation. Il faut dire que, depuis peu, l’image des générations considérées comme des utilisateurs prénumériques est en train de changer. Les stéréotypes continuent de séparer ceux qui sont supposés connaître les technologies (les natifs du numérique) et ceux que l'on pense peu compétents en la matière ou qui éprouvent de réelles difficultés avec les TIC. Pouvons-nous au moins considérer les baby-boomers, qui arrivent maintenant à l'âge de la retraite, comme des curieux du numérique ? Ils peuvent en effet appartenir à un groupe utilisant les TIC et les médias sociaux avec aisance, et leur bagage culturel peut également leur permettre d'organiser facilement leur parcours d'apprentissage en ligne. Ils étaient jeunes au début des années 80, lorsque les premiers ordinateurs ont commencé à être vendus aux États-Unis et en Europe. Bien qu’ils ne représentent certainement pas la majeure partie de cette classe d’âge, ils méritent tout de même d’être étudiés si nous souhaitons intégrer les MOOC à l’apprentissage tout au long de la vie.

Alors que les recherches précédentes (Kop et Fournier, 2011 ; Weller 2011) mettaient l'accent sur les questions de solitude, d'isolement géographique ou de mobilité pouvant motiver les personnes âgées à avoir recours aux MOOC, les répondants italiens de cette étude nous montrent une tout autre réalité : ils ont tous participé aux MOOC, car ils ont une vie professionnelle, culturelle et sociale très active et ces formations ne constituent qu'une petite partie de leur réseau d’activités.

Un autre aspect, qui n’a pas été confirmé par la recherche italienne, concerne l'accent mis dans le passé (Githens 2007) sur les programmes d'apprentissage en ligne destinés aux personnes âgées souhaitant suivre des programmes d’épanouissement personnel et d’évolution sociale, de perfectionnement professionnel et de formation en milieu de travail.  En réalité, aucun des participants n’avait jamais choisi de cours destinés aux personnes âgées. Aucun d'entre eux ne fréquentait d’université du troisième âge, ces dernières étant jugées de moins bonne qualité que les offres en ligne. Au contraire, les personnes interrogées s'intéressaient presque exclusivement aux MOOC organisés par les universités les plus prestigieuses et ne s’adressant pas spécifiquement à leur classe d’âge.

Les entretiens ont également révélé que les adultes et les seniors peuvent interpréter les MOOC et les exploiter d’une manière différente de ce pour quoi ils ont été originellement conçus. Ainsi, ils peuvent, par exemple, utiliser des cMOOC en tant que xMOOC ou ne pas être intéressés par une co-construction de contenu avec les tuteurs ou avec leurs pairs. Ces constats peuvent permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine des pédagogies d'apprentissage tout au long de la vie.

En effet, si les gens peuvent être attirés par les MOOC pour d’autres raisons que l’apprentissage formel, une analyse plus approfondie de cet intérêt pourrait permettre de conseiller les formateurs et les concepteurs de programmes ainsi que les organisations publiques et privées souhaitant promouvoir la formation continue. Cela pourrait même déboucher sur des méthodes innovantes pour soutenir et orienter de nouveaux participants qui pourraient bénéficier d’un MOOC sans toutefois rechercher l'obtention d'un certificat, et ce quel que soit leur âge.

Cette recherche montre en quoi, de l'avis des adultes interrogés, les MOOC (qui ne sont pas considérés comme des « cours formels en ligne ») font partie intégrante de l’apprentissage tout au long de la vie. Envisager les MOOC comme une alternative à une soirée télé, seul ou en famille, peut être vu comme une interprétation erronée de cet outil ou comme une chance de réfléchir à une utilisation plus diversifiée (et pertinente) de l’offre éducative formelle.

En conclusion, il est probable que les adultes et les personnes âgées utilisent les MOOC non pas comme des cours en ligne, mais dans le cadre d'une constellation d'expériences culturelles pouvant constituer autant de sources d'information, de connaissances et de divertissement.

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  • J Christophe Wellss billede
    These are interesting comments. It strikes me that the major barrier to MOOC participation for over 50's is not a lack of necessary IT skills or knowledge but a lack of belief that they have the necessary skills to contribute and that the MOOCs will be of real value to them.