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Silent University Hamburg

La Silent University Hamburg a été créée avec le concours d’universitaires du monde entier. Elle est ouverte pour tous ceux qui sont désireux de réactiver et rendre accessible à un large public leur « savoir réduit au silence ». Les demandeurs d’asile, les réfugiés et les migrants des deux sexes deviennent des enseignants et des conseillers.

« Les demandeurs d’asile et les réfugiés avec des diplômes universitaires tout particulièrement n’ont pas besoin qu’on leur prête une voix – ils en ont déjà une, mais c’est une voix systématiquement opprimée et sourde. Au lieu d’attendre une accréditation, une légitimation, une reconnaissance par les autorités, ils peuvent agir immédiatement par le biais de l’auto-organisation, d’une sorte d’autogestion, pour résoudre cet enjeu collectif.» [1]

L’interdiction de travailler infligée par la politique allemande aux personnes sans statut de séjour sûr et la reconnaissance rendue difficile de diplômes et de formations empêche ces personnes de mettre à profit leurs capacités et leurs qualifications professionnelles en Allemagne pour mener une vie autonome qui n’est rendue possible que par le travail salarié. Durant l’attente de la reconnaissance qui est généralement un processus de longue durée, le savoir acquis est réduit au silence et est de ce fait voué véritablement à la disparition.

La Silent University Hamburg, qui a été créée avec le concours d’universitaires du monde entier, oppose à cette stagnation muette une plateforme d’enseignement et d’apprentissage. Elle est ouverte à tous ceux qui sont désireux de réactiver et rendre accessible à un large public leur « savoir réduit au silence ». Les demandeurs d’asile, les réfugiés et les migrants des deux sexes deviennent des enseignants et des conseillers. La Silent University Hamburg crée un espace pour la reconnaissance et la mise en réseau, tout en élargissant le canon hégémonique du Nord global.

Sous le titre Public Seminars, une série de manifestations publiques a été lancée en février 2015, avec un exposé d’Abimbola Odugbesan (chargé de cours à la Silent University de Hambourg) sur l’histoire de l’esclavage en Afrique occidentale, dans lequel il pointait du doigt ses conséquences jusque dans la mondialisation actuelle. étaient invitées les politologues Nikita Dhawan et Maria do Mar Castro Varela qui, le même soir, ont expliqué l’importance de l’éducation pour une perspective de décolonisation et ont montré comment les structures hégémoniques actuelles pouvaient être reconfigurées. Mmes Dhawan et Castro Varela ont pris fait et cause pour une transformation politique et économique pouvant être réalisée notamment avec les méthodes d’une éducation esthétique[2] et promue par un tournant épistémologique.

Ont suivi des exposés d’Alain-Aimé Hatungimana sur l’amitié entre les peuples de la République du Burundi et l’Union soviétique, d’Ayhan Taşdemir sur la virilité marginalisée, d’Ismail Mosa sur la situation politique du Somaliland et de Salah Zater sur la liberté d’opinion dans le contexte de la révolution en Libye.

The Silent University a été créée en 2012 par l’artiste Ahmet Öğüt à Londres et essaime depuis dans d’autres villes du monde entier. Sur le site Internet du projet, à l’onglet « Principles and Demands »[3], la conception de cette plateforme d’enseignement et d’apprentissage auto-organisée est présentée sous forme de manifeste qui revendique le « droit à l’enseignement pour tous », « la reconnaissance immédiate de la formation universitaire des réfugiés et des demandeurs d’asile » et « le comportement solidaire avec les initiatives et les collectifs en faveur des réfugiés dans le monde entier ». Il proclame en outre une approche participative des structures ainsi qu’un engagement sur le long terme dans la pratique pédagogique qui se distingue de projets et d’ateliers à court terme. Il revendique également une révolution au nom de la pédagogie décolonialiste en se référant ici à la visibilité des hégémonies à dominance occidentale. Dans ce contexte, on peut reconnaître aussi des références évidentes aux formes d’éducation alternatives qui sont fixés par exemple dans la « Pédagogie des opprimés » de Paulo Freire des années 1960.

Comme il ressort de la citation d’Ahmet Öğüt en exergue, les universitaires vivant en Allemagne comme réfugiés ou migrants « irréguliers » élèvent leur voix avec la Silent University Hamburg contre le silence ordonné par l’État et le sentiment d’impuissance qui va de pair. Les réfugiés sont des êtres humains qui s’impliquent avec détermination pour le droit de rester et par conséquent pour le développement autonome de leur personnalité. Ce faisant, ils inversent le paradigme de l’intégration : on ne suit pas des programmes d’apprentissage aux fins d’intégration, mais on crée des programmes pour l’échange de savoirs et la participation de participants d’origines diverses.

Les personnes intéressées ainsi que celles sans expérience des réfugiés ou formation universitaire peuvent s’inscrire gratuitement comme étudiants sur la page d’accueil de The Silent University.

Questions : Quels sont les potentiels offerts par une université auto-organisée pour ses étudiants comme pour ses enseignants ? Emballage trompeur, ou quel est le contenu vraiment universitaire de The Silent University ? Qu’y-a-t-il après The Silent University ?



[1]  Kunak, Göksu: The Silent Universitydaté ibidem 26.11.2013, http://www.sleek-mag.com/showroom/2013/11/the-silent-university/ [17.08.2015].

[2] vgl. Gayatri Spivak 

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